Recherche:Les fonds patrimoniaux des bibliothèques publiques/Révolution française, des nationalisations aux bibliothèques municipales

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Révolution française, des nationalisations aux bibliothèques municipales
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Chapitre no 4
Recherche : Les fonds patrimoniaux des bibliothèques publiques
Chap. préc. :Approche typologique des collections patrimoniales
Chap. suiv. :XIXe et début XXe, un sommeil comblé
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Avant la révolution française[modifier | modifier le wikicode]

La saisie et la réaffectation de bibliothèques se sont produites dans d’autres périodes que pendant la révolution française. Les romains les ont pratiquées, ainsi que les rois de France pendant les guerres d’Italie. Pendant la réforme des collections monastiques furent sauvées par versement à des villes. Des grandes bibliothèques universitaires sont crées au XVIe siècle à Leipzig et à Bâle. Mais en France la révolution a introduit un élément nouveau : elle a dégagé, malgré les destructions et le gaspillage, les éléments d’un patrimoine national qui a fortement marqué le devenir des bibliothèques françaises.

1789 : la confiscation des biens et la création de dépôts littéraires[modifier | modifier le wikicode]

Le député Talleyrand

Dès le 14 novembre 1789, un décret de l'Assemblée nationale demanda aux monastères de déposer aux greffes des sièges royaux ou des municipalités les catalogues de leurs bibliothèques mises à disposition de la nation. Il fut institué, l'année suivante, une commission de savants, chargés de rechercher les monuments relatifs aux sciences, lettres et aux arts, qui publia en 1790 une instruction concernant la conservation des manuscrits, chartes, sceaux, livres imprimés provenant du mobilier des maisons ecclésiastiques. Il suivit une instruction pour la confection du catalogue de chacune des bibliothèques.

À Paris et en province s'ouvrit de vastes magasins où s'entassaient les livres confisqués. " Chaque village aura une petite bibliothèque composée de livres particulièrement utiles aux habitants des campagnes. Y seront nécessairement le livre de la Constitution, le recueil de toutes les lois générales depuis la Révolution et celui des lois, proclamations ou arrêtés des corps administratifs relatifs au département". Lacretelle 1791. En plus des bibliothèques déjà existantes de Saint-germain des près, de sainte Geneviève et du collège des Quatre-nations qui reçurent des livres confisqués, furent ouverts à Paris neuf autres dépôts. À partir de 1792 s'y rajoutèrent les livres confisqués aux émigrés. Les dépôts littéraires étaient appelés à constituer mes collections de départ des bibliothèques municipales.

Selon le rapport de l'abbé Grégoire le nombre de volumes des "dépôts littéraires" s'élevaient à 1 600 000 en 1794 à Paris et 6 000 000 en Province. Il s'ensuivit alors une opération de triage et de ventes de livres en double. Le désordre était à son comble. Durant les années d'agitation, les collections nationalisées subirent des pertes considérables.


Les premiers bibliothécaires eurent fort à faire pour préserver de la convoitise d'amateurs peu scrupuleux les trésors remis entre leurs mains. Ils leur fallut aussi, seuls ou presque, classer, inventorier, cataloguer, organiser et finalement répondre aux demandes des lecteurs,peu nombreux, mais exigeants.

Les bibliothécaires avaient songé à tailler une belle part pour leur bibliothèque. 300 000 volumes furent recueillit par la Bibliothèque nationale (entre autres des fonds précieux)

Le 14 août 1790 un décret rattacha à la bibliothèque nationale le cabinet des Chartes (crée en 1762) pour recueillir les inventaires et les copies de chartes et documents historiques, publics ou privés.

La Révolution avait nationalisé la Bibliothèque du Roi. Elle mit à disposition du public à Paris deux bibliothèques privée: La bibliothèque sainte-Geneviève (qui pris le nom en 1790 de bibliothèque du Panthéon)et la bibliothèque de l'Arsenal. C'est à la révolution que l’on voit apparaitre les bibliothèque municipales en province. selon les principes de l'abbé Grégoire, les livres provenant des collections ecclésiastiques et des biens des émigrés constituaient un fonds d'État, qui demeure propriété nationale.

Les dépôts littéraires servirent aussi à la création de nombreuses bibliothèques politiques, administratives, littéraires ou scientifiques qui existent encore aujourd’hui (bibliothèque de la cours de comptes, de l'Institut ou encore celle de l'école polytechnique).

Des dépôts littéraires furent crée aussi hors de la France dans les pays libérés part les armées révolutionnaires. La bibliothèque de Munich, par exemple, fut l'une des principales bénéficiaires des biens ecclésiastiques. (Il fut de même pour les bibliothèque de Belgique, d'Italie).

Les 3 vagues[modifier | modifier le wikicode]

À la révolution française les bibliothèques existantes ont été mises « sous le main de la Nation » en trois vagues.

La première est la confiscation des biens du clergé le 10 octobre 1789. Les curés de campagne qui vivaient jusque là plutôt chichement sont ravis, car cette nationalisation s'accompagne d'un dédommagement sous forme de rente annuelle de 1 200 livres. On évalue à 3 milliards le nombre de livres confisqués


La deuxième est le séquestre des biens des émigrés (février 1792).

Enfin la troisième vague est la saisie des bibliothèques des universités, des académies et des sociétés littéraires. Après 1794 viennent s’ajouter des ouvrages confisqués lors des « conquêtes artistiques » faites en Europe et en Égypte.

1790 : de grands projets non réalisés[modifier | modifier le wikicode]

L'abbé Grégoire

Au début, les assemblées révolutionnaires n’avaient pas de projets quant à l’usage des livres confisqués. Comme l’exprimait l'Abbé Grégoire « l’inventaire était considéré comme le prélude à la décision concernant la destination des livres ».

La confiscation des biens du clergé entraîne un afflux de volumes (12 millions) à répertorier et à inventorier. La première norme nationale de catalogage date du 15 mai 1791 "L'Instruction pour procéder à la confection du catalogue de chacune des bibliothèques sur lesquelles les directoires ont dû ou doivent incessamment apposer des scellés". On conseille le classement par auteurs et on demande que le catalogage soit effectué par les bibliographes. On recommande l’utilisation du dos des cartes à jouer (blanc à l'époque) comme fiches de catalogue. Il fallait envoyer les cartes (en gardant un double) au Bureau de bibliographie qui coordonnait l'édition d'une "bibliographie générale et raisonnée de la France". ce travail n'a jamais été terminé.

Après les dépôts littéraires[modifier | modifier le wikicode]

Que faire de tous lesl ivres provenant des dépôts littéraires ? Il faut faire face à la marée montante de la production typographique ? Des problèmes nouveaux se posent tels que le stockage dans les magasins. Les livres sont trop nombreux pour les rayonnages, il faut former des personnes pour le classement, le catalogage et la communication des livres.

On assiste au développement des bibliothèques universitaires. Les bibliothèque du type traditionnel tendent à se figer dans la conservation de leur fonds ancien, pendant que des formules nouvelles plus libérales naissent outre-Atlantique.

Les conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Une idée généreuse est à l'amont des mesures prises par la Constituante en faveur des bibliothèques : mettre à la disposition de tous les richesses bibliographiques (qui restaient le privilège d'un petit nombre). Idée séduisante mais difficile à réaliser dans une période trouble comme celle-ci.

Malgré l'intervention de quelques hommes tels qu'Ameilhon, on ne réussit pas à éviter les pertes et le gaspillage.

Les bibliothèques des pays voisins furent entraînées dans ce sillage d'idées nouvelles. et les bibliothèques françaises sortirent de cette période avec une armature nouvelle, encore valable aujourd'hui.

Les bibliothèques furent, par la Révolution française, promues service public.

Pour en savoir plus[modifier | modifier le wikicode]

Personnalités[modifier | modifier le wikicode]

  • Hubert pascal Ameilhon : bibliothécaire de la ville de Paris, créateur des premiers « dépôts littéraires » de la ville en 1790. Il fut, de 1797 à 1811, le bibliothécaire de l’Arsenal.
  • Antoine-Alexandre Barbier (connu pour son dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes) est un exemple de la génération des bibliothécaires de la révolution. Il fut conservateur de la bibliothèque du Conseil d’État, dont il avait constitué le fonds. Il devint en 1807 le bibliothécaire de Napoléon.
  • Pierre Louis de Lacretelle : il fut membre de la première Commune de Paris élue en 1789, élu par les districts de Paris en 1789 comme député suppléant du tiers état de cette ville aux États généraux. Réélu à l' Assemblée législative où il fut appeler à y prendre place le 7 novembre 1791, il siège à la place de Godard décédé en novembre 1791. Il fut très modéré dans ses opinions et ses actions. Il préféra vivre loin de Paris sous la Terreur.
  • Gaspard Leblond : le bibliothécaire des Quatre-Nations (actuelle bibliothèque Mazarine). Il a contribué à l’accroissement des dépôts et présida leur dispersion
  • L'abbé Grégoire : il est né en 1750, de son vrai nom Henri Grégoire, près de Lunéville. Il se fit rapidement connaitre par ses prises de position en faveur des juifs. Il fut l'un des membres les plus actifs de la Constituante dans laquelle il milita pour la Constitution civile du clergé. Henri Grégoire fut élu député à la Convention, ce qui lui permit de mener de nombreux combats tant pour l'émancipation des noirs et des juifs que pour l'usage du français au détriment des patois dans les diverses régions de France. Député libéral sous la Restauration, il mourut en 1831 à Auteuil. Ses cendres ont été transférées au Panthéon en 1989.

Les dépôts[modifier | modifier le wikicode]

Le premier dépôt fut installé dans l’église des Capucins, le deuxième dans l’ancienne église des Jésuites et le troisième au couvent des Petits-Augustins.

Les bibliothèques[modifier | modifier le wikicode]

  • Bibliothèque de l'Arsenal : elle a pour origine les collections du marquis de Paulny (ministre de la guerre en 1757 puis ambassadeur et à Venise et en Pologne). Il rentra à paris en 1771 et consacra sa fortune à la création d'une immense bibliothèque qui peu à peu envahit l'Arsenal. En 1785 il la vendit au comte d'Artois (futur Charles X). Deux autres collections vinrent rejoindre celles déjà existantes.