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Lorsqu'un terrain d'étude bouleverse les pratiques d'une science

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De Lionel Scheepmans.

Imaginer une science adaptée à son terrain de recherche et son cadre institutionnel[modifier | modifier le wikicode]

Alain Testart disait « La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale ? » (Terstart, 1986, p.139)[1]. Jean-Paul Colleyn quand à lui affirmait qu' « il y a aujourd’hui autant d’anthropologies qu’il y a d’objets d’études (anthropologie de l’art, de la musique, de la religion, de la santé ou de la perception) [...] » (Colleyn, 2012, p.2)[2]. Michael Singleton, à son tour, nous dira que « l'anthropologie ça n’existe pas, [...] ce qui existe réellement, ce sont des anthropologues » (2012)[3].

Dans le prolongement de ces affirmations, et suite à ma propre expérience de terrain, j'aurais à mon tour envie de dire qu'au delà des objets d'études et de la personnalité des chercheurs, il y a finalement aussi autant d'anthropologies possibles qu'il y a de terrain de recherche et d'environnement institutionnel. Ou pour le dire autrement, pour « devenir anthropologue dans le monde d’aujourd’hui »[4], il faut aussi selon moi, être capable d'imaginer une anthropologie adaptée à son terrains de recherche et son cadre institutionnel.

De ma propre expérience, ce fut donc mon observation participante au sein du mouvement wikimédia, mon appartenance au laboratoire d'anthropologie prospective et la rédaction de mon travail au sein du projet Wikiversité, qui au final auront orienté mes positionnements et repositionnements méthodologiques, épistémologiques et déontologiques. Détaillés section par section, ces différents positionnements furent tantôt l'objet d'un choix raisonné, tantôt une obligation imposée par mon terrain. Comme exemple pour ce dernier cas de figure apparait le choix du terme « socio-anthropologie » pour situer ma recherche au sein de ce grand champs des sciences humaines qui regroupe des disciplines diverses, coexistantes, concurrentes parfois, et souvent partisanes.

Choisir le terme socio-anthropologie et se tenir à l'écart du corporatisme[modifier | modifier le wikicode]

En avril 2011, J'ai eu pour idée d'écrire mon mémoire de fin de Master intitulé : Culture FR Wikpédia, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l'espace francophone de Wikipédia (Scheepmans, 2011)[5] au sein même de Wikipédia. J'avais ainsi pour souhait de faire d'une pierre deux coups en incluant l'écriture de mon ethnographie dans mon observation participante au sein de la communauté d'éditeurs. Malheureusement, il s'est avéré que cela n'était pas possible en référence au premier des cinq « principes fondateurs »[S 1] du projet encyclopédique que l'on peut résumé en cette phrase : « Wikipédia est une encyclopédie »[S 2]. Une affirmation triviale de première abord, mais qui derrière une simple définition permet de définir tout « Ce que Wikipédia n'est pas »[S 3]. J’apprenais donc à mes dépends que :« Les essais personnels et travaux inédits (TI)[N 1] n'ont pas leur place sur Wikipédia.»[S 2]. Je fus dès lors redirigé vers Wikiversité un site internet je ne connaissais pas à l'époque bien qu'il faisait partie de la quinzaine de « projets frères de Wikipédia »[S 4]. Wikiversité était en effet le bonne endroit pour écrire mon mémoire étant donner que le projet « se dédie au partage de contenus pédagogiques et à la rédaction de travaux de recherche »[S 5].

Après avoir annoncé mon arrivée au sein du projet dans « la salle café »[S 6], sorte de page de forum général au sein du projet Wikiversité, j'ai ensuite cherché l'endroit dans quel je pouvais situé mon travail. Au cours de cette recherche, Crochet.david[S 7], de son nom d'utilisateur, un enseignant en électrotechnique[S 8] qui avait sympathiquement[S 6] répondu à mon message d'arrivée, me propose dans une discussion partagée sur son espace de discussion utilisateur[N 2], de placer mon travail au niveau des « Travaux de recherche en sociologie »[S 9]. Surpris au premier abord, je découvrais par la suite dans l'organigramme du projet Wikiversité, que l'anthropologie faisait partie des départements de la faculté de sociologie[S 10]. Cette situation m’apparus compliquée. Non seulement je devais demander l'accord de mon promoteur pour écrire mon mémoire en ligne d'une façon absolument non conventionnelle, mais en plus, je devais lui dire qu'il serait publié dans une faculté de sociologie, alors que dans mon université la sociologie et l'anthropologie ne fait pas trop bon ménage.

J'ai alors tenté de placer mon travail au niveau du département d'anthropologie de la Wikiversité sans faire mention de la faculté de sociologie. Mais David Crochet, de son vrai nom, est alors revenu vers moi pour me dire que « Les projets sont associés aux facultés et non aux département »[S 11]. S'entame alors un débat qui fut par la suite transférée[S 12] dans la salle café pour le rendre accessible aux autres utilisateurs actifs au sein du projet. Au terme des discussions, nous sommes finalement arrivé à la conclusion qu'il fallait que je lance une prise de décision[N 3] pour proposer à la communauté wikiversitaire de renommer la faculté de sociologie. Lors de cette prise de décision[S 13], JackPotte[S 14], un ingénieur en informatique[S 15] appartenant avec David Crochet et quelques autres utilisateurs au groupe des administrateurs[N 4] du projet Wikiversité[S 16], avait déposé un message[S 17] pour nous tenir informé de la classification décimale universelle. Dans cette version de la CDU[N 5], le terme anthropologie y apparaissait plusieurs fois, une fois dans le champ des sciences sociales (anthropologie culturelle) et une autre fois dans le champ de la biologie (anthropologie physique). Cette observation appuyait donc ma proposition de renommer la faculté de sociologie en faculté de socio-anthropologie pour permettre ainsi, avec un seul mot et de façon explicite, de regrouper la sociologie et l'anthropologie au sein d'une codisciplinarité, tout en y excluant l'anthropologie physique.

L'acceptation de ma proposition à l'unanimité, fut pour moi une double satisfaction. D'une part celle de pouvoir présenter mon projet de mémoire dans de bonnes conditions, d'autre part, celle d'avoir mener à terme ma première grande participation au sein d'un projet Wikimédia. Mais cette expérience suscita aussi un certain questionnement. Comment en effet une séparation entre la sociologie et l'anthropologie a-t-elle pu voir le jour et comment a-t-elle pu persister jusqu'à nos jours ? Pourquoi aussi devrais-je me situer, moi et ma recherche, dans le camps de l'anthropologie, alors que je bénéficie aussi d'une formation universitaire en sociologique au niveau de mon bachelier et que mon étude pourraient très bien trouver sa place dans le champs de la sociologie ?

Coïncidence ou presque, je trouverai les réponses à ces questions dans une revue intitulée « socio-anthropologie », fondée en 1997 par Pierre Bouvier, dans le but d'aborder « les déstructurations et les recompositions qui sont au cœur du monde contemporain »[S 18]. Dans le premier numéro de cette revue[N 6], on s'y remémore en effet qu'à une certaine époque « l’anthropologie, la science de l’homme, s’est consacrée principalement à l'étude des peuples primitifs » (Grafmeyer et Joseph, l984, par. 12[6] cité par Hamel, 1997, p.2-3)[7]. On y découvre aussi cette idée selon laquelle « l’anthropologie incombe l’étude des sociétés sans écriture où se révèlent des cultures exotiques tandis que reviennent de droit à la sociologie les sociétés avancées dans l’urbanisation et l’industrialisation » (Hamel, 1997, par. 9)[7].

Voici donc de quoi répondre à la question portant sur l'origine du clivage entre anthropologie et sociologie. Mais cette explication date des années 80. Aujourd'hui, l'expression peuples primitifs a disparu et la notion d'exotisme n'a plus beaucoup de sens au sein de laboratoires d'anthropologie qui peuvent rassembler des chercheurs originaires des quatre coins d'un monde[S 19]. Un monde par ailleurs où l'on voit se rependre l'urbanisation et l'industrialisation comme une traînée de poudre ... De plus, et ce dès la fin du vingtième siècle déjà, les terrains anthropologiques n'ont cessés de se diversifier et de s'intéresser au monde occidental et contemporain. Parmi les premiers travaux attestant ce changement, on retrouvera par exemple les travaux d'observations participantes réalisés dans le monde du travail par Pierre Bouvier (1989)[8] déjà cité précédemment. Avec Marc Augé (1995)[9], Pierre Bouvier sera aussi l'un des premiers anthropologues francophones à parler d'une « Socio-anthropologie du contemporain » (Bouvier, 1995)[10]. Mobiliser de nos jour la question l'exotisme et d'un prétendu stade d'avancement des sociétés pour dissocier l'anthropologie de la sociologie n'a donc à mes yeux plus aucun sens.

Reste alors la possibilité de distinguer les deux disciplines par leurs approches et leurs méthodes. Mais, là aussi, les choses ont changé. Suite à l'arrivée du courant interactionniste au sein de l'école de Chicago, les pratiques anthropologiques, telles que l'ethnographique et l'observation participante furent adoptées par la sociologie dans une approche que Harold Garfinkel intitulera un jour « l'ethnométhodologie » (Garfinkel, 2016©1967)[11]. Voici d'ailleurs pour information, ce que nous dit la revue socio-anthropologique à ce sujet :

« L’école de Chicago constitue d’ailleurs un véritable laboratoire des méthodes anthropologiques, et le crédit dont celles-ci bénéficient lui assure la suprématie sur la sociologie américaine jusqu’en 1935. A cette date, elle est en butte à la vive concurrence des sociologues de Columbia University de New York qui prennent prétexte des méthodes utilisées pour contester sa domination. Le « conflit des méthodes » s’exacerbe alors et verra bientôt la victoire des méthodes quantitatives puis, en conséquence, le déclin des méthodes qualitatives - des méthodes anthropologiques en sociologie pour être précis - ainsi que la fin de l’hégémonie de l’école de Chicago » (Hamel, 1997, p.3)[7].

On constate donc qu'une opposition des méthodes peut aussi apparaître au sein d'une même discipline et ne représente donc plus comme un argument spécifique justifiant un séparation entre l'anthropologique et la sociologique. Par ailleurs, et comme cela à déjà été exprimer, dans le domaine des sciences, « L'objet justifie la méthode » et non l'inverse (Terstart, 1986, p.139)[1]. Au terme de mon raisonnement, nous voyons donc que plus grand chose ne peut encore justifier aujourd'hui un clivage entre l'anthropologie et la sociologie si ce n'est peut-être le maintient de vieilles habitudes soutenues par un certain « corporatisme » (Olivier de Sardan, 2008, p.36)[12] présent au sein des universités.

Ce constat est bien triste, car ces appartenances sectaires nuisent aux échanges entre chercheurs et donc in fine au progrès et au développement de la science. A contrario, et comme le dira Rémi Bachelet, maître de conférences à l'École Centrale de Lille[S 20] et contributeur du projet depuis septembre 2009[S 21], dans le projet Wikiversité « On est loin des guerres de disciplines !»[S 22]. La création d'une faculté de socio-anthropologie fait preuve d'exemple. Elle m'aura permis au finale de produire une étude à la fois qualitative et quantitative dans un espace propice à la rencontre entre anthropologues et sociologue.

Gérer une étude qualitative au sein d'un Big Data quantitatif et textuel[modifier | modifier le wikicode]

Suite à cette première expérience de terrain qui me rendra adepte d'une socio-anthropologie non partisane, vient ensuite une autre remises en questions portant cette fois sur la manière d'intégrer au sein d'un travail ethnographique typiquement considéré comme étude qualitative, une multitude de données quantitatives ou statistiques et un corpus de textes surabondant librement accessibles sur le terrain.

Pour clarifier les choses, il est peut-être bon de se rappeler qu'une donnée quantitative se caractérise par quelque chose de mesurable, alors que au contraire, une donnée qualitative ne sera pas mesurable en soit. Pour exemple, dans cette citation de Rosie Stephenson-Goodknight au sujet des éditeurs de Wikipédia : « You can imagine probably 90 percent being men »[S 23], l'information « 90 % » sera d'ordre quantitative tandis que l'information « homme » sera d'ordre qualitative. A partir d'ici, il faut encore garder à l'esprit que des données qualitatives peuvent être déduites au départ de données quantitatives. L'exemple des 29 entailles présentes sur l'os de Lebombo, le plus ancien bâton de comptage connu à ce jour à ce niveau est à ce titre tout à fait parlant. Ces marques ont en effet d'une part, permis de croire que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre quantitative, mais aussi d'autre part, grâce au nombre 29 (donnée quantitative) il fut aussi possible de supposer, comme la fait l'astrobiologie anglais David J. Darling dans son livre The Universal Book of Mathematics (2004)[13], que ce bâton a été réalisé et utilisé comme compteur de phase lunaire, par une femme africaine (donnée qualitative) pour le suivi de ses cycles menstruels.

Il est donc important de souligner ici qu'une étude dite qualitative, ne peut servir de prétexte pour ignorer, ou même négliger, des données quantitatives présentes sur le terrain. Et comme cela a été dit précédemment, il se fait que l'espace en ligne du mouvement Wikimédia regorge d'une quantité insondable de données quantitatives, tantôt à l'état brut, tantôt sous forme de tableaux statistiques et d'illustrations libres d'accès et d'utilisation.

Pour comprendre cette situation, il faut savoir que la grande majorité des sites Web contenant les projets wikimédia sont gérés par un programme informatique appelé MediaWiki et que ce programme enregistre instantanément et automatiquement la totalité des actions faites par les contributeurs et les programmes informatiques qu'ils y mettent en œuvre, et ce dès la création du site. Toutes ces données sont donc archivées, rendues accessibles, à quelques exceptions près[N 7], et classée chronologiquement sous forme de liens listés dans des pages de journaux ou des pages d'historiques de contributions paramétrables (voir fig. x et y ci-contre), le tout publiées sous licence créative commons CC.BY.SA.

Grâce à cette licence, l'information archivée au sein des sites Wikimédia devient libres d'exploitation et de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés, sous deux conditions: premièrement, « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », deuxièmement, « diffuser l'œuvre modifiée dans les même [sic] conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[S 24]. Cette licence est donc une véritable aubaine pour les chercheurs de tout horizons confondus, mais plus spécialement pour les statisticiens comme en atteste l’existence d'une multitude de sites web présentant des analyses effectuées en temps réel sur base de données directement récoltées sur les serveurs hébergeant les sites Wikimédia[N 8]. À leurs tour, licence oblige, ces analyses statistiques sont publiées sous licence CC.BY.SA et sont donc disponibles pour les chercheurs dans les conditions qui viennent d'être présentées.

Au delà de cette profusion de données quantitatives et statistiques, nous voyons aussi que le mouvement Wikimédia est producteur d'une quantité insondable d'informations textuelles. Cette surabondance n'est pas propre à l'environnement Wikimedia mais semble plutôt liée au contexte numérique. Olivier Servais, menant une recherche ethnographique au sein de l'univers virtuel World of Warcraft, en arrive d'ailleurs à un questionnement similaire au mien : « Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec cette ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? » (Servais, p.61, à paraître)[14].

La littérature n'apportant pas de réponse à ces questions, il faut donc se positionner seul face à ce qui m’apparaît être un dilemme méthodologique : soit faire l'impasse sur un traitement exhaustif des données statistiques et textuelles au risque d'offrir une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité, soit se lancer dans un traitement informatique des données quantitatives et des corpus linguistiques au risque cette fois de manquer de compétence, de temps d'investigation et de puissance informatique. Deux positions extrêmes, qui au delà d'un incontournable choix de renoncement, qui sera exprimées dans la dernière section de ce chapitre, demandent donc de partir à la recherche d'un juste équilibre.

Cette équilibre me semble pouvoir être atteint dans un processus d'aller-retour récursif entre, d'une part, des informations extraites au départ d'un traitement informatisé de l'information, et d'autre part, les résultats obtenus au départ d'un travail ethnographique plus classique reposant principalement sur des entretiens semi-directifs et une observation participante. Alors que le dispositif de traitement informatisé permettra d'extraire des informations utiles à la préparation et la compréhension du travail ethnographique, celles récoltées durant les observations de terrain et les entretiens permettront quand à elle, de configurer le dispositif informatique dans le but d'extraire de nouvelles informations utiles à la recherche. Au final, cet aller-retour constituera aussi une belle occasion pour le socio-anthropologue de prendre régulièrement distance par rapport à son terrain (Fassin, Bensa, 2008).

Comme exemple de traitement des données quantitatives, prenons comme cas de figure développé en annexe, une analyse statistique faite au départ des rapports financiers publier sur le site de la fondation Wikimedia[S 25]. Cette analyse aura abouti à la production d'un histogramme très parlant concernant les dépenses de la fondation. Dans ce graphique (voir fig.x ci-dessous), nous voyons apparaître clairement que d'une façon croissante, une grande partie du budget de la fondation est alloué au paiement des salaires de ses employés alors que contre intuitivement, le coût d'hébergement des projets éditoriaux se serait plutôt stabilisé. Une information importante donc, qui m'aura permis de mettre à jour l'article du projet Wikipédia francophone consacré à la fondation qui stipulait toujours en date du 26 juin 2018 sur base d'une source datant de 2009 que « Près de la moitié des ressources financières sont utilisées pour acheter de nouveaux serveurs et payer l'hébergement »[S 26]

Fig. X, Évolution des dépenses de la fondation Wikimédia.

Concernant les données textuelles, prenons un autre exemple aussi développé en annexe[N 9] de ce travail. Il s'agit cette fois-ci d'exploiter l'une des 300 listes de diffusion actives au sein du mouvement Wikimédia et réparties par projets et/ou des sphères linguistiques. Toutes ces discussions sont archivées, historicisées et rendues librement disponibles sous licence CC.BY.SA au niveau d'un site hébergé par la fondation Wikimédia[S 27]. Au départ de l'archive de la liste de diffusion intitulée « Wikimedia-l »[S 28], réputée être un espace de discussion pour « la communauté wikimédienne au plus large du réseau des organisations »[S 29], il est possible de constituer rapidement un corpus textuel et le soumettre au traitement d'un logiciel de traitement automatique du langage naturel. Dans cette exemple, le logiciel choisi fut TXM et il permit de savoir au travers d'une simple requête (voir fig. x ci-dessous) quelles sont les personnes les plus anciennes et/ou les plus actives au niveau des discussions et donc quelque part de savoir qui peut être capable de fournir lors d'un entretien une vision historique, globale et complète de ce qui se passe dans ces lieux de discussions.

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Dans un autre cas de figure d'analyse textométrique plus poussée il est aussi possible avec le logiciel TSM de traiter les occurrences, cooccurrences et concordances de mots ou d'expressions régulières pour faire ressortir des sujets, valeurs ou concepts présents au sein au sein des discussions et même d'en faire apparaître leurs évolutions dans le temps au travers d'un graphique (voir fig x ci-contre).

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Enfin, dans une démarche réciproque, les données issues du travail ethnographique peuvent aussi servir de base à de nouvelles recherches au sein des corpus linguistiques. Les logiciels de textométrie possèdent en effet des moteurs de recherche intégrés, comparable à la fonction déclenchée par le raccourci clavier « CTRL F» dans la plupart de logiciel affichant du texte. Grâce à cette fonction plus évoluée dans le cas du logiciel TXM, il est par exemple possible d'établir des requêtes syntaxiques de type SQL pouvant être très efficaces pour resituer au sein des corpus de textes récolté sur le terrain, des mots, ou concepts, rencontrés durant l'observation participante ou les entretiens narratifs. Cette méthode permettra ainsi de comparer les discours des acteurs ou actrices avec les actions et autres propos archivés par le système, voir même selon l'envie et les compétences d'un chercheur autre que moi, de se lancer dans un travail d'analyse du discourt ou un autre types de recherches logométriques. Pour ma part, ce qui m’apparaît le plus intéressant dans ce dispositif de recherche, c'est cette opportunité incroyable de pouvoir confronter, sans désire d'accusation ou de stigmatisation aucune, l'« imaginaire social » des acteurs (Castoriadis, 1975)[15] à la réalité du terrain sociologique que représente la sommes des actes et des paroles échangées.

Confronter imaginaire et réalité pour une juste représentation du social[modifier | modifier le wikicode]

Voici donc un troisième questionnement bien connu des socio-anthropologies que mon terrain d'étude m'oblige à reconsidérer : Peut-on faire confiance au discourt de nos interlocuteurs et informateurs de terrain pour rendre compte de la réalité ? Et si non, comment traiter l'imaginaire des acteurs en rapport aux réalités de terrains.

L'histoire de la socio-anthropologie nous a déjà appris que l'ethnographie en tant que méthode de description d'une réalité de terrain pouvaient atteindre certaines limites, voir même dans certains cas les plus extrêmes, produire des omissions ou des erreurs flagrances.

Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[16] contesté par Wouter Eildert Albert van Beek (1991)[17]. Un autre exemple, dans la sphère anglophone cette fois, constituera les travaux de Margaret Mead et son ouvrage intitulé Coming of age in Samoa : a psychological study of primitive youth for western civilisation (Mead, 1928)[18], critiqué lui aussi à maintes reprises et finalement remis en cause lors d'une enquête menée par Serve Tcherkésoff. Dans celle-ci, on y apprend par exemple que la chercheuse « habitait au poste américain de l’île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles » (Tcherkésoff 1997, p.3)[19]. Si l'on se limite à cette description méthodologique, nous sommes donc loin de l'observation participante permettant de voir, de vivre, de comprendre et de finalement vérifier ce que peuvent dire des informateurs lors d'entretiens.

Ces deux leçons d'histoire proviennent de terrains ethnographiques que l'on pourrait qualifier de classiques et qui se déroulèrent bien avant l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les choses ont bien changé depuis et certainement pour les socio-anthropologues amenés à travailler dans, sur, ou avec des espaces et outils numériques. Cependant avec sont lot de diversité, la venue du numérique n'a pas forcément rendu obsolète les leçons d'histoire de la socio-anthropologie.

En prenant par exemple connaissance de l'article de Thierry Boissière dans lequel il nous fait part de sa « socio-anthropologie à distance » avec des « informateurs skype » (Boissière, 2015, p.124)[20] dont les propos sont parfois difficiles à vérifier ou recouper, je n'ai pu m'empêcher de repenser au travers de Marcel Griaule et Margaret Mead. Je me suis dit aussi que les difficultés rencontrées pas Thierry Bossière étaient complètement absentes au niveau de mon terrain où il m'est loisible d'observer librement, en temps réel ou asynchrone, clique par clique, l'historique complet de presque tous ce qui se passe sur la partie numérique de mon terrain d'observation. Du coté de Thierry Boissière, il n'y a d'autre choix que d'accorder une certaine confiance aux informateurs et d'accepter les risques liés au « syndrome narratif » (Farrugia, 2009)[21] producteur d'un « reflet déformé du réel » (Kaufmann, 2011, p.63)[22], de mon côté me limiter à m'entretenir avec les acteurs n'aurait aucun sens tant l'information que je dispose sur la réalité de terrain est précise, exhaustive, facile et libre d'accès.

Si les deux cadres de ces recherches semblent diamétralement opposés, les chercheur n'en reste pas moins soumis à des attentes liées au travail scientifique. Dans le cadre d'une socio-anthropologie à distance, et comme le préconise l'auteur, il ira de soi par exemple que les informations récoltées par skype soient recoupées par d'autres informations provenant d'autres sources tels que les communiqué de presse ou autre informations transmises sur les réseaux sociaux. Dans le cadre de mon travail, j'envisage évidement aussi d'établir des entretiens avec les acteurs et actrices de terrain, non pas pour décrire ce que je peux observer moi-même, mais bien pour accéder à l’intériorité et l'imaginaire de ces derniers. En effet, au delà d'une réalité tangible, on attendra d'un socio-anthropologue qu'il décrive aussi « La construction sociale de la réalité » (Berger, 1996)[23], produite par « L'imaginaire comme tel » (Castoriadis, 2008)[24] des acteurs avec toutes les dissonances cognitives (Festinger, 1957)[25] qu'elle pourrait contenir.

Voir et comprendre les différences entre imaginaire et réalité me semble en effet indispensable à la compréhension du social. Dans les sociétés humaines l'imaginaire prend souvent le pas sur la réalité pour atteindre son paroxysme en milieux urbain ou tout ce qui compose l'environnement des villes semble sortir de l'imagination humaine. Au delà de l'environnement et de la matière qui le compose, l'imagination bien plus que la réalité exerce aussi un énorme pouvoir sur le souvenir de ce qui a été, sur la perception du présent et les motivations avenir.

Rendre sa recherche plus réfutable grâce aux références « sitographiques »[modifier | modifier le wikicode]

Partant du constat qu'en science rien ne peut être considéré comme définitif, le concept de réfutabilité proposé par Karl Popper (1963)[26], comme je le comprends, propose aux scientifiques d'offrir à la communauté toute les informations possibles et nécessaires à la ré-expérimentation des travaux fournis pour permettre d'en confirmer ou d'infirmer les faits, propos ou théories. Face à cette position épistémologique, Jean-Claude Passeron fera objection dans un essai dédié au raisonnement sociologique :

« la pertinence empirique des énoncés sociologiques ne peuvent être définies que dans une situation de prélèvement de l’information sur le monde qui est celle de l’observation historique, jamais celle de l’expérimentation. » (Passeron, 2006, p. 554)[27]. « Aucune des propriétés logiques qui rendent possible la réfutabilité (« falsifiability ») d’une proposition théorique n’appartient stricto sensu aux propositions qui composent une théorie sociologique, du seul fait que le sens de l’information sur laquelle elles assertent reste toujours solidaire d’une série de configurations historiques singulières » (id. , p. 575).

Autrement dit, en sciences sociales, il semble impossible au terme d'un travail de recherche, d'offrir à la communauté la possibilité de reproduire l'expérience d'une observation à l'identique. Tant au niveau spatial que temporel, le lecteur d'un ouvrage en science sociale ne pourra jamais revivre exactement, au même endroit et de surcroît au même moment, une expérience ou un phénomène décrit par un auteur. Pour cette raison, Jean-Claude Passeron considérera donc les sciences sociales comme sciences historiques devant répondre à un régime de vérité différent des sciences dites de la nature (id.).

Cette impasse épistémologique tel qu'elle vient d'être décrite est particulièrement présente en socio-anthropologique lors de travaux ethnographiques réalisés sur des terrains très éloignés. Dans le cas d'écrits produits dans de telles circonstances, on parlera d'ailleurs d'un « pacte ethnographique » (Olivier de Sardan, 2008, p.28)[28] grâce auquel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. » (Descola, 1993, p.480)[29]. Mais un tel pacte a-t-il encore lieu d'être au sein d'une socio-anthropologie hyperpanoptique ? Assurément pas.

Nous savons en effet que grâce au système de sauvegarde d'historiques librement accessibles, il est possible, dans la grande majorité des cas[N 10], d'offrir aux lecteurs, disposant d'un accès Internet, la possibilité de retrouver eux-mêmes l’information exactement dans l'état où elle a été trouvée lors de la recherche. Concrètement parlant, il suffit pour cela de fournir les hyperliens ou adresses URL pointant vers les pages Internet où l'information fut récoltée[N 11]. Une telle disposition aura donc pour effet positif de rende opérationnel le concept de réfutabilité prôné par Karl Popper, tout en rendant la parole aux actrices et acteurs de terrain. De plus ce dispositif offrira aussi la possibilité aux lecteurs non seulement d'avoir accès à la source des informations, mais aussi de repartir ce celle-ci à la recherche d'autres informations adjacentes.

Au final, un tel type de recherche pourrait donc se qualifier de « recherche sitographique » en référence à l'expression « recherches bibliographiques ». Dans le cadre d'une recherche bibliographique, les sources principales seront listées au sein d'une bibliographie, alors que dans le cadre d'un recherche sitographique, elle le seront au niveau d'une sitographie. Avec une différence importante cependant, c'est que dans le cas d'une bibliographie la liste de référence sera composée de sources secondaires, alors que dans le cas d'une sitographie tel que je la propose au niveau de ce travail, la liste de références sera composée de sources primaires.

La distinction de ces deux types de source est une chose bien connue dans le projet Wikipédia où il est préférable d'éditer les articles encyclopédiques au départ de sources secondaires voir tertiaires plutôt qu'au départ de source primaire. Par exemple, le courrier quotidien ne sera pas reconnu comme source fiable dans l’encyclopédie[30]. La question des sources à une telle importance pour la communauté wikipédienne qu'elle en est venue a éditer une page d'aide pour aider les contributeurs à s'y retrouver. Sur cette page on y trouvera une vidéo (voir ci contre) produite dans le cadre d'un MOOC curieusement produit par et pour la communauté wikipédienne en dehors de l'espace numérique Wikimédia[31].

Malheureusement et faute de contributeurs, tous ces projets frères sont beaucoup moins actifs et productifs que Wikipédia. Pour produire leur encyclopédie libre les éditeurs doivent donc avoir recourt à un savoir qui ne l'est pas toujours en raison d'une dramatique marchandisation. Pour accéder au savoir nouveau, les éditeurs comme tout autre personne se voient donc parfois confrontés à des prix, parfois exorbitants, dans l'acquisition d'un ouvrage papier ou un accès en ligne à une revue scientifique. De la apparaissent donc des « Questions d'éthique concernent la publication scientifique » (Scheepmans, Wolf, 2016)[32] au sein d'une production scientifique peu accessible et donc peu réfutable et moins scientifique aux yeux d'une épistémologie poppérienne. De là, apparaît donc la nécessité d'une science ouverte, dans laquelle toute information serait inconditionnellement accessible dans le but de mettre un terme à ce que les scientifiques imposent, et s'imposent au sein d'un « oligopole d’éditeurs qui tire un profit maximum du fait que laboratoires scientifiques et chercheurs sont évalués en fonction des revues ou des maisons d’édition où ils publient leurs résultats »[33].

Aspirer à une science ouverte et respectueuse de la vie privée[modifier | modifier le wikicode]

Classement des différentes licences, de la plus moins ouverte à la plus libre.
Classement des différentes licences, de la moins ouverte en bas à la plus ouverte en haut.

La distinction entre science ouverte (traduction du terme anglais open science introduit par Steve Mann) et science libre au même titre que la distinction entre logiciel libre et logiciel open source peut faire l'objet de tout un débat philosophique qui ne pourrait avoir lieu ici.

Dans le cadre du logiciel, ce débat s'est principalement établit entre deux figures importantes du milieu des hackers. D'un côté, Richard Stalleman créateur du premier logiciel sous licence libre, défendra les quatre libertés fondamentales du logiciel libre que sont : l'usage, la compréhension et adaptation, la modification et l'incorporation dans une œuvre dérivée et sa diffusion y compris dans un cadre commercialement (voir schéma illustratif ci-contre), mais aussi la notion de copyleft dont il sera question dans un prochain chapitre. De l'autre, Éric Raymond auteur de La Cathédrale et le Bazar[34] popularisera le terme open source en se détachant des aspects éthique et politique liés aux logiciels. Il préférera pour sa part se concentrer sur le programme informatique et l'accès et l'utilisation de son code source. Au finale, des personnes désireuse de se tenir à distance du conflit idéologique, se réuniront autour de l'expression inclusive : « Free/Libre Open Source Software »[N 12].

Concernant la science ouverte, l'article encyclopédie Wikipédia francophone en date du 11 mars 2019 en donne cette définition : « un mouvement visant à rendre la recherche scientifique, les données et leur diffusion accessibles (à tous les niveaux d'une société « apprenante »). »[35]. Cependant, mécontent de cette introduction, j'ai pris la liberté de la reformuler de la sorte : « un mouvement visant à rendre la recherche scientifique et les données qu'elle produit accessibles à tous et dans tous les niveaux de la société » en laissant pour résumé : « Reformulation de la première phrase en vue d'une meilleure compréhension. »[36].

Cette petite expérience d'édition, que chacun peut reproduire de façon similaire sur l'ensemble des projets Wikimédia, suffit à démontrer que la science peut, non seulement être pensée sous un aspect du libre accès[N 13], mais aussi d'une libre utilisation et encore d'une libre participation. Aussi, pour éviter les frais d'un débat philosophique similaire à celui présenté dans le premier paragraphe de cette section, je proposerai donc dans le cadre de ce travail, d'intégrer toutes ces notions de liberté, sans pour autant mobiliser le terme de « science libre », qui par ailleurs est déjà utilisé comme titre du magazine « Science libre »[37] publiée sous licence... copyright.

Dans cette optique de libre participation, j'ai pour ma part pris l'initiative de créer sur Wikiversité un Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia[38], dans lequel j'invite tout un chacun, et sans aucune forme d'élitisme, à s'investir dans l'étude du mouvement Wikimédia. En plus d'une invitation, cet espace représente aussi pour moi l'occasion de partager publiquement tout un ensemble de ressources découvertes lors de mes travaux de recherche et qui ne peuvent trouver leur place dans ma thèse de doctorat. Parmi ces ressources figurent notamment, un état de l'art sur le mouvement Wikimédia, un répertoire des acteurs du mouvement et de nombreuses listes d'hyperliens pointant vers des sources d'informations statistiques ou des sources et outils d'analyse divers.

Au delà de nous permettre d'imaginer une science ouverte à la participation, les projets Wikimédia offrent aussi, nous l'avons déjà abordé, une grande traçabilité dans la production et la reproduction du savoir. Concrètement cela s’opère via un mécanisme d'archivage rendu visible dans des pages d'historiques similaire à celle liée à l'article « science ouverte » que j'ai édité sur Wikipédia [39]. Sur cette page dont l'image figure ci-dessous, se trouve l'enregistrement de toute une séries d'informations produites lors de ma modification de l'article « Science ouverte »[N 14]. Ceci est une constante dans l'espace des projets numérique Wikimédia où chaque page de contenu possédera une page historique qui reprendra la liste chronologique de toute les actions et modifications faites par les éditeurs depuis sa création[N 15]. Soit une ligne par modification dans laquelle figure :

  • la page de contenu tel qu'il se présente actuellement (lien « actu »)
  • un page dans laquelle apparaît en gras (ajouté) et surligné (retiré) les modification faites au contenu (lien « diff »)
  • la page de l'article telle qu'elle figurait à la date de modification (sous format de la date et l'heure exacte de la modification)
  • la page utilisateur de l'auteur de la modification
  • sa page de discussion
  • une page reprenant l'historique de toutes les contributions de ce dernier
  • des pages d'informations techniques sur les balises

Comme informations supplémentaires, apparaissent aussi le volume de données en nombre d'octets que représente la page sur les serveurs informatiques, ainsi que le nombre d'octets ajoutés ou retirés lors de la modification, avec au final une note facultative de l'auteur de la modification résumant son action.

Page historique de l'article « Science ouverte »

Au départ de ces pages d'historiques, il sera aussi possible de comparer l'état d'un pages au fil du temps (voir pour vidéo ci-contre), mais aussi de comparer les changements entre deux éditions choisies et quelque soit le temps qui les sépare.

Un tel dispositif, nous nous en rendons compte, va bien au-delà du « défi de la transparence » d'une science ouverte largement explicitée par Bernard Rentier (2019)[40]. En fait, ce que l'environnement numérique Wikimédia démontre, c'est qu'il existe une réponse positive à un certain fantasme lié à la technologie : « tout savoir sur autrui, figer le flux du monde et de la pensée dans une imaginaire d’immédiateté, contrôler tout également, et, enfin, faire preuve de ce qui est, mais que le commun des mortels ne peut d’emblée percevoir. » (Mazzocchetti, Servais, Boelllstorff, Maurer, 2015)[41].

Si cette réponse est positive, c'est parce qu'elle repose sur un cadre éthique très strict appliqué sur l'ensemble de l'espace numérique Wikimédia. On peut y accéder facilement au départ d'un hyperlien présent en bas chaque page des projets et qui sera libellé sur les projets francophones : « condition d'utilisation »[42]. Sur cette page d'information, le lecteur attentif trouvera ensuite un autre hyperlien qui lui permettra de se rendre sur une page consacrée cette fois à la politique de confidentialité[43].

A la lecture de tous ces contenus légaux, on s’aperçoit que la fondation Wikimédia légalement reconnue en Italie[44] comme dans de nombreux pays du monde, comme hébergeuse des projets Wikimédia ne laisse donc rien au hasard. Sur le projet Wikipédia francophone par exemple, il existe même une page consacrée au droit de disparaître[45] répondant quelque part à une certaine « écologie déséquilibrante de l'oubli » (do Kim, 2012)[46] propre à l'espace Web. Un droit à l'oubli qui, rappelons-le, fait l'objet du règlement no 2016/679, dit règlement général sur la protection des données (RGPD) édité par la commission Européenne.

Ainsi, au niveau du respect de la vie privée, plusieurs options s'offrent donc aux utilisateurs de l'espace numérique Wikimédia. La première, et la plus populaire, consiste à créer un compte utilisateur avec pseudonyme de telle sorte que les modifications et actions faites ne soient pas attribuées à sa propre identité. La seconde option plus fréquente parmi les utilisateurs moins actifs, est celle de contribuer aux projets sans utiliser de compte utilisateur et donc sans se connecter. Dans ce cas de figure, en lieu et place du pseudonyme utilisateur, apparaîtra l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'utilisateur.

Cette deuxième option est donc moins respectueuse de la vie privée, car il faut savoir qu'au départ d'une adresse IP, il est possible de retrouver l'identité d'une personne dès le moment ou on en a l'autorité (judiciaire par exemple) et ce en contactant le fournisseur d'accès Internet (FAI). Ce dernier est en effet tenu obligé selon les lois en vigueurs dans les états, de conserver les informations nécessaires à l'identification de l'auteur d'un contenu ou d'une action apparus sur le Web. A titre d'exemple, en France, ces informations doivent être gardées un an[47], alors que sur le projet Wikipédia francophone, l'adresse IP des éditeurs connectés est confidentiellement gardées au niveau des serveurs informatiques pendant trois mois seulement pour être ensuite perdues à jamais[48].

Comme dernière option enfin, il est aussi possible de créer un compte utilisateur dans lequel on dévoile sa propre identité. Cela représente alors un choix personnel qu'il faut assumer tout en gardant à l'esprit qu'une partie de sa vie s'expose dès lors au yeux du monde connecté et de façon potentiellement irréversible. On le sait, sur le Web toute information publique peut toujours être sauvegardée par un internaute et réapparaître quelque part sur la toile après effacement. Les vidéos interdites de diffusion sur le Net, qui disparaissent et apparaissent sans cesse d'une page à l'autre en est un bonne exemple. Ceci dit, afficher sa réelle identité offre aussi l'avantage d'assurer la paternité de tout ses écrits et de les publier dans la plupart des cas[N 16] sous licence CC.BY.SA. Un tel choix peut être opportun par exemple : pour une personne en recherche de reconnaissance publique, quelqu'un qui voudrait éviter toute accusation de plagiat sur ses propres écriture, ou encore un chercheur tenu par un devoir de déontologie.

Toutes ces raisons réunies furent à l'origine de mon choix de créer un compte dévoilant mon prénom, mon nom et mon identité réelle, le 26 février 2011, jour du début de mon observation participante au sein de l'espace numérique Wikimédia[49]. Cette option, il faut le savoir, n'est pas forcément définitive. Il y a tout d'abord le droit de disparaître, cela a déjà été dit, mais aussi la possibilité technique de créer un ou plusieurs comptes anonymes à côté d'un compte qui ne l'est pas. D'autre part, il est aussi possible d'éditer les projets Wikimédia en prenant le soin de se déconnecter[N 17]. Au final, toutes ces options et dispositions garantissent donc le respect de la vie privée des acteurs wikimédiens, mais aussi, chose très utile pour le chercheur, le respect selon le souhait de ces derniers d'une anonymisation des données disponibles sur l'espace numérique Wikimédia.

Il existe enfin un autre dispositif socio-technique au sein de l'espace numérique Wikimédia qui m’apparaîtra très utile en tant que chercheur désireux d'expérimenter un nouvelle science ouverte tel qu'elle fut définie précédement. Ce système est un outil de notification appelé Echo. Il fut progressivement mis en place au sein des projets Wikimédia pour permettre aujourd'hui de notifier un utilisateur enregistré à partir de n'importe quelle page des sites Wikimédia. Cette notification se fait soit par courriel quand la fonction a été activée par l'utilisateur, soit par message dès que ce dernier se connectera à n'importe quel site Wikimédia.

Concrètement, il me suffit par exemple au sein de ce présent texte que je suis en train d'écrire sur Wikiversité de produire l'hyperlien : « Psychoslave » pour que l'utilisateur répondant au pseudonyme « Psychoslave » soit averti que je le mentionne ici. De la sorte, il saura que je désire attirer son attention sur cette page, avec pour intention dans ce cas-ci, le remercier de l'intérêt qu'il porte sur mes travaux. Pour ne pas attirer son attention, je pouvais écrire son nom d'utilisateur sans créer cet hyperlien caractérisé sur les projets Wikimédia par un affichage en bleu. Sans notification, Psychoslave devra alors faire une recherche laborieuse à l'aide d'un moteur de recherche interne ou externe à Wikiversité pour savoir que je parle de lui. Au contraire, si je le notifie, il recevra dans son mail ou son message de notification un hyperlien qui lui permettra d'accéder directement, grâce à un lien et sur un simple clique, à la partie de texte où j'ai placé son nom d'utilisateur. Grâce à un tel dispositif, les acteurs cités dans ma thèse directement écrite en ligne, pourront donc une fois tenu au courant des propos que je tiens sur eux, régir à ceux-ci pour exprimer par exemple des souhaits extra légaux au sujet du respect de leur vie privée.

Au final, ce qui apparaît comme un renforcement efficace des mesures déontologiques, permettra aussi d'établir un dialogue avec les acteurs et actrices de terrain, au sujet du contenu de mon travail. Tom Boellstorf anthropologue dans Second Life y avait pensé avant moi quand il invitait ce que je considère comme lui, des « collègues » et « interlocuteurs », à débattre dans sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia » (Boellstorf, 2013, p.9,22 et )[50]. Un tel choix d'ouverture dans le cadre d'une science ouverte donne donc à penser une réelle co-construction dans la production de connaissances ethnographiques mixant le point de vue « émique » des acteurs (Olivier De Sardan, 2008, p.105)[12] à la production épistémique du chercheur.

Écrire sa recherche de manière dialogique[modifier | modifier le wikicode]

« alors que traditionnellement, par l’observation participante, l’anthropologue contrôle la trame contextuelle de son terrain et le positionnement de ses informateurs, ce n’est plus le cas ici. Cette dissociation entre le contexte perçu par l’observateur immergé et le texte produit par le terrain, nécessite d’interroger à nouveau frais l’articulation des méthodologies d’enquête de terrain. » (Servais, p.62, à paraître)[14]

Une socio-anthropologie hyperpanoptique, c'est aussi une socio-anthropologie où le socio-anthropologue ne se retrouve pas seul en position d'observation à l'image du gardien de prison dans une architecture panoptique. Apparaît donc ici l'importance du préfixe « hyper » pour bien souligner le fait que l'observation devient réciproque entre chercheur et interlocuteurs. Ensuite et à partir d'une telle situation, naîtra donc l'idée d'établir un dialogue constructif entre observateurs et observés basé sur une transparence similaire et réciproque dans le but de produire un savoir ethnographie de qualité.

Conscient d'un tel phénomène, Sylvain Firer-Blaess n'hésitera pas à qualifier Wikipédia de : « modèle pour une société hyperpanoptique » (Firer-Blaess, 2007)[51]. L'idée d'une société hyperpanotpique lui sera venue de Nancy Fraser qui avait imaginé avant lui, et même avant l’existence de Wikipédia et des Wikis une « société disciplinaire parfaite [...] totalement 'panopticisée' [dans laquelle] tous se surveilleraient et se contrôleraient les uns les autres » (Fraser, 1985, p.178)[52]. La vision de Nancy Fraser quand à elle, avaient été inspirés des travaux de Michel Foucault et plus particulièrement de son travail sur l'univers carcéral (1975)[53]. Dans ceux-ci, l'auteur faisait référence à un concept architectural de Jeremy Bentham (1791)[54] intitulé panopticon, traduit en français par terme panoptique (voir illustration ci-contre). Ce que je propose à mon tour, c'est de récupérer le terme hyperpanoptique pour l'associer au terme socio-anthropologie dans le but de pouvoir mobiliser l'expression « socio-anthropologie hyperpanoptique » lorsque je veux faire référence au type de socio-anthropologie si particulière que m'invite à produire mes travaux ethnographique au sein d'un environnement numérique géré par le logiciel MediaWiki.

Dors et déjà, il est intéressant de resituer l'hyperpanoptisme au niveau de l'encyclopédie Wikipédia déjà décrite comme un lieu de « connaissance démocratique » (Foglia, 2008)[55]. Au sein de Wikipédia, la construction dialogique du savoir n'est pas toujours d'application, mais apparaît par souvent lors de conflits d'éditions entre auteurs d'un même article, conflits communément appelés au sein des communautés : « guerre d'édition »[56]. Lorsque deux éditeurs sont en désaccord sur le contenu d'une page, la communauté attend d'eux qu'ils cliquent sur l'onglet « Discussion » présent en haut de toutes les pages des projets Wikimédia. Une fois sur place, chaque protagoniste se trouve alors en position d'argumenter ses souhaits ou objections au sujet de l'article. On attendra aussi des utilisateurs que la discussion se fasse dans le respect d'un code de bonne conduite[57] qui sera rapidement notifié en cas de débordement. Si jamais le conflit d'édition venait à devenir un conflit entre utilisateurs, le débat sera alors normalement déplacé vers d'autres lieux de discussions dédiés à la résolution de conflits inter-personnels tel que le salon de médiation[58] ou dans les cas plus conséquent, en faisant appel à un comité d'arbitrage[59].

C'est donc dans ce même esprit de débat et en espérant ne jamais entrer en conflit avec quiconque, que j'invite tout un chacun à s'exprimer au sujet de mon travail et par rapport aux écrits que je publie directement sur le projet Wikiversité. Cette invitation ne concerne pas seulement les personnes de mon terrain d'étude, mais aussi toute autre personne qui le désire : membres de mon comité d’accompagnement, autres chercheurs ou même tout Internaute intéressé par le sujet. Les dialogues et débats, pourront avoir lieu sur plusieurs pages de discussion. Un premier espace de discussion principale[60] portant sur l'ensemble de ma thèse existe et bénéficie d'un système de discussions structurées qui permettra de simplifier les échanges avec les lecteurs pouvant être perturbés par la nécessité d'écrire en wikicode. En complément de cette page de discussion centrale, d'autres pages de discussions associées à chaque chapitre de ma thèse seront accessibles au départ d'hyperliens situés en dessous de chaque titre de chapitre avec cette exemple actif pour ce présent chapitre : « [ Réagir au contenu de ce chapitre ] ». Ses sous-espaces de discussion seront particulièrement destinés aux personnes actives au sein des projets Wikimédia étant donné que l'édition ne peut actuellement se faire qu'en wikicode. Cela permettra cependant d'établir un dialogue plus structuré et plus approfondi. Enfin, pour inciter les acteurs du mouvement à entrer en dialogue, je posterais dans différents espaces de discussion présents au sein de l'espace numérique Wikimédia, des messages qui notifieront les contributeurs à chaque fois qu'une nouvelle partie de mon travail sera prêt pour une relecture. A titre d'exemple, un premier message fut déposé dans le bistro, sorte de forum général du projet Wikipédia francophone, sous le titre « Avis de travail en cours »[61].

Remarquons toute fois que l'idée d'une écriture dialogique n'est pas une chose nouvelle dans le champ de la socio-anthropologie. Un anthropologue tel que Mondher Kilani parlait déjà dans les années nonante d' « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique » (Kilani, 1999, p.101)[62]. Il citait pour exemple dans la sphère francophone, les écrits de Philippe Descola (2006)[29], de Jeanne Favret-Saada (1977)[63] et les siens (Kilani, 1992)[64]. Mais il me semble toute fois que ce qui se dessine dans mon travail de recherche, va au-delà d'une écriture dialogique. J'y vois en effet quelque chose de plus proche de l'expérience vécue par Mondher Kilani lorsqu'il écrit :

« Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation » (Kilani, 1994, p.53)[65].

Une négociation donc que j'ai moi aussi en attente du processus dialogique mis en place au sein de ma thèse. Mais co-construction ne veut bien sûr pas dire coécriture. Une thèse de doctorat est en effet une épreuve qualifiante qui se doit d'être écrite par un seul auteur dans son intégralité. En raison de ce cadre institutionnel, il ne pourra donc s'agir que d'une co-construction des idées, mais en aucun cas du texte, même si des retouches au niveau orthographique ou syntaxique seront toujours les bienvenues et ce pour peu qu'elle restent identifiables comme telles.

Remarquons enfin, qu'un processus dialogique ne garantit pas à lui seul une construction dialogique du savoir. Pour que cette construction soit pleinement effective, il faut encore s'assurer que le dialogue puisse s'établir dans les deux sens. Joseph-Marie de Gérando, l'un des précurseurs de l'anthropologie moderne, écrivait ceci dans un texte publié au sein de la société des observateurs de l'homme : « Le premier moyen pour bien connaître les Sauvages [expression courante de son époque], est de devenir en quelque sorte comme l'un d'entre eux ; et c'est en apprenant leur langue qu'on deviendra leur concitoyen. » (de Gérando, 1800, p.13)[66].

Pour appliquer cette idée au niveau de la sphère internationale du mouvement Wikimédia, il me faut donc pratiquer sa langue véhiculaire qui n'est que l'anglais. Au niveau des projets éditoriaux par contre, la plupart de ceux-ci possèdent une version en langue vernaculaire, soit le français pour les projets francophones, le portugais pour les projets lusophones et ainsi de suite. Face à mes capacités linguistiques, je tenterai donc d'établir le dialogue en français, en anglais et en portugais. Mais avant de sentir « l'un d'entre eux »dans une des communautés d'éditeurs, encore faut-il maîtriser un autre composante du langage vernaculaire que représente le jargon Wikimédien et une autre composant du langage véhiculaire que constitue le wikicode. Sans connaître ce jargon, il peut s'avérer parfois difficile de tout comprendre tandis que la connaissance du wikicode apparait indispensable à la mise en forme de ses écrits.

Tout cet apprentissage me permet donc de communiquer aisément au sein du mouvement Wikimédia, mais pour qu'un processus de co-construction s'installe, je dois encore veiller à ce que mes écrits soient accessibles à tout public. Pas question donc d’adapter un style d'écriture ampoulé, rempli de jargon ou de néologismes scientifiques, faisant référence à un foisonnement d'auteurs et de théories pour au final rendre mon discours incompréhensible ou imbuvable à toute personne non initiée à ce genre de littérature. J'ai donc choisi autant que possible, d'adopter un langage familier aux éditeurs des projets wikimédia et finalement proche du style encyclopédique développé sur Wikipédia. Autrement dit, un langage simple, concis dans lequel je ferai apparaître un hyperlien pointant vers la page d'un des projets Wikimédia, à chaque fois qu'un concept ne me semble pas compréhensible par tous.

Une autre décision propice au dialogue sera d'entamer ou de poursuivre l’édition de certaine pages que je relierai à mes travaux d'écriture. Plus précisément, l'idée sera notamment de déplacer le dialogue et la co-construction de ma thèse au sein même d'un terrain d'observation que je côtoie depuis bientôt dix ans[67]. Pour ce faire, je prendrai un soin particulier à éditer d'une part, les articles consacrés au mouvement Wikimédia et à la fondation Wikimédia dans différentes versions linguistiques de Wikipédia, et d'autre part, les articles consacrés à une version linguistique de Wikipédia dans sa version linguistique. Par exemple, je travaillerai sur l'article Wikipédia en français au niveau de l'encyclopédie francophone, de l'article English Wikipedia sur l'encyclopédie anglophone, ect.

Afin d'aider le lecteur non Wikimédien à mieux comprendre l'espace numérique Wikimédia, je ferai aussi appel à une « métaphore heuristique ». Cette technique qualifiée de « redescription heuristique de la réalité » par Guy Bouchard (1987)[68] a aussi inspirée Paul Ricœur dans son ouvrage « La métaphore vive » de (2002)[69]. Le but du procédé en ce qui me concerne, sera de décrire l'espace numérique Wikimédia et l'espace Web dont il fait partie, avec des mots compréhensibles par tous. Pour ce faire, je choisirai comme métaphore celle du village, directement inspirée d'une émission radio bien connue en Belgique francophone intitulée « Le monde est un village »[70].

Il me restait enfin un dernier aspect important en matière de dialogue au sein du mouvement Wikimédia Pouvoir dialoguer correctement avec les acteurs impliqués dans la gestion informatique des projets, j'ai du aussi apprendre les langages informatiques qu'il utilisent le plus souvent. Les langages informatiques sont des langages en soi au même titre que les langages parlés et j'ai donc du apprendre, lors de formation à distance, le vocabulaire et la grammaire HTML, CSS, JavaScript, PHP et Lua.

Au finale, tous ces langages de programmation me permettent non seulement de mieux communiquer avec les acteurs du mouvement Wikimédia, mais aussi de mieux comprendre les enjeux d'un espace Web qui envahit tous les jours un peu plus le quotidien des êtres humains. « Code Is Law » (Le code fait loi[71]) écrivait Lawrence Lessig (2000)[72] au sujet de « la liberté dans le cyberespace ». Cette maxime dédiée à Internet et l'espace Web, garde pour moi tout son sens dans le mouvement Wikimédia. Cette espace numérique en pleine construction, il est parfois difficile de le décrire avant que les choses ne changent. D'où sans doute l'intérêt de produire une ethnographie en ligne avec une mise à jour perpétuelle au sein d'un espace ouvert et collaboratif. A ce choix stratégique s'ajoutera un autre : celui de se projeter dans le futur au cœur d'une démarche prospective.

S'inscrire dans le courant d'une socio-anthropologie prospective[modifier | modifier le wikicode]

L'expression écrite « anthropologie prospective » semble être apparue pour la première fois en 1888 dans un cours de George Vacher de Lapouge (1888, p.29)[73], mais le concept à proprement parlé d'« anthropologie prospective » fut créés par Gaston Berger (1956)[74]. « Dès 1955, il trace les contours d'une méthode nouvelle [la prospective] qui réconcilie savoir et pouvoir, finalités et moyens, en donnant à l'homme politique la possibilité de transformer sa vision de l'avenir en actions, ses rêves en projets. » (Durance, 2008, p.13)[75]. Au sein d'une humanité encore inconsciente d'un réchauffement climatique naissant, Gaston Berger observait déjà une dangereuse accélération :

« L'homme est devenu capable d'actes irréversibles (Berger, 1960a)[76]. Par ailleurs, cette accélération n'affecte pas tout, ni tout le monde, de la même façon ; des " décalages ", des tensions, apparaissent un peu partout, qui renforcent encore ce sentiment de transformation du monde (Berger, 1957a)[77]. » (Id.)[75].

En parlant d'accélération, Gaston Berger devait certainement faire référence à la révolution industrielle, déjà conscientisée en 1799 par Louis-Guillaume Otto, lorsqu'il affirmait dans lettre que « La révolution industrielle est commencée en France » (Otto, 1799 cité par Teich, 1996)[78].

Définie par son auteur comme science de « l'homme à venir (Berger, 1956b)[79]» (Durance, 2008, p.17)[75], l'anthropologie prospective aura donc pour objet d' « élaborer de nouvelles formes d'études prospectives, qui auraient comme sujet les différentes situations dans lesquelles l'homme pourrait se trouver dans l'avenir [...] Ces études devront s'attacher à dégager les structures profondes des phénomènes, puis faire jouer l'imagination pour esquisser les premier schémas des situation à venir » (Id.). Dans l'esprit de Gaston Berger, « Cette " mission " devra être confiée à des spécialistes de divers horizons (psychologie, sociologie, économiste, pédagogue, ingénieurs, médecin, statisticien, démographe, etc.). » (Id.)[75].

Afin de rassembler toutes ces disciplines un « Centre International de la prospective » fut créé en mai 1957, trois ans avant le décès de Gaston Berger qui en fut le premier président (Durance, 2008, p.19)[75]. D'autre centres naîtront ensuite sous la même impulsion, tel que le Centre d'études prospectives (Association Gaston-Berger)[80] ou encore le le centre d'anthropologie prospective de Rouen qui produira en 1973, une première et dernière publication[81] contenant les actes d'un premier colloque axé sur le thème « La psychanalyse d'aujourd'hui »[82] dans lesquels l'anthropologie prospective restera présenté comme un « projet d'unification et de synthèse » (Clancier, 1974, p.15)[83]. Pour la suite, Gaston Berger restera cité dans la littérature mais de moins en moins durant les vingt ans qui suivront son décès[84]. Mais le concept de « prospective » aura marqué les esprits et le huit avril 1968, le club de Rome connu pour son rapport sur Les limites à la croissance (Meadows, 1972)[85], mais aussi pour ses préoccupations au sujet d'une « crise planétaire » naissante.

Quand à l'anthropologie prospective, on n'en parlait déjà plus en 1979 dans un titre de la collection Que sais-je pourtant intitulé « La prospective » (Decouflé, 1979)[86]. Cependant, le concept réapparu soudainement en 2001, dans le titre de la revue Recherche Scociologique de l'Université Catholique de Louvain. Sous la direction de Mike Singleton (2001)[87], cette revue marquera les débuts d'un laboratoire d'anthropologie prospective dont je suis actuellement membre actif et quelque part héritier. L'anthropologie prospective, venait donc d'être réinventée quarante-cinq ans plus tard et de façon « inédite » (id., p.3)[87], comme le croyaient ses nouveaux fondateurs, ignorant à l'époque l’existence des travaux de Gaston Berger tombés dans l'oubli au cours des années 70. Un fait quelque peu amusant, puisqu'il s'agissait pour ces créateurs d'un acte de « réincarnation » (id., ), non pas de l'anthropologie de Gaston Berger, mais bien d'une anthropologie dont « on prédisait sa mort imminente » (Worsley, 1966[88] cité par Singleton, 2001, p.2)[87].

C'était aussi pour les créateurs de ce laboratoire, l'occasion d'établir une science transdisciplinaire (id., p.4)[87], et non plus interdisciplinaire telle qu'elle avait été conçue par Gaston Berger lorsqu'il rassembla au sein de son projet différentes disciplines scientifiques. A contrario, la stratégie du laboratoire d'anthropologie fut de rassembler au sein d'une unique discipline que représente l'anthropologique, des personnes originaires d'horizons scientifiques différents (droit, agronomie, histoire, économie, communication, astrophysique, etc.). Une autre stratégie adoptée par ce laboratoire influencé par son chef de fil, Mike Singleton, fut aussi de retrancher le fait anthropologique derrière un « fait d'anthropologues » (id., p.3) ou autrement dit, d'accorder plus d'importance et de reconnaissance aux travaux des anthropologues qu'à l'anthropologique elle même.

Si la stratégie de Mike Singleton était différente de celle de Gaston Berger, leur vision de l'anthropologie prospective convergeaient toute fois vers une perception holistique de la société humaine. Ce point de vue, je l'adopterai à mon tour dans l'étude du numérique comme partie intégrante de l'humanité (Heather, 2013, p.15)[89]. Contrairement à ma précédente étude ethnographique (Scheepmans, 2011)[5] où j'avais opter pour une observation « immersive » (id. p.120)[89] au sein de l'espace numérique Wikipédia, je choisirai donc cette fois, de mener mes observations[N 18] aussi dans les espaces hors ligne du mouvement Wikimédia, et même partout où j'aurai l'occasion de m'y rendre.

Faire de l'anthropologie prospective au LAAP (Hermesse, 2011)[90], comme au centre de Gaston Berger (Durance, 2010, p.19)[91], c'est aussi adopter une posture réflexive. Cette réflexivité, je la voudrais particulièrement présente au niveau d'un chapitre autobiographique et auto-ethnographique (Hayano, 1979)[92], qui aura pour but d'aider le lecteur à se situer dans le temps et dans l'histoire d'une révolution numérique vue au travers de ma propre expérience. Une expérience au cour de laquelle, le 3 mars 2011 à 14:05 très précise, je prenais par en créant mon compte utilisateur, à ce que certains ont appelé : « La révolution Wikipédia » (Assouline, )[93].

Opter pour une anthropologie prospective, comme la fait de son temps Gaston Berger (Durance, 2010, p.1)[91] et comme le fait aujourd'hui les membres du LAAP (Hermesse, 2011)[90], sera aussi pour moi une occasion de faire science de façon engagée. Pour ce faire, d'une part j'adopterai un discours direct au niveau des acteurs et actrices de mon terrain, d'autre part, j'utiliserai la première personne du singulier pour exprimer mes propres propos.

Reste en fin cette idée de Mike Singleton selon laquelle « on ne fait pas de l'anthropologie prospective pour satisfaire sa curiosité théorique [...] mais pour activer l'énergie humaine » (Singleton, 2011, p.52)[94]. Je suivrai donc ce dernier enseignement en me reppelant qu'injecter l'énergie humaine dans la théorie comme celui qui a opposé à une époque l'« anthropologie sociale » adeptes d'un structuralisme hérité des pensée d'Émile Durkheim et l'« anthropologie culturelle » attachée au culturalisme et au cultural studies. Et puis au finale, la théorie ne semble pas non plus être la chose la plus utile dans l'étude du mouvement Wikimédia. Car si l'on en croit le dernier mot d'un étude ethnographique précédente et conséquente : « le problème avec Wikipédia, c'est que cela fonctionne seulement en pratique, en théorie cela ne fonctionne pas »[N 19] (Jemielniak, 2015, p.192)[95].

Choisir et renoncer face à l’ampleur d'un travail possible[modifier | modifier le wikicode]

Nous l'avons vu le terrain Wikimédia confronte le chercheur ethnographe à une telle masse de données qu'on est en droit de se demander si une étude exhaustive du mouvement Wikimédia, sous forme de monographie par exemple, est encore possible ? Je pense que la réponse est non et qu'elle restera valable dans tous les cas pour un chercheur seul. Vu la quantité d'informations et de données disponibles, une étude socio-anthropologique sérieuse du mouvement Wikimédia dans sa globalité demanderai à mon sens de mobiliser sur de nombreuses années une équipe de chercheurs pluridisciplinaires : des socio-anthropologie bien sûr, mais aussi des informaticiens pour la gestion des outils de recherche informatiques et la compréhension de l'architecture en ligne, des statisticiens pour le traitement des données quantitatives, des linguistes pour le traitement des corpus textuels, des historiens pour retracer rigoureusement l'histoire du mouvement, des géographes pour analyser l'impacte des origines géographiques diverses présentes mouvement, voir même des juristes maîtriser l'aspect juridiques liés aux licences et conditions d'utilisation en application au sein des projets, des psychologues pour comprendre le profil et la motivation individuel des acteurs, ou encore pourquoi pas des économistes et politiciens pour se pencher sur les questions de gestion et de gouvernance très spécifique au mouvent. Pour le dire d'une façon plus synthétique, le mouvement Wikimédia est tellement ouvert et englobant qui est susceptible d'intéresser et de mobiliser tout les disciplines de science humaine et sociale.

En ce sens, le mouvement Wikimédia représente assurément ce que Marcel Mauss a appelé un « fait social total » ou autrement dit un « fait social », soit selon Émile Durkheim, « toute manière de faire, [...] ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles » (Durkheim, 1919, p.19)[96], mais total, et donc selon Mauss prenant exemple sur le don, un fait social qui met en branle la totalité de la société et de ses institutions ou en tout cas un grand nombre (Mauss, 2007, p.241)[97].

Le mouvement Wikimédia est un terrain « multi-situé » (Marcus, 1986, p.171)[98] que Chistophe Lazaro décria mieux que moi suite à un travail de recherche consacré à l'ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian :

« paysage réticulaire au multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; la volatilité et la fugacité des contenus [ce qui n'est pas le cas de mon terrain] rendent l'analyse particulièrement délicate [ce qui le cas de mon terrain par contre] ; enfin, la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrement subtils qu'il s'avère difficile de démêler » (Lazaro, 2008, p.10)[99].

Face à l'impasse du terrain multi-situé tel qu'il sera décrit en détailles dans le chapitre suivant, ma stratégie sera donc d'articuler mon travail ethnographiques au départ cette espace singulier que représente le projet Meta-Wik. Il représente en effet à mes yeux, comme probablement aussi aux yeux de nombreux Wikimédiens, l'espace numérique central au mouvement Wikimédia. Ce sera donc autour de l'architecture de ce projets que je tenterai de donner sens à toutes mes données de terrains qu'elle soient issues d'observation en ligne ou hors ligne.

Par exemple, je n'hésiterai pas à décrire les incidences que peuvent avoir des décisions prises dans l'espace numérique Meta-Wiki sur les activités hors ligne du mouvement et réciproquement de marquer l'influence des activités hors ligne sur ce qui se passe au sein de l'espace numérique.


Notes

  1. Bien que cette formulation soit ambiguë, on parle souvent de « travaux inédits » sur Wikipédia en référence à ce que la communauté anglophone nome de façon plus appropriée : « original research » que je traduirais pas l'expression travail de recherche original.
  2. Dans l'espace numérique des projets éditoriaux Wikimédia, chacune des pages des site web possède une page de discussion associée qui permet aux lecteurs ou éditeurs de la page de s'entretenir de dialoguer sur le choix du contenu de la page. D'autre part, chaque utilisateur enregistré au sein des projets bénéficie aussi d'une page de présentation et donc d'une la page de discussion associée à cette page de présentation. Cette page de discussion représente dès lors un lieu où l'on peut déposer un message public à l'intention de l'utilisateur. Cette espace représente le seul un moyen d'écrire à un utilisateur quand on ne possède pas son adresse e-mail et que la fonction « envoyer un courriel » n'a pas été activée par ce dernier au niveau de ses préférences personnelles.
  3. Selon les projets éditoriaux Wikimédia et leurs versions linguistique, il existent différentes façon de prendre des décisions collectives sur des changements majeurs qui pourraient toucher toute la communauté. Dans le cas précis du projet Wikiversité francophone, les prises de décisions sont faites sur des pages créées à cet effet, et dans lesquelles les membres de la communauté discutent en vue d'obtenir un consensus. Si nécessaire, et c'est souvent le cas, un vote sera organisé et la ou les propositions acceptées dès lors qu'il y a plus de 75 % des votes en sa faveur. Pour pouvoir voter, il faut répondre à certains critères d'éligibilités des votants essentiellement déterminés sur base d'une certaine ancienneté et un minimum de participation au sein du projet.
  4. Sur les projets éditoriaux Wikimédia, les administrateurs (aussi nommés sysop) sont des utilisateurs nommés par la communauté pour assurer la maintenance du site.
  5. La classification décimale universelle a connu plusieurs éditions depuis sa création en 1905 par les deux juristes belges Paul Otlet et Henri La Fontaine fondateurs de l’Institut international de bibliographie.
  6. Le premier exemplaire de la revue Socio-anthropologie comme ceux qui suivront son disponibles en accès ouvert sur le portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales OpenEdition.org.
  7. Certaines informations récoltées par le logiciel MediaWiki sont en effet masquées pour des raison juridiques liées par exemple au copyright ou au respect de la vie privée.
  8. Pour une liste voulue exhaustive de ces sources d'informations statistiques sur le mouvement wikimédia, voir la section « source d'information » du laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia.
  9. Pour un exposé plus approfondit sur le sujet, voir en annexe la section consacrée à l'utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique.
  10. L'information pourrait cependant ne plus être accessible au lecteur si entre temps elle a été masquée pour des raisons légales ou, chose encore moins probable, si le site a été victime d'actions malveillantes au niveau des serveurs.
  11. Un acte qui par ailleurs est obligatoire au vu de la licence CC.BY.SA appliquée sur tous ces contenus.
  12. Une démarche qui n'est pas sans rappeler l'expression « anthropologie sociale et culturelle » solutionnant le conflit idéologique et partisan dont il était question dans une section précédente de ce travail.
  13. Pour connaite la situation de la science ouverte en Belgique « Moniteur Belge - Belgisch Staatsblad », sur www.ejustice.just.fgov.be (consulté le 23 mai 2019)
  14. Les modifications faite aux pages sont directement visibles en substance sur une page différenciant le contenu avant et après l'édition. Le sujet sera de nouveau abordé dans la prochaine section de ce chapitre.
  15. Certaines modifications peuvent être masquée pour des raisons légales suite à une plainte par exemple, mais ce cas de figure reste relativement rare.
  16. Dans certains cas comme sur le sites Wikidata et plus récemment sur Wikimédia commons, certaines contributions sont publiées sous licence CC0.
  17. Remarquons que ce qui est librement faisable techniquement, n'est pas forcément autorisé par les règles mises en place au sein des communautés. Créer plusieurs comptes dans dans le but d'influencer davantage la gouvernance des projets est en effet proscrit et fait l'objet de contrôle rendu possible par d'autres dispositif sociotechniques intégrés dans l'espace numérique Wikimédia.
  18. Dans le but de donner un aperçu complet sur mon observation participante, mon parcours wikipmédien est retracé de façon exhaustive au niveau de ma page d'utilisateur sur le site Meta-Wiki.
  19. Texte original : The problem with Wikipedia is that it only works in practice. In theory, it can never work.

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