Leçons de niveau 18

Philosophie de l'esprit/Physicalisme (3)

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Physicalisme (3)
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Chapitre no 9
Leçon : Philosophie de l'esprit
Chap. préc. :Physicalisme (2)
Chap. suiv. :Conclusion
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Philosophie de l'esprit/Physicalisme (3)
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Arguments contre le physicalisme (3)[modifier | modifier le wikicode]

Argument du souvenir de nos qualia[modifier | modifier le wikicode]

    La façon dont parle Stanislas Dehaene, professeur titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France, de la conscience phénoménale, des qualia est sans appel : « Dans quelques décennies, la notion même de qualia, ces quanta d'expérience pure, dépourvus de tout rôle dans le traitement de l'information sera considérée comme une idée étrange de l'ère pré-scientifique. »
    L'imagerie IRM prouve qu'il y a une activité dans le cerveau, ce dont personne ne doute, mais laquelle ? Car ici, tout est question d'interprétation. Pour les dualistes le cerveau est un organe biologique qui ne pense pas, qui gère le bon fonctionnement organique, traite et transmet les informations en provenance de nos sens à notre entité mentale sémantique, et exécute en retour les instructions qu'il reçoit d'elle via l'interface mental/physique. Pour les "mon cerveau fait tout" monistes, ces images localisent nos activités non physiques dans le cerveau, après exclusion bien sûr de tout ce qu'il ne peut pas coder, d'où le rejet sans appel de nos qualia et de notre expérience intime. Ils n'étudient en fait que nos comportements physiques, mais c'est rejeter des activités qui bien que mentales n'en sont pas moins réelles.
    Or, nous avons le souvenir de nos qualia et plus encore de nos expériences structurantes, et pour certains de nos grandes expériences mystiques, qui comptent parmi les plus puissants de nos souvenirs. Comme le cerveau est incapable de les coder, c'est que leur mémoire se trouve ailleurs, dans notre entité mentale indépendante de lui. Ce qui prouve que nous disposons d'une mémoire sémantique, hors du cerveau, gérée par notre fonction analytique, où nous retrouvons tous nos autres souvenirs, dont la nature ne diffère pas des premiers. Alors que le cerveau ne dispose que d'une mémoire biologique à laquelle nous n'avons pas accès. 

Argument des gestes mentaux opérables sur le cerveau[modifier | modifier le wikicode]

    Par exemple pour déclencher un ASMR (Autonomous Sensory Meridian Response ou orgasme mental) ou sortir de la paralysie du sommeil. Ces gestes mentaux démontrent une fois de plus que notre mental non physique, notre conscience et la direction souveraine de notre être sont indépendantes du cerveau, que nous le dirigeons et pas l'inverse. Que le cerveau est incapable de réaliser cela, car ce serait agir sur lui même par une contrainte extérieure à lui même, or s'il peut évoluer selon sa logique propre, il ne peut pas se transformer lui-même en échappant à ses conditions biologiques. Ce qui invalide la position de principe moniste physicaliste et même le dualisme de phénomènes. 

Argument des illusions optiques[modifier | modifier le wikicode]

    Comme le disait Bergson, notre perception est en grande partie un acte de remémoration. Les illusions d'optiques démontrent que nous ne percevons pas une image brute construite par notre cerveau, mais une interprétation de celle-ci par notre fonction analytique non cérébrale en vue du partage d'une information enrichie de sa connaissance des choses, qu’il puise dans sa mémoire sémantique, avec toutes nos fonctions mentales. 

Argument des couleurs[modifier | modifier le wikicode]

    Et d’une façon générale de nos qualia d’expérience pure. Dans l’environnement physique de notre corps les couleurs n’existent pas. Il n’existe que des longueurs d’ondes électromagnétiques. Notre cerveau code les informations qu’il reçoit des cônes et des bâtonnets des cellules sensorielles qui tapissent la rétine de l’œil par des nombres qui les distinguent. A son niveau il n’y a pas, et il ne peut pas y avoir de couleurs, car les couleurs sont des qualités de qualia qui n’apparaissent qu’au niveau mental sémantique qu’il est incapable de coder et qui n’interviennent pas dans son traitement de l’information. Ces couleurs, comme tous nos qualia de produits conscients, sont des créations qualitatives distinctives de la fonction analytique de notre entité mentale non cérébrale. Les cybernéticiens affirment avec une grande logique que le cerveau est comparable à un ordinateur, et qu’il fonctionne comme lui avec des codes alphanumériques. Si nous étions ce cerveau nous serions conscients de ces codes et non de qualia qualitatifs, si nous ne sommes pas conscients de ces codes cérébraux c’est que nous ne sommes pas ce cerveau mais autre chose qui le domine et agit sur lui. 

Argument de notre absence de conscience biologique[modifier | modifier le wikicode]

    Comme tout être vivant, chacune des cellules biologiques, dont les neurones, qui constituent ce corps auquel nous sommes associés est consciente d’elle-même, afin de pouvoir assurer toute la complexité des tâches qui lui permettent de vivre ce que le déterminisme strict qui gouverne l’univers physique ne permet pas, la réalité biologique étant le lieu où s’affrontent les logiques des principes de deux mondes contradictoires, l’un causal et l’autre non causal où se manifeste une intentionnalité et un libre arbitre. Or nous ne possédons pas cette conscience, donc nous ne sommes pas elles. Nous ne sommes donc pas biologiques, donc nous sommes d’une autre nature, sémantique.