Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Travail pratique/Conception de l’espace-problème/Oscillation entre immersion et critique

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L’attention semble être une une affaire personnelle car elle découle d'une perception subjective comme l’évoque Yves Citton au début de sa troisième partie "L'attention individuante". L'attention est certes individuelle mais elle s'imbrique dans celle des autres, formant ainsi un système attentionnel complexe. C'est ce qu'il appelle l'embrayage méta-attentionnelle. Voir schéma 1. Le spectateur a une perception d'un tableau différente de celle du peintre.

Embrayage méta-attentionnel (Schéma 1)


Osciller entre immersion et critique c'est pour Yves Citton passer d'une posture d'attention (je regarde un film au cinéma, celui-ci capte mon attention) à une posture critique de prise de recul (j'ai conscience que je suis seulement plongé.e dans un film et que la situation est donc irréelle). Voir Schéma 2. L’attention est donc consommée sur le temps du film pour ensuite être régénérée par la "vraie vie". Cette expérience prend la forme d'une conscience "méta-attentionnelle" et maintenait jusqu'à présent une frontière solide entre "le faux" et "le vrai".

Oscillation entre immersion et critique (Schéma 2)

Or à en comprendre Yves Citton sur l'explication de l'oscillation entre immersion et critique, la frontière entre ces deux mouvements semble devenir plus poreuse et tend même à disparaître.

" Cette double attention simultanément immergée et surplombante est en train de se généraliser à notre expérience même de la réalité – effaçant les limites qui séparaient «les spectacles» de «la vie»."[1]

En effet, lorsque le numérique a émergé dans le tournant des années 1990, il y a eu condensation d'attention, c'est à dire que c'est devenu une véritable machine attentionnelle. En tant qu'utilisateurs et utilisatrices du numérique et plus particulièrement des médias et réseaux sociaux, notre attention est constamment captée et consommée, ne laissant aucune place à sa régénération. La captation n'est plus regénéré par la phase de critique. Ce mouvement biaise alors la perception que l'individu a de sa propre réalité.

  1. Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l'attention. Média Diffusion.