Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Travail pratique/Conception de l’espace-problème

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Conception de l'espace-problème
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T.P. no 1
Leçon : Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention


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Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Travail pratique/Conception de l’espace-problème
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[1]L'espace-problème sera conçu collectivement en imbriquant les mécanismes listés par Yves Citton.

À propos de l'attention[modifier | modifier le wikicode]

Y. CITTON, dans son ouvrage Pour une écologie de l'attention et de ses appareils[2] s'attarde à décrire la sur-sollicitation de notre attention dans nos sociétés contemporaines intensément médiatisées. De ce constat, il cherche à en démêler les mécanismes afin que le détenteur de ladite attention n'en soit plus qu'un simple producteur-consommateur passif, mais bien un émetteur avertit, qui puisse diriger son attention de façon consciente et non biaisée par ses propres mécanismes psychologiques et par des manipulations extérieures. Son ouvrage a vocation à redonner la main au consommateur d'informations sur les médias, en ce qu'il en est le producteur premier du fait de l'attention qu'il leur concède !

Pour comprendre la portée et les logiques déroulées par l'auteur, faut-il encore saisir la complexité du mécanisme psychologique et physiologique qu'est "l'attention" ?

L'explicitation de ce mécanisme en psychologie ne date pas du siècle dernier. En effet, dès la fin du XIXe siècle des psychologues tels que Théodule RIBOT, considéré comme le fondateur de la psychologie en tant que science autonome en France[3], ont commencé leurs travaux sur les phénomènes provoqués de l'attention. Plus précisément, des travaux ayant déjà été rendus concernant les "effets" de l'attention, dans son ouvrage Psychologie de l'attention[4] il s'applique quant à lui à en décrire les mécanismes.

En début de son raisonnement, RIBOT souligne le fait que l'attention varie selon deux caractères : son intensité et sa durée. De là il distingue "deux formes bien distinctes d'attention; l'une spontanée, naturelle; l'autre volontaire, artificielle". Il précise par la suite que l'attention n'est pas simple phénomène sans conséquence sur le corps, un mécanisme purement de l'esprit, plutôt un mécanisme "moteur" en ce qu'il agit sur et par les muscles. Toutefois, contrairement aux habitudes d'un corps en action, en mouvement, etc..., le mécanisme de l'attention provoque "un arrêt" qui ne dure dans le temps, un passage dans un état fixe. De là se distingue alors "l'état normal" de l'individu, dans lequel il est producteur d'une pluralité d'états de conscience, apparus par la simulation de ses sens dans son environnement. Et l'état d'attention, dans lequel l'individu arrête ces stimulus extérieurs pour ne s'en concentrer que sur un seul.

L'attention est une ressource rare : "L'exposition des sujets aux signaux est si forte qu'avoir un impact en absorbant une partie de leur attention requiert d'émettre des signaux assez puissants et de les cibler sur des publics dont les capacités de perception soient relativement non épuisées".[1]

De la même façon, L'attention est une interaction, cela signifie qu'elle est un médiateur qui met en relation l'être avec l'environement. "Un être ne peut persister dans l'existence que dans la mesure où il parvient à «faire attention».[...]. Il doit «veiller à» ce qui lui permet de vivre [...]. L'activité consistant à faire attention relève d'une véritable sagesse environnementale – une écosophie[1] .

Quoi qu’il en soit, ces deux formes de l’attention conduisent pour l’auteur à un même état psychique : celui de l’unicité de conscience. C’est-à-dire la concentration de l’individu sur une seule et même chose. A fortiori, lorsque les stimulus attentionnels irradient de façon surabondante et prolongée l’individu, ils aboutissent à une « obnubilation toujours croissante de l’esprit » se caractérisant par un état d’absence, de vide intellectuel, communément nommé « un bug ». Toutefois, et sans surprise, il considère le mécanisme d’attention « artificielle » comme une imitation du dispositif naturel de l’attention, le résultat d’une éducation, d’un entrainement. Quand bien même le mécanisme naturel de l’attention paraîtrait constituer un mécanisme inné de l’être humain (v. l’être vivant), difficilement tangible, l’attention volontaire se rapprocherait quant à elle des mécanismes de notre étude en constituant l’attention que nous acceptons, de façon plus ou moins consentie, d’accorder aux stimulus numériques, des réseaux sociaux notamment.

Notre étude se concentrera donc, a priori, sur ce dispositif volontaire d’accorder de l’attention aux stimulus numériques de notre environnement et, plus précisément, aux applications de réseaux sociaux accessibles sur un smartphone.

Les mécanismes expliquant le passage de l'attention individuelle à l'attention collective[modifier | modifier le wikicode]

L'ensemble des mécanismes présentés ci-dessous expliquent la manière dont l'attention des individus ou agents s'agrègent à un niveau collectif. Ils peuvent être utiles dans la conception de l'espace problème pour expliquer la dynamique évolutive qui permet de passer d'un état initial (Ei) où un individu isolé consomme son attention sur des contenus sans être influencé d'aucune sorte, à un état intermédiaire (Ei1) où des individus se mettent à former un groupe où la direction de l'attention des uns influence la direction de l'attention des autres.

Causalité formelle : "(Mécanisme qui structure l'échosystème médiatique et qui repose) sur la puissance qu’ont les formes circulant entre nous à in-former nos pensées les plus intimes et les plus spontanées." [5]

Principe d'attentionalité transindividuelle : "à travers moi, c’est toujours nous/noûs qui fait attention."[5]

Postulat de ressource limitée : "La quantité totale d’attention disponible parmi les humains à chaque instant est limitée." [5]

Corollaire de rivalité : "la somme d’attention attribuée à un certain phénomène réduit la masse d’attention disponible pour considérer d’autres phénomènes."[5]

Principe d'envoutement formel : principe selon lequel "l'attention humaine tend à se porter vers les objets dont elle reconnaît les formes, sous l'impulsion de la direction prise par les attentions environnantes." [5]

Principe de collectivisation sélective

Postulat de rationalité pratique : "dès lors qu’ils parviennent à se soutenir dans l’existence, les agents font quotidiennement la preuve d’une certaine rationalité pratique dans la direction de leur attention."[5]

Contre-postulat d'insuffisance informationnelle : "la rationalité de nos comportements est constamment mise à mal par l’insuffisance des informations dont nous disposons sur notre environnement. Autrement dit : nous n’avons jamais les moyens de faire assez attention."[5]

Horizon de consistance transindividuelle

Constat de vie mutilées : "comment ne pas voir que tant de nos contemporains mènent une existence actuelle manifestement en retrait de leur devenir potentiel ?"[5]

Aventure de rationalisation collective

Oscillation entre immersion et critique : "une oscillation entre immersion et critique nous invite à nous absorber dans l’attention représentée (et dans l’univers où elle nous plonge), tout en nous faisant garder un pied dans la situation réelle d’où nous considérons cette attention."[6]

Mécanismes économiques expliquant la circulation des flux d'attention[modifier | modifier le wikicode]

Axiome du capitalisme attentionnel : "La tension est en passe de devenir la forme hégémonique du capital" [5]

Ontologie de la visibilité : "Une ontologie de la visibilité qui mesure le degré d’existence d’un être à la quantité et à la qualité des perceptions dont il fait l’objet de la part d’autrui."[5]

Besoin vital de notoriété : " fait que « nous travaillions sans cesse à nous rendre attractifs »"[5]


Principe de valorisation par l'attention :

"le seul fait de regarder un objet constitue un travail qui accroît la valeur de cet objet." [5]


Dynamique d'auto-renforcement circulaire : "l’attention attire l’attention. L’attention accumulée dans le

passé et le présent favorise l’accumulation d’attention à venir."[5]

Bénéfice de visibilité opportuniste : "dès lors que c’est de visibilité que nous vivons, tout ce qui nous sort de l’obscurité est bon à prendre, même si cela émane originellement d’une volonté de nuire."[5]


Corollaire de renonciation critique : "ce qu’on souhaite voir disparaître, il ne faut pas en parler."[7]

Logique d'investissement financier : "Le système monétaire de l'attention s'appuie sur des services financiers spécialisés; ces fonctions boursières et bancaires sont assurées par les mass-médias" [5]

Opérations de mesure homogénéisante : "L’attention devient monnaie seulement lorsqu’elle est mesurée en unités homogènes et mise en circulation à travers des actes d’échange anonymes[8]"


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Impératif de résistance politique : " Mécanisme dénonçant la responsabilité de tous ceux qui travaillent à multiplier, à diffuser et surtout à invoquer les mesures d’audimat au titre de critère d’évaluation des biens culturels"


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Invitation au sabotage préventif : « Hackers de tous les pays, unissez-vous pour paralyser les appareils d’audimat partout où vous le pourrez ! »

En mesurant les audiences, on permet une homogénéisation et une standardisation de l'attention qui peut alors être considérée comme une "monnaie de transaction" et qui permet donc un parallèle assez précis entre l'analyse du de la finance capitaliste et le capitalisme mental. Ces chiffres créent une base à laquelle se fier et « permettent concrètement de traiter l’attention comme une forme de capital » et donc de la faire entrer dans un système capitaliste et concurrentiel. Or il est impossible d'interdire fermement l'audimat. L'invitation au sabotage collectif est donc une invitation supplémentaire à celle de n'accorder aucune importance à ces chiffres : les fausser.[9]

Définition néo-classique de l'économie de l'attention : «  une famille d’émetteurs qui emploient des signaux coûteux pour attirer l’attention de publics et avoir un impact sur eux ».[10]



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Seuils, filtres et portails : " Les « économies riches en informations » se caractérisent par la présence de seuils, de filtres et de portails qui opèrent une présélection des informations effectivement prises en compte par les agents économiques, présélection conditionnée par l’inégale puissance d’émission de signaux coûteux destinés à attirer l’attention."

Les seuils, filtres et portails sont en fait les biais par lesquels passent une information, un publicité, une publication, avant d'être perçue par la personne qui lit, écoute, regarde, appelée "récepteur". Il explique également que l'augmentation des seuils des récepteurs pousse nos économies à augmenter leur activité dans la promotion au détriment de la production.[11]

Course aux armements attentionnels :

"plus une société marchande se médiatise, plus elle doit consacrer une part importante de son activité à la production de la demande, en investissant des ressources toujours plus grandes dans les appareils d’attraction de l’attention" [12]

Taxe sur les dépenses publicitaires

Symétrie attentionnelle

Suréconomie d'échelle :

"les effets multiplicateurs rendus possibles par les technologies de communication de masse exploitent l’attention vivante du récepteur en la soumettant à l’attention morte des machines."[12]

Une petite quantité d'attention dédiée à la production d'information peut captiver l'attention de milliers de personnes. Yves Citton mobilise l'exemple des MOOC qui ne sont pas monétisés ou d'une conférence. Ce cours ou ce discours est rendu accessible à un auditoire que l'on imagine plus grand que le nombre d'individus ayant participé à la création initiale du flux de données. "Lors d’une conférence faite devant un auditoire garni, le temps de préparation investi en amont par le présentateur – temps qui peut être considéré comme la forme d’attention qu’il accorde par avance à ses auditeurs – compense en quelque sorte l’asymétrie structurelle de la situation de conférence (10 heures de préparation × 1 orateur ≈ 30 minutes de conférence × 30 auditeurs)"[5]

Plus-value attentionnelle :

Source de pouvoir économique importante pour les mass media. Elle résulte d'une différence entre l'attention prêtée aux contenus des mass media par les utilisateurs et l'attention reçue par ces mêmes utilisateurs, en provenance des mass media. Cette plus-value est d'autant plus élevée que les mass media sont en capacité, par des dispositifs techniques d'automatisation, de démultiplier la petite quantité d'attention qu'ils prêtent à leurs utilisateurs.

Mécanismes numériques expliquant les modalités d'agencement des flux attentionnels[modifier | modifier le wikicode]

Electrification de l'attention :

"Les ordinateurs remplacent l’énergie attentionnelle par de l’énergie électrique."[13]

Free labor :

"Le travail immanent au capitalisme tardif, et le capitalisme tardif, sont ce mode de production qui tout à la fois favorise le travail gratuit et l’épuise"[14]

Playbor : "Mélange indissociable de plaisir ludique (play) et de travail productif (labor), faisant d’Internet un mixte instable et déroutant de terrain de jeu et d’usine."[5]

Classe des hackers :

"Consacre son attention à produire de nouvelles connaissances et de nouvelles cultures – autrement dit, un surplus d’« information » – mais sans posséder les moyens de réaliser la valeur de ce qu’elle crée."[12]

Pouvoir vectorialiste :

"La capacité de déplacer l’information d’un lieu à un autre. C’est le pouvoir de déplacer et de combiner tout et n’importe quoi comme une ressource" [15]

Grammatisation :

"Réduction du continuum sensoriel sur lequel porte notre attention à des unités discrètes susceptibles de manipulations logiques. La « numérisation » proprement dite consiste en l’assignation d’un « nombre » (ultimement décomposable en une séquence de 0 et de 1) à chacune des unités discrètes résultant de ce processus d’analyse."[12]

Programmation :

"Un protocole qui, en régissant la saisie du continuum concret en données abstraites, pré-paramètre matériellement (et non seulement culturellement) notre perception de la réalité” [16]

Standardisation :

"fait qu’un flux de données ne peut circuler dans un vecteur qu’en se soumettant aux paramétrages et aux normes d’homogénéisation définis par son protocole"[12]

Décris le processus selon lequel une information, une donnée, pour qu'elle soit mise en avant doit répondre à certaines normes précises. Si ce n'est pas le cas, elle est mécaniquement mise de côté et ne touchera donc jamais l'attention des individus.

Condensateurs d'attention : "Peu importe que ce soit en physique, en électronique ou en philosophie l’objectif d’un condensateur c’est de retenir pendant un temps indéterminé un flux"


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Captation circulaire de l'attention :

"Dynamique selon laquelle l'attention attire l'attention. C'est pour ce fonctionnement autonourrissant que l'on parle de captation circulaire, le cercle peut être vicieux ou vertueux[17]"

Jean-Michel Espitallier exprime d’une façon cinglante dans son étonnant petit livre De la célébrité : « C’est parce que je suis reconnu que je suis connu. C’est parce que je suis connu qu’on me reconnaît. »[18]

Machine attentionelle à la puissance :

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Principe de priorisation :"Le pouvoir propre à la classe vectorialiste consiste à agencer des priorités, plutôt qu'à inclure ou exclure du champ de visibilité"

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Principe d'alignement :"Je suis-conduit(e) à voir ce qu'un maximum de mes semblables auront vu, là où ils auront choisi de regarder (cliquer)"

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Principe de marchandisation___ :

"Tirer des profits du condensateur d'attention qu'est PageRank, notamment grâce à Adwords (aujourd'hui Google Ads)[19]. La troisième dimension de cette machine d’agrégation de l’attention collective qu’est Google est donc à repérer dans le PRINCIPE DE MARCHANDISATION qui s’efforce de soumettre les flux attentionnels aux besoins ou aux désirs de maximiser les revenus financiers. [20]"

Principe de quantification___ :

"C'est l'assignation à chaque instant t d'une valeur d'attention à toutes entités ayant passé par la machinerie de PageRank. On peut illustrer cela avec la magie de Google qui [21]repose sur l’automatisation du processus collectif par lequel nous attribuons de la valeur aux choses qui composent notre monde. [19]"

Le Rating___ :

"La position le long d’une échelle déterminée par un système d’évaluations subjectives, basées sur la reconnaissance, la confiance et le soutien de personnes avec qui un complexe réseau de relations a été établi. Dans la plupart des domaines, l’attention machinisée –  électrifiée, numérisée – tend à se substituer à l’attention humaine, essentiellement pour des raisons de coûts  : tout est fait pour nous  pousser du rating vers le ranking[22][23]

Le Ranking___ :

"Position dans une certaine hiérarchie, attribuée selon une procédure objective, une méthode, un algorithme. La logique du ranking automatisée par PageRank régit désormais presque toutes nos voies d’accès à internet – Google, YouTube, Amazon,[24] c’est toute la toile qui se voit investie par l’omniprésence de petits audimats locaux pré-orientant tous mes choix en fonction de notre moutonisme agrégé. ”[25]

La Numérisation-scalarisation___ :

Les différents effets des médias de masses :

Le besoins gratifiés par les médias  :

Les besoins gratifiés par les médias peuvent répondre à diverses motivations.

On pourrait par exemple penser à la nécessité de se tenir informé de manière globale : sur ce qu’il se passe dans le monde ou bien des derniers évènements advenus dans notre cercle d’amis ou familiale.

Mais ces besoins peuvent également être d’un autre type et être plus difficiles à admettre bien que sociologiquement il soit plus important que celui cité précédemment. Par exemple, certains produits médiatiques présentent des modèles de comportement, des styles de vie desquels prendre “s’inspirer” et qui réponde à un besoin de définition et de construction de l’identité. En d’autres termes, les médias peuvent constituer une forme de repère, de norme attendu qu’en a la construction de l'identité sociale d’un individu.

Dans d’autres cas, les médias peuvent également satisfaire un besoin d’affirmation de valeurs communes entre des individus qu’il soit des valeurs traditionnelles ou bien de valeurs spécialiser et/ou de niches (souvent marginalisé.)

De plus, on peut également se référer aux médias pour répondre à des besoins relationnels vécus à travers les victoires personnelles de différents protagonistes, personnes célèbres, influenceurs etc.

Pour finir, le besoin qui trouve grâce dans les médias peut aussi simplement être le besoin de passer le temps, de se divertir, de fuir le quotidien ou de combler une forme de solitude


[26] [27]

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La spirale du silence :

Théorie selon laquelle le pouvoir du public de pouvoir jouir des médias et de leur contenu de manières sélectives a été neutralisé.


En effet, selon l'auteur il a été retiré au public la possibilité de sélectionner le temps, le mode, et le contenu des médias lors de leur utilisation personnelle.

Elle estime de cette conséquence par deux facteurs :

la consonance et l’accumulation.


La consonance naît de la représentation homogène ou plutôt unanime présentée par les différents émetteurs d’informations.

L’accumulation en revanche est liée à l’aspect persuasif du moyen de communication. (qui le rende toujours plus présent selon Noëlle-Neumann)


“le Public n’est plus en capacité d’exercer son pouvoir de choix tout simplement parce qu’il n’y a plus d’alternative entre laquelle choisir”[28]

En d’autres termes, elle estime que les contenus sont tous les mêmes. Et ce, car les contenus sont proposés partout, de manière répétitive, en continu.


L’autre pilier sur lequel se base le model de la spirale du silence est celle d’une théorie particulière de l’opinion publique.

D’après l’autrice, les individus ont une peur naturelle d’être socialement isolés du fait de leurs opinions. Cette peur les pousse vers le conformisme. C'est-à-dire qu’il exprime publiquement ce qu’ils pensent uniquement si s’aperçoivent que leurs opinions sont majoritaires. Au contraire, ils s’astreignent à ne pas s’exprimer si leurs opinions sont minoritaires ou perdantes.

L’opinion publique donc selon elle devenue simplement une opinion dominante soutenu par une pression sociale qui réduit au silence toutes les autres.

knowledge gap :

Le modèle du Knowledge gap apparaît au XIXème siècle.

Au fur et à mesure que les médias pénètrent dans le système social, les populations les plus aisées ont eu tendance à acquérir l’information plus rapidement que les classes populaires. En d’autres termes, ce modèle estime que la diffusion des médias accentue les inégalités entre les groupes sociaux, créant ainsi un écart de connaissance entre les classes.

Le modèle du Knwoledge gap repose également sur la capacité cognitive qui varie entre les classes devant l’utilisation des informations diffusées par les médias et de faire face à la surcharge informative. (information overload.)[29]



agenda setting :

L’agenda setting se base sur la dépendance cognitive que provoquent les médias.

Face à cette dépendance, les personnes ont tendance à prêter attention principalement aux thèmes qui sont traités par les moyens de communication et en revanche excluent tous les autres sujets n’étant pas traités par ceux-ci.

Plus précisément, l’effet “agenda setting” s’appui sur deux points : dans un premier temps le fait que les médias disent aux personne quels sont les thèmes, les sujets vraiment important et desquels il faut se préoccuper; dans un second temps les médias imposent un ordre de priorité qui reflète le grade d’importance des sujets.[30]

Défilement infini

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  2. Citton Yves, Lemaigre Thomas, « Pour une écologie de l’attention et de ses appareils », La Revue Nouvelle, 2016/8 (N° 8), p. 36-43. DOI : 10.3917/rn.168.0036. URL : https://www.cairn.info/revue-nouvelle-2016-8-page-36.htm
  3. Georges TORRIS, « RIBOT THÉODULE - (1839-1916) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/theodule-ribot/
  4. Théodule Auteur du texte Ribot, Psychologie de l'attention (3e édition) / par Th. Ribot,..., 1896 [lire en ligne] 
  5. 5,00 5,01 5,02 5,03 5,04 5,05 5,06 5,07 5,08 5,09 5,10 5,11 5,12 5,13 5,14 5,15 et 5,16 Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l'attention. Média Diffusion.
  6. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  7. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  8. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  9. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  10. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  11. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  12. 12,0 12,1 12,2 12,3 et 12,4 Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  13. “Georg Franck, « Économie de l’attention », art. cité, p. 70.”
  14. Tiziana Terranova, « Free labor », art. cité, p. 50.
  15. Kenneth McKenzie Wark, « Nouvelles stratégies de la classe vectorialiste », Multitudes , no 54, automne 2013, p. 192.
  16. Yves Citton. Pour une écologie de l'attention. p.181
  17. Yves,. Citton, Pour une écologie de l'attention, Éd. du Seuil, DL 2014, cop. 2014 (ISBN 978-2-02-118142-5 et 2-02-118142-1) (OCLC 892725761) [lire en ligne] 
  18. Jean-Michel,. Espitallier, De la célébrité théorie et pratique, 10-18, DL 2012 (ISBN 978-2-264-05615-3 et 2-264-05615-0) (OCLC 800990978) [lire en ligne] 
  19. 19,0 et 19,1 Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  20. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  21. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  22. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  23. Yves Citton. “Pour une écologie de l'attention.” p. 198
  24. Yves Citton, Pour une écologie de l'attention, 2014 (ISBN 978-2-02-118144-9 et 2-02-118144-8) (OCLC 937868860) [lire en ligne] 
  25. Ibid ., p. 163.
  26. Elihu Katz, Jay G. Blumler et Michael Gurevitch, « Uses and Gratifications Research », Public Opinion Quarterly, vol. 37, no  4, 1973, p. 509 (ISSN 0033-362X) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-11-21)]
  27. Greenberg, Bradley S., Gratifications and Motivations of Television Viewing for British Children. (OCLC 967167544) [lire en ligne] 
  28. Elisabeth Noëlle-Neumann, « L’opinion publique entre apathie et mobilisation : la spirale du silence », dans L'opinion publique, CNRS Éditions, (lire en ligne), p. 91–102
  29. (en) G.A. Donohue, P.J. Tichenor et C.N. Olien, « Mass Media and the Knowledge Gap: A Hypothesis Reconsidered », Communication Research, vol. 2, no  1, 1975-01-01, p. 3–23 (ISSN 0093-6502) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2022-01-02)]
  30. The Handbook of Journalism Studies, Routledge, 2008-11-26 (ISBN 978-0-203-87768-5) [lire en ligne]