Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/Travail pratique/Analyse des attentes

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Schéma de l'attention.jpg

Dans ce deuxième TP, il est question pour les participants de repartir de la représentation visuelle de l'espace-problème pour établir des hypothèses sur ce qui empêche les utilisateurs d'applications ou de services numériques de voir leur capital attentionnel régénéré et respecté à leur contact.

Ces hypothèses établies, il sera question d'aller les confronter avec le ressentit de réels utilisateurs de services numériques. Cette confrontation aura lieu sous la forme de questionnaires auprès d'utilisateurs d'applications ou services numériques.

Établir des hypothèses sur les blocages ressentis par les utilisateurs à partir de l'espace-problème[modifier | modifier le wikicode]

#1 Description de l'espace-problème[modifier | modifier le wikicode]

Dans la première version de l'espace-problème (voir Figure 1), les goûts et caractéristiques des collectifs d'individus permettent d'informer la création de contenus par les applications. Dans le contenu des applications, il est fait mention à ces goûts et caractéristiques de manière à ce que ces collectifs d'individus puissent s'y reconnaître. L'individu va alors prêter attention à ces contenus "par capillarité" : les collectifs auxquels il se sent appartenir prêtant attention à ces contenus, l'individu sera naturellement enclin à y prêter attention à son tour.

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Figure 1. Représentation de la première version de l'espace-problème
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#1-2 Description de l'espace-problème[modifier | modifier le wikicode]

Les centres d'attention sont multiples. En partant de l'espace problème nous pouvons identifier 2 pôles majeurs, l'attention liée au numérique et celle liée au réel. Le numérique capte "trop" de notre attention au détriment du réel qui se voit attribuer un stock d'attention plus restreint et peut-être de moins bonne qualité. Pourquoi ? Car il semblerait que nous focalisons notre attention sur les choses qui nous procurent le plus de plaisir, là où le réel demande un effort important, le numérique crée de l'instantanée. En créant un sentiment de plaisir instantané, le numérique vient directement concurrencer l'attention que demande le réel. Moins d'effort pour plus de plaisir. Vient ensuite la question de la qualité de ce plaisir et de sa durée ? La répétition ne vient-elle pas détériorer sa qualité : cercle vicieux vers la dépendance ?

#1 Hypothèse de blocage[modifier | modifier le wikicode]

Dans le cadre de la description de l'espace-problème, on peut émettre l'hypothèse selon laquelle les utilisateurs ne peuvent voir leur capital respecté ou régénéré du fait du ciblage de collectifs opéré par les applications. En visant des collectifs d'individus et non les individus eux-mêmes, les applications créent des effets de masse où les individus se voient poussés à prêter attention aux mêmes contenus que ceux auxquels prêtent attention leurs collectifs d'appartenance. Autrement dit, ne pas prêter attention serait synonyme pour l'individu d'une remise en cause de son appartenance à ces collectifs.

#2 Hypothèse de régénération de l'attention par la recherche de contenu plus spécifique[modifier | modifier le wikicode]

Le contenu des applications vise des intérêts en commun, permettant ainsi aux individus de se reconnaître appartenir à un groupe lorsqu'ils prêtent attention à des applications. Mais à l'inverse, si l'intérêt individuel d'un individu va à l'encontre de l'intérêt commun (par exemple, il n'a pas apprécié la dernière série Netflix en vogue), il se sentira alors hors du collectif. Or, l'attention ayant besoin d'être captée, l'individu partira à la recherche d'autres contenus plus spécifiques à ses intérêts, maintenant ainsi son attention. Le fait de pouvoir passer d'un contenu à un autre, ou d'une application à une autre aussi rapidement évite de lâcher l'attention et de la régénérer correctement.

#3 Hypothèse de la solitude auto-renforcée[modifier | modifier le wikicode]

Les applications, les réseaux sociaux, et le numérique semblent compenser le sentiment douloureux de "solitude" que les utilisateurs ressentent au quotidien. Ils arrivent à capter leur attention en proposant des contenus qui les rattachent à des collectifs et comblent ainsi le besoin de se sentir entouré et intégré. Autrement dit, le numérique capte d'autant plus l'attention des utilisateurs que ceux-ci se sentent seuls et éloignés du collectif.

A terme, on voit apparaître un cercle vicieux dans lequel les utilisateurs prêtent de plus en plus leur attention à des contenus numériques; cette attention n'étant pas consacrée à l'intégration sociale au sein de collectifs, le sentiment de solitude se voit renforcé et avec lui la consommation des services numériques.

Dans ce cadre, on peut poser l'hypothèse selon laquelle les utilisateurs ne peuvent s'empêcher de prêter de plus en plus de leur attention aux contenus numériques puisque ceux-ci répondent à un besoin toujours plus grand : combler un sentiment de solitude. Ce dernier ayant lui-même été généré et renforcé quotidiennement par le numérique.

Hypothèse 1-1 : sur-exposition des publics fragiles à des contenus sensibles[modifier | modifier le wikicode]

Hypothèse 1-2 : Responsabilisation des plateformes vis-à-vis des contenus qu'ils exposent[modifier | modifier le wikicode]

Dans le cadre de l'enquête que nous avons réalisée, nous avons tenté de déterminer si les utilisateurs estimaient que les plateformes étaient responsables des contenus qu'elle diffusait ainsi que la confiance que les utilisateurs plaçaient dans les hébergeurs de contenus.

Dans une première question nous avons tenter de déterminer si les sondés estimaient que les plateformes étaient suffisamment protectrices vis-à-vis des contenus qu'ils proposent.

53,1% des sondés pensent que les réseaux sociaux ne sont pas assez protecteurs vis-à-vis contenus problématiques qu’ils contiennent et 27% sont ni en accord ni en désaccord avec cette proposition.

A la proposition suivante "J’ai confiance dans les réseaux sociaux pour me proposer des contenus adaptés (pas de pornographie, pas d’images violentes…)"

- 15,2% des sondés ne sont pas du tout d'accord avec cette proposition

- 33,2% des sondés ne sont relativement pas d'accord avec cette proposition

- 18,5% des sondés ne sont ni en accord, ni en désaccord avec cette proposition

- 29,4% des sondés relativement d'accord avec cette proposition

- 3,8% des sondés sont d'accord avec cette proposition

Lorsque l'on demande si les plateformes sont responsables du contenu qu'elles diffusent, la réponse est sans appel puisque 81,3% estiment que ce sont elles qui sont les garantes de ce que les utilisateurs peuvent consulter via leurs services.

#1-3 Difficulté à savoir pour l'utilisateur quel type d'algorithme il veut[modifier | modifier le wikicode]

Hypothèse 1-4 : Rupture à opérer pour le réseau pour passer d'une logique de recommandations à une logique "par consentement"[modifier | modifier le wikicode]

Hypothèse 1-5 : Renforcement de l'identification de l'utilisateur à un type de contenu, "biais de l'ennemi commun"[modifier | modifier le wikicode]

Psychologie sociale: L'Hypothèse émise est que les communautés en ligne accueillent les individus, qui s'enferment collectivement dans des idées de plus en plus radicales et s'éloignent de d'autres communautés sociales notamment via le biais de l'ennemi commun.

#1-6 Les créateurs de contenus ne se reconnaissent pas dans les "bulles" et perdent de l'intérêt[modifier | modifier le wikicode]

Psychologie sociale.

#1-7 Sensation de perte de temps à regarder du contenu que l'on n’aime pas. Renforcement de l'effet "Fear Of Missing Out" qui amène à une perte de temps, donc retour à une captation de l'attention.[modifier | modifier le wikicode]

Documentation Fear of Missing Out.


Questionner la pertinence des hypothèses vis-à-vis du ressenti d'utilisateurs réels[modifier | modifier le wikicode]

Série de question #1 : questionner l'hypothèse #3 sur la solitude auto-renforcée[modifier | modifier le wikicode]

  • Lorsque je suis avec mes amis, famille, ou des personnes qui comptent pour moi je regarde moins mon téléphone ?
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • Au contraire lorsque je suis avec des personnes que je ne connais pas, je suis plus sur mon smartphone
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • Quand je suis au travail ou en cours je regarde moins mon téléphone que lorsque je fais autre chose ?
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • Considérez-vous que votre téléphone peut être un "échappatoire" dans un contexte social ?
    • Oui
    • Non
  • J'ai le sentiment de vivre le moment présent
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord


Série de question #2 : questionner l'hypothèse #2 sur la régénération de l'attention par la recherche de contenu plus spécifique[modifier | modifier le wikicode]

  • Le contenu proposé selon mes préférences, c'est cela qui me plaît sur les réseaux !
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • L'algorithme "automatique" d’Instagram (ou d'un autre réseau social)  me propose un contenu qui me plaît ?
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • Qu'est-ce qui vous fait quitter un réseau social ?
    • Vous vous fixez une limite de temps
    • Vous avez d’autres choses à faire
    • Le contenu proposé ne vous intéresse plus
  • Vous sentez vous plus inclus dans un groupe si vous consultez le même contenu que les membres de ce même groupe ?
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • A quelle fréquence partagez-vous du contenu que vous appréciez avec vos pairs (par exemple : amis, famille, collègues, etc.) ?
    • Souvent
    • Parfois
    • De temps en temps
    • Rarement
    • Jamais


Série de question #3 : comprendre les situations dans lesquelles les blocages ne sont pas ressentis[modifier | modifier le wikicode]

  • En psychologie l'état de flow (concept définit  par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi) est un état de concentration  maximale dans lequel l'individu se retrouve absorbé par son activité. On retrouve notamment cet état mental dans les domaines de la  musique, du sport ou de la religion,... Ressentez-vous cet état de flow  lors de certaines activités ?
    • Pas du tout d'accord
    • Pas d'accord
    • Ni en accord ni en désaccord
    • D'accord
    • Tout à fait d'accord
  • Dans quelles activités en particulier ?
    • Musique
    • Chant
    • Sport
    • Travail
    • Prière
    • Autre
    • Aucune
  • Avez-vous réussi à retrouver cet état à plusieurs reprises ?
    • Oui
    • Non
  • Si non, qu'est-ce qui vous a empêché d'atteindre le flow ? Autrement dit, quels facteurs, selon vous, empêchent d'atteindre cet état mental


Série de question #5 : questionner le confinement dans des bulles de filtre (par la construction d'un ennemi commun)

  • De quelle communauté en ligne vous sentez - vous le plus proche sur les réseaux sociaux?

(Quelques réponses parmi la multitude donnée)

  • animaux
  • cuisine
  • sport
  • art
  • féminisme
  • Aucune
  • Pourquoi vous sentez-vous proche d'elle ?

(Quelques réponses parmi la multitude donnée)

  • "ce sont mes centres d'intérêts
  • "parce que c'est en accord avec mes valeurs"
  • "pour échapper à la réalité"
  • parce que ça me correspond et je peux m'identifier"
  • "appartenance"
  • Pouvez-vous identifier une communauté opposée à la vôtre ?
  • OUI à 32,2%
  • NON à 67,8%
  • Si vous aviez dit oui à la question précédente, Quelle serait la communauté opposée (nom ou description) ? et pourquoi ?

(Quelques réponses parmi la multitude donnée)

  • "Toute communauté aux opinions (politiques, religieuses, etc) marquées"
  • "Je trouve qu'il est important de découvrir des communautés à la nôtre (politiques notamment) afin de forger notre esprit critique, voir ce que les gens en désaccord avec nous pensent et ne pas s'enfermer dans ses propres croyances. Même si je ne partage pas du tout certaines des choses que je vé vois, j'aime pouvoir les voir et me forger mon propre avis."
  • "Chasseur"
  • "Toutes personnes remettant en cause le droit humain, ne voulant pas admettre que notre société est patriarcale (donc toutes personnes racistes, homophones, sexistes, misogyne...). Pourquoi: aucune ouverture d'esprit, et veulent imposer leur vision sans discussion possible et sans argument valable."
  • "Les boomers"
  • "Je ne suis pas dans l’opposition mais l’échange, le débat"
  • "non"
  • Qui est au courant dans la vie non virtuelle que vous faites partie de cette communauté ?
  • amis 69,3%
  • collègues 26,3%
  • connaissances 22,9%
  • personnes reliées à votre communauté 27,8%
  • famille 51,2%
  • personne 49%
  • Qu'est ce que vous appréciez dans le fait d'appartenir aux communautés en ligne ?

(Quelques réponses parmi la multitude donnée)

  • "je ne sais pas"
  • "Je partage les mêmes convictions"
  • "Sentiment d'être compris.e et se sentir moins seul.e"
  • "Le confort d'interagir avec des gens qui sont safes et ont des propos qui n'attaquent pas mon identité"
  • "Sentiment d'appartenance et centres d'intérêts communs avec ce groupe"
  • "Sentiment de partager un sentiment/expérience avec autrui"
  • "Je ne me sens pas réellement appartenir à une communauté"
  • "C’est pas le sentiment d’appartenance que j’apprécie, ce sont les sujets traités et la qualité des idées des intervenants"
  • Selon-vous, y-a-t-il un lien de corrélation entre l'appartenance à une communauté et l'isolement social ?
  • OUI 42,9%
  • NON 54,6%
  • Mise en situation 1ère étape : choisissez votre équipe.
  • la communauté de la chocolatine 4,1%
  • la communauté du pain au chocolat 95,1%
  • Jusqu'où seriez vous prêt à aller pour défendre votre équipe (pain au chocolat / chocolatine) ?
  • Suivre le compte de votre équipe 87,8%
  • Repartager des publications de votre équipe 46,8%
  • Commenter les publications de votre équipe 41%
  • Publier quelque chose sur votre équipe 28,3%
  • Publier quelque chose sur l'équipe adverse 4,4%
  • Convaincre les autres d'adhérer à votre équipe 30,7%
  • Boycotter les boulangeries qui ne soutiennent pas votre équipe 8,8%
  • Participer à une manifestation pour l'utilisation du mot de votre équipe 8,3%
  • Participer à une manifestation contre l'utilisation du mot de l'équipe adverse 3,4%
  • Rejoindre une association 13,7%
  • Détruire une boulangerie de l'équipe adverse 1,5%
  • Prendre en otage un représentant de l'Académie Française pour faire changer le mot dans le dictionnaire 4,4%


Que pouvons nous en déduire ?

Le mot sentiment d'appartenance semble faire peur, beaucoup on spécifié dans leur réponse ne pas se sentir appartenir à une communauté en particulier mais apprécier leur contenu. Tandis que d'autres on implicitement confirmé ressentir le sentiment d'appartenance en répondant "je me sens moins seule" ou bien "je me sens compris.e". Il est difficile d'évaluer si ces communautés se sont forgées à partir d'un ennemi commun, cependant beaucoup d'entre eux ont une ou des communautés opposée.s à la leur. Cela ne signifie pas que leur intérêt en premier lieu par la communauté se basait sur la "haine" ou "non approbation" d'une autre communauté. La moitié des répondants au questionnaire discute de leur appartenance ou du moins leur intérêt pour une communauté autour d'eux à leurs proches, amis ou connaissances, alors que l'autre moitié le garde secret. Il serait intéressant de creuser sur cette autre moitié silencieuse. Pourquoi en faire un secret ? Manque d'occasion ? Peur du rejet des autres, du jugement, d'être catégorisé ? Peur de créer des débats ? Peur d'abîmer son image ? On pourrait alors se demander comment les bulles de filtre conditionne l'image que l'on à de nous même et celle que l'on renvoie sur les autres ? Les réponses à la dernière question sont à prendre avec du recul, mais il est intéressant de voir qu'une grande partie d'entre eux seraient prêt à suivre le compte de leur équipe, à repartager leur publication, ou à essayer de convaincre les autres de rejoindre leur équipe. Leur niveau d'engagement est plutôt élevé.

Je m'avance sans doute en disant qu'il semble exister un tabou ou du moins un flou autour du sentiment d'appartenance, comme si certains ne voulaient pas admettre faire partie d'une communauté ou de cette communauté. L'image des communautés n'est pas forcément flatteuse et reconnaître en faire partie peut dégrader l'image de soi même et l'image que les autres ont de nous.

En conclusion nous ne pouvons pas affirmer que les communautés se forment uniquement sur la construction d'un ennemi commun. Mais nous pouvons affirmer que beaucoup ressentent être contre d'autres communautés, souvent lorsqu'elles sont en désaccord avec les valeurs portées par la communauté soutenue. Nous pouvons donc dire que le sentiment d'appartenance chez la majorité est un mot qui ne semble pas adapté (à tous du moins) car trop puissant et connoté négativement. Cependant adhérer à une bulle de filtre peut mener à faire partie d'une communauté qui peut conduire à en mépriser d'autres selon le raisonnement "ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi" ici "ceux en désaccord avec les idées portées par la communauté sont contre elle."

Série de question #4 : questionner les attentes quant à une application ou service permettant de régénérer l'attention[modifier | modifier le wikicode]

  • Avez-vous déjà utilisé une application bien-être ?  (Applications pour la méditation, yoga, sons pour dormir, rappels pour boire de l'eau, etc.)
    • Oui, je le fais toujours
    • Oui, pour essayer, mais je n'en utilise plus
    • Non
  • Ces application renforcent-elles votre estime ? Et vous boostent-elles à poursuivre vos "efforts" ?
    • Oui ça m'aide à atteindre mes objectifs
    • Je m'en sers sans pression, de temps en temps
    • Non je me lasse vite et désinstalle
  • Seriez-vous intéressé par une application qui vous permettrez de rester attentif/concentré  lorsque vous avez une tâche importante à accomplir (devoir à rendre, compte rendu à rédiger, étudier, lire, etc.)
    • Oui
    • Non
  • Seriez-vous d'accord pour que cette application bloque vos notifications pendant une durée déterminée (comme l'application Forest par exemple)
    • Oui, ça m'aiderait à me concentrer sur ma tâche
    • Non, je préfère débloquer mon téléphone quand j'en ai envie
  • Cela vous aiderait si cette application renforçait vos efforts de concentration en vous gratifiant à chaque session de travail respecté ?
    • Oui
    • Non
  • Quelle pourrait-être cette gratification ?
    • Gratification personnelle, construire quelque chose progressivement (comme un jeu par exemple)
    • Gratification personnelle, une information de culture générale apparaitrait (ainsi vous apprendriez deux fois plus ;) )
    • Gratification "humanitaire", chaque session de travail aboutie  permettrait de récolter des dons pour une cause qui vous est chère
  • Une application qui jouerait avec le son ? Par exemple : une musique d'ambiance en  fond sonore de bibliothèque, de café, cheminée, nature, etc.
    • Oui, me concentrer avec "du bruit" n'est pas un problème
    • Non mais avec un bruit blanc c'est OK
    • Non, impossible pour moi de me concentrer sans un silence total

Confirmer ou infirmer les hypothèses d'après les réponses au questionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Confirmation/infirmation de l'hypothèse #3 d'après les réponses à la série de question #1[modifier | modifier le wikicode]

Cette hypothèse semble confirmée dans la mesure où :

  • 48% des individus interrogés utilisent moins leur téléphone lorsqu'ils sont en présence avec des proches. Le sentiment de solitude n'est pas exprimé puisque les interrogé.e.s sont avec des personnes qu'ils apprécient a priori. Le sentiment de solitude n'étant pas exprimé iels n'utilisent pas leur téléphone.
  • 43,9% des individus utilisent leur téléphone avec des inconnus contre 32,4% qui n'utilisent pas leur téléphone avec des inconnus. Le lien social n'est pas exprimé en présence d'inconnus, c'est alors le sentiment de solitude qui prend le dessus. Dans cette situation les individus utilisent leur téléphone.
  • 75% des individus considèrent que leur téléphone est un échappatoire dans un contexte social. Si pour 75% des individus le téléphone permet de s'échapper dans un contexte relationnel cela veut dire que la situation sociale n'est pas appréciée.


Cette hypothèse semble infirmée dans la mesure où :

  • 75% des individus ont une activité de groupe en dehors de leur activité principale. Cela signifie qu'un lien social est entretenu sur le temps libre.
  • De plus, 72,1% de ces personnes considèrent que le lien social y est très fort / fort.
  • Ainsi, le sentiment de solitude ne semble pas être présent en général dans le quotidien des individus interrogés. Ce qui infirme notre hypothèse.


Conclusion de l'analyse préliminaire et exploratoire des résultats :

  • L'hypothèse est confirmée
  • L'hypothèse est infirmée

Cependant, l'analyse n'est pas scientifique et reste majoritairement biaisée. En effet, pour confirmer l'hypothèse nous avons évalué le sentiment de solitude dans une situation ponctuelle dans un contexte social donné. Pour l'infirmer nous avons évalué le sentiment de solitude dans la vie en général, dans le quotidien des individus. Passer du conjoncturel au structurel n'est peut être pas la meilleure option pour ce genre d'analyse ?

Confirmation/infirmation de l'hypothèse #2 d'après les réponses à la série de question #2 :[modifier | modifier le wikicode]

Cette hypothèse semble confirmée dans la mesure où :

  • Les personnes interrogées se sentent inclus dans un groupe lorsqu'ils regardent le même contenu (64,4%). Cette inclusion est fortifiée par le partage de contenu (53,6%).


Cette hypothèse semble infirmée dans la mesure où :

  • Les personnes quittent l'application car ils ont une autre activité à faire (71,3%) et non pas car le contenu ne leur plaît plus.


Conclusion de l'analyse préliminaire et exploratoire des résultats :

  • Il est difficile de confirmer ou d'infirmer l'hypothèse car les questions posées sont trop vagues. Il aurait fallut cibler les personnes qui quittent les applications pour d'autres car le contenu proposé dans la première n'est plus intéressante.
  • On peut tout de même dire que les personnes qui sont dans un même groupe regardent le même contenu (partages...).

Comprendre les situations dans lesquelles les blocages ne sont pas ressentis grâce aux réponses à la série de question #3 :[modifier | modifier le wikicode]

Le 09/10/2021 Les utilisateurs se sentent en pleine possession de leur capital attentionnel dans :

  • la situation : Pratique d'un sport (pour 52% des personnes interrogées)
  • la situation : Le Travail (pour 37,1% des personnes interrogées)
  • La situation : Pratique de la musique et du chant (pour 33,7% des personnes interrogées)


D'un point de vue psychologique :

  • les effets de la situation : Pratique du Sport sont les suivants :
    • Impossibilité de faire autre chose en même temps : inhibe le côté multitâche
    • Passion
    • Défi, challenge, stimulant, engageant, atteignables
    • Sentiment de bien-être : physiologiquement, libération d'endorphines, modification des hormones.
    • Concentration maximale, perte de la notion du temps[1]
  • les effets de la situation : le Travail sont les suivants :
    • Objectif clair et spécifique
    • Concentré sur le moment présent
  • les effets de la situation : Pratique de la musique et du chant sont les suivants :
    • Passion
    • On ne ressent pas les besoins primaires. La fatigue et la faim sont inhibées.
    • Distorsion du temps, le temps est suspendu

Le flow est un concept décrit par le le psychologue hongrois : Mihaly Csikszentmihaly. L’état de flow est une totale immersion dans une activité ou une expérience. L’attention est totale et nous vivons pleinement l’instant. La notion du temps disparait, il est suspendu. On ne ressent pas non plus les besoins primaires. La fatigue et la faim sont inhibées. Les expériences de flow surviennent de manière différente selon les individus. Cela peut apparaitre lors de la pratique d’un sport, d'une activité artistique ou créative notamment lorsque l’on joue de la musique.

Nous pouvons donc en déduire que l'état de flow est atteignable lorsque les paramètres psychologiques suivants sont en place :

  • Avoir un objectif spécifique et précis qui développe une compétence
  • Être challengé par l'activité, être stimulé, à l'image d'un défi mais qui doit rester atteignable
  • Être passionné ce qui permet de se sentir bien, heureux et donc de lâcher prise en perdant la conscience de soi
  • Être capable de se concentrer très intensément et avoir une attention ciblée
  • Ne pas penser aux besoins physiques primaires
  • Avoir un retour immédiat sur l'investissement donné à cette activité
  • Perte de la notion du temps, distorsion du temps, intemporalité

Comprendre les attentes quant à une application ou service permettant de régénérer l'attention grâce aux réponses à la série de question #4 :[modifier | modifier le wikicode]


Attentes vis à vis d'une fonctionnalité focus mode :

Attentes vis à vis d'une fonctionnalité focus mode :

Seriez-vous d'accord pour que cette application bloque vos notifications pendant une durée déterminée (comme l'application Forest par exemple)

72,1% de OUI

  • D'après les résultats du questionnaire...

Au-delà du fait que les notifications attirent notre attention elles peuvent également être gênantes voire même agaçantes lorsque l’on cherche à exécuter une tâche, à se concentrer ou bien pour atteindre un état calme et posé. En effet, lorsque l’on reçoit une notification, on est pressé par celle-ci et par le besoin de l'ouvrir ou bien d’effectuer la tâche qu’elle nous demande.

“Ce travail de modelage des régimes d’attention et d’engagement, basé sur le design et l’usage des formats de notification, participe du développement d’une culture où l’entrée en relation souffre d’être opérée sur le mode de la sollicitation directe et de la sommation immédiate. “[2] - Christian Licoppe, sociologue des sciences français. Professeur de Sociologie des Technologies d'Information et de Communication à Telecom ParisTech.

“Elles arrivent les unes après les autres, émettent parfois un petit son désagréable et clignotent sur l’écran d’accueil de votre smartphone. (...) Elles vous pourrissent la vie et vous en redemandez.” [3]

- Marine Protais journaliste


Attentes vis à vis d'une fonctionnalité de gratification :

Ici, le but est de tenter de traduire les attentes des participants en ce qui concerne une potentielle gratification (suite à la réalisation d'une session complète de travail, grâce à l'application/service), ce qu’elle apporte individuellement et la nature de cette gratification.

  • D'après les résultats du questionnaire, nous pouvons dire que la majorité des participants sont stimulés dans leur travail par la gratification. Ce qui se comprend aisément, notamment lorsqu'on considère l'importance psychologique du facteur de récompense. Ce renforcement positif d'un comportement influe sur la persistance dans le temps de celui-ci.
  • Aussi nous pouvons estimer qu'une gratification humanitaire (à savoir : récolte de don pour une association caritative, à chaque session de travail aboutie) est le renforcement positif qui semble satisfaire le plus de participants.

Données et interprétations à moduler, du fait des biais de notre questionnaire (peu de participants, problèmes méthodologiques, etc.)


Questions et réponses qui simulent la question de la gratification dans notre questionnaire :

Pour la partie Design et Attention seulement 127 réponses sur 211.

Cela vous aiderait si cette application renforçait vos efforts de concentration en vous gratifiant à chaque session de travail respectée ?

  • 88,2 % OUI
  • 11,8% NON

Quelle pourrait-être cette gratification ?

  • 55,9 % gratification humanitaire
  • 28,3% gratification personnelle (construction jeu) basé sur le modèle de Forest
  • 15,7 % gratification culture générale


Articles et sources scientifiques sur la thématique :

  • Renforcement de l'attention chez des patients schizophrènes, grâce au façonnement.
    • Silverstein, S. M., Hatashita-Wong, M., Wilkniss, S., Lapasset, J. A., Solak, B., Uhlhaas, P., Landa, Y. & Starobin, H. (2004). Techniques pour améliorer l’attention et l’engagement dans le traitement des patients souffrant de schizophrénie avec de graves déficits cognitifs (troisième partie). Santé mentale au Québec, 29(2), 65–88. https://doi.org/10.7202/010832ar
  • Attention conçue comme prévenance dans les relations interpersonnelles
    • J.-M. Baleyte, S. Vannel, A.-M. Hennequin, Le soin, une éthique de l’attention ?, Éthique & Santé, Volume 14, Issue 4, 2017, Pages 194-199, ISSN 1765-4629, https://doi.org/10.1016/j.etiqe.2017.09.002.
  • pas compris mais ça m'a l'air intéressant :
  • L'action humanitaire : thérapie et/ou idéologie de la globalisation ? Bernard Hours
    • Hours, B. (2002). L'action humanitaire : thérapie et/ou idéologie de la globalisation ?. Sud/Nord, no<(sup> 17), 9-18. https://doi.org/10.3917/sn.017.0009


Attentes vis-à-vis de fonctionnalités sonores :

  • D'après les résultats du questionnaire, plusieurs personnes ont le sentiment d’être plus attentif, s’ils sont mené par un bruit de fond, sons d’ambiance. Ce phénomène s’explique par ce que provoque le son sur l’humain,  c’est ce qu’exprime les recherches d’Hervé Platel, chercheur en neuropsychologie à l’Université de Caen, “la musique qui nous plaît stimule les circuits de la récompense de notre cerveau”.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Forest, J. (2006). Vérification de l'effet de la passion et la satisfaction des besoins de base sur la performance, le bien-être psychologique, la détresse psychologique, l'état de flow et la vitalité subjective au travail.
  2. Christian Licoppe, « Pragmatique de la notification », Tracés, no  16, 2009-05-20, p. 77–98 (ISSN 1763-0061 et ISSN 1963-1812) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-11-16)]
  3. « Notification : comment les applis vous culpabilisent avec des alertes », sur L'ADN, (consulté le 16 novembre 2021)