Nationalismes et indépendances/En Afrique subsaharienne, une contestation d’abord locale

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Les Africains possédaient une multitude d’identités sociales. Ils appartenaient à des lignages, des clans, des villages, des villes, des chefferies, des groupes linguistiques, des États... sans qu’aucune ne prédomine véritablement. L’identité dépendait des situations. Et ces identités se recoupaient parfois, mais pas toujours : les gens qui parlaient la même langue pouvaient appartenir à différents clans ou obéir à des chefs différents dans des circonscriptions administratives différentes. L’ordre ordre social est complexe et fluide.

La colonisation accentua certaines de ces identités, au détriment d’autres, pour des raisons administratives.

Les Yoruba (Nigeria, Bénin, Ghana, Togo, Côte d'Ivoire), les Igbo (Nigeria), les Ewe (Ghana), ou encore les Shona (Zimbabwe) étaient un ensemble de dialectes plutôt qu’une langue homogène, bien avant d’être un groupe social.

Aussi, les migrations urbaines accentuent la conscience d’appartenance ethnique.

L’identité politique la plus opérationnelle en période coloniale est l’identité locale, fondée sur des affinités linguistiques. Elle est nourrie par la volonté des éduqués d’une région d’obtenir des fonds de l’État colonial pour construire des routes, des écoles, des dispensaires, etc.

Des associations locales à base ethnique se créent, ce sont les premières contestations visant la colonisation. Elles émanent des premières générations d’Africains éduqués dans les écoles missionnaires : instituteurs, secrétaires, religieux, fermiers (commerciaux), etc.

Il se crée alors des frictions entre associations d’éduqués et chefferies traditionnelles reconnues par l’État colonial.

La Kikuyu Central Association créée en 1927 Kenya est un bon exemple d’association très revendicative.


L’État colonial refuse de reconnaître des élites politiques autres que celles qu’il a nommés dans le cadre du gouvernement indirect, et ces associations locales sont souvent interdites, surveillées ou réprimées. C’est le cas par exemple au Nyasaland (Malawi) ou en Rhodesie du nord (Zambie).