Leçons de niveau 13

Mondialisation : processus, acteurs et territoires/Acteurs

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Chapitre no 3
Leçon : Mondialisation : processus, acteurs et territoires
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La mondialisation est issue d'un processus économique, politique et social dans lequel de nombreux acteurs entrent en jeu. Quels acteurs interviennent dans le phénomène de mondialisation ? Où sont-ils localisés ? À quelles logiques obéissent-ils ?

Opérateurs privés[modifier | modifier le wikicode]

l'entrée sud du canal de Suez : une infrastructure favorisant le commerce international creusée par la Compagnie de Suez, aujourd’hui GDF-Suez.

Les entreprises privées assurent la majorité de la production de services et de biens, leur transport, leur vente, ainsi que les prêts financiers liés. Comme ces activités sont touchées par la mondialisation, les entreprises du secteur privé sont des acteurs logiques du phénomène. Parmi ces entreprises se trouvent de grands groupes internationaux[1] mais aussi des myriades de sous-traitants.

Firmes transnationales[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'émergence de la libre circulation des différents flux, les entreprises investissent dans le monde, à la recherche par exemple de nouveaux débouchés ou de faibles coûts de production. Ces grands groupes s'implantant dans différents pays sont appelés firmes multinationales (FMN) ou firmes transnationales (FTN).

Les entreprises cherchent à rester compétitives au sein de la mondialisation. Les FTN en règle général conçoivent et innovent dans les pays du Nord, et produisent dans les pays du Sud. En répartissant tout ces éléments de l'entreprise à travers le monde, les FTN obéissent à la logique de la division internationale du travail. Les entreprises contribuent aussi à la mondialisation en investissant dans l'amélioration des transports, pour un gain de temps (par exemple le creusement du canal de Suez).

Une stratégie des grands groupes privés peut être de chercher à avoir le monopole d'une production précise pour éliminer la concurrence dans leurs secteurs : c’est ce qu'on appelle les « trusts », ou les conglomérats. Ces entreprises cherchent à avoir le monopole via deux processus économiques :

  • la concentration horizontale, qui est le rachat des entreprises du même secteur de production (exemple : contrôler tous les services de la vente, le secteur tertiaire) ;
  • la concentration verticale, soit la possession de toute la file de production (exemple : exploitation de la matière première, transformation de produit, vente).

La firme suédoise IKEA est un exemple de firme transnationale, produisant et vendant ses produits dans de nombreux pays : elle possède 332 magasins dans 38 États différents en 2011[2] (Ikea s'écrit איקאה en hébreu, 宜家家居[3] en mandarin et イケア[3] en japonais).

Exemple de Nike[modifier | modifier le wikicode]

Logo de la marque Nike : un exemple de firme multinationale.

Cette division internationale du travail peut être expliquée via l'exemple de la marque Nike (nom inspiré de Niké, la déesse grecque de la victoire), entreprise connue mondialement à travers sa vente de vêtements et de chaussures de sports. Si son siège social se situe à Beaverton (dans l’Oregon, au nord-ouest des États-Unis) et son centre technique et de développement à Saint-Louis (dans le Missouri, au milieu des États-Unis), toutes ses unités de production sont localisées en Asie du Sud-Est et le long du littoral chinois.

Ses ventes se répartissent sur l’ensemble du globe, mais avec des nuances. Nike engrange le plus de bénéfice aux États-Unis (4 658 millions de dollars) et en Europe (3 241 millions). Cependant, Nike vend aussi dans la zone Asie-Pacifique (1 358 millions) et sur le reste de l'Amérique (527 millions).

On peut donc en conclure que Nike est l'exemple type d'une FTN, concevant et innovant dans les pays du Nord, produisant ses marchandises dans les pays du Sud, mais vendant sur l’ensemble du globe.

Sous-traitants[modifier | modifier le wikicode]

La sous-traitance est un contrat par lequel une entreprise, demande à une autre entreprise, le « sous-traitant », de réaliser une partie de sa production ou des composants nécessaires à sa production. La généralisation de la sous-traitance a considérablement augmenté le nombre de salariés travaillant pour le compte d'autrui.

Pour revenir à l'exemple de l'entreprise Nike, celle-ci n'assure pas elle-même la production et la vente de ses modèles, laissant ces tâches à d'autres acteurs. Prenons l'exemple d'une chaussure vendue en Amérique à 80 dollars. Les entreprises sous-traitantes interviennent dans la production de la chaussure en :

  • récoltant la matière première (coût : 11 $) ;
  • payant la main d'œuvre (coût : 3 $), bénéfice de l'entreprise de production (1 $), autres dépenses (3 $) ;
  • en revendant la marchandise à travers la distribution : transport et stockage (38 $), taxe (1 $), bénéfice net de la grande distribution (2 $).

Le coût pour Nike monte à 17 $, avec les taxes à 1,5 $. Au total, Nike engrange 2,5 $ par chaussure vendu à 80 $ en Amérique.

À travers cet exemple, on peut donc constater que les entreprises sous-traitantes sont essentielles pour la production et la revente des marchandises. Nike achète auprès des entreprises de production, et revend leurs production à travers la grande distribution. Par conséquent, cette entreprise n’est pas la seule à intervenir dans le processus de production/vente de ses marchandises.

Acteurs publics[modifier | modifier le wikicode]

Le rôle des acteurs publics dans l’économie peut prendre des formes très variées : politiques économiques ; actions des collectivités locales en matière de développement économique ; aides de l’UE accordées aux régions ; actions des entreprises publiques ou d’autres établissements publics ou semi-publics (SEM, EPIC ou régies). La politique fiscale est l’instrument privilégié de l’État pour intervenir dans l’économie. Il englobe la régulation conjoncturelle (soutien à la croissance, incitation à l’épargne et à l’investissement, etc.) et l’orientation des structures économiques.

Groupements supra-nationaux[modifier | modifier le wikicode]

Carte des principales organisations internationales à vocation régionale.

Les Organismes supra-nationaux sont le regroupement d'organisations internationales, ayant des intérêts communs sur plusieurs domaines :

  • dans le domaine économique, comme le FMI ;
  • dans le domaine politique, comme l’ONU ;
  • dans le domaine militaire, comme l’OTAN.

Cependant, tous les États dans une même union ne sont pas forcément d'accord de manière univoque. On peut prendre l'exemple de l’intervention militaire de l'OTAN pendant la guerre civile libyenne, où tous les pays membres de l'OTAN ne sont pas intervenus. Ces organisations supranationales ont le plus souvent des moyens propres très limités, assurant en fait surtout la coordination, laissant les États comme principaux acteurs publics.
Article connexe : Miss Supranational

États[modifier | modifier le wikicode]

L'État regroupe l'administration centrale, soit les différents ministères et les directions d’administrations centrales, avec un gouvernement et un chef d'État à sa tête. L'État peut intervenir dans l'économie par sa politique budgétaire (choix de dépenses), sa politique fiscale, sa politique d'attraction des investissements étrangers, sa politique commerciale, sa politique de la concurrence, sa politique industrielle (financement de la recherche ou soutien à un secteur) et ses décisions législatives.

L'État peut, par exemple, défendre les intérêts communs de ses entreprises en augmentant les frais de douanes dans le but d'atténuer les écarts de prix entre les produits nationaux et les produits venant d'Asie (ces derniers étant souvent moins chers, et donc plus compétitifs sur le marché). Par exemple, les magnétoscopes venant du Japon étaient taxés pendant les années 1980 par les douanes, ce qui a permis aux magnétoscopes français d’être compétitifs pendant encore quelques années.

En France, il existe l'Institut national de la Consommation (INC), créé en 1967 et contrôlé par le ministre chargé de la consommation. L'INC est un établissement public à caractère industriel et commercial, à la disposition des consommateurs et des associations qui les défendent, avec un magazine mensuel appelé 60 millions de consommateurs, réalisé par des journalistes travaillant avec des ingénieurs, des juristes et des économistes.

Collectivités territoriales[modifier | modifier le wikicode]

Les États délèguent une partie de leurs pouvoirs à différents niveaux hiérarchisés d'entités administratives, dites collectivités territoriales. Pour la France il s'agit des communes, des départements et des régions. Ces collectivités ont un rôle économique, à travers des aides aux entreprises, des structures dédiées au développement économique (instituts de recherche) ou des infrastructures de transport (ports maritimes, aéroports internationaux). Leur influence comme acteurs de la mondialisation est notable tout particulièrement dans les États décentralisés tels que les États fédéraux (Brésil, Australie, Inde, Canada, États-Unis, Mexique, etc.). '(un peu compliqué, pas très clair)'

Membres de la société civile[modifier | modifier le wikicode]

Les acteurs de la mondialisation ne sont pas uniquement des grandes entreprises ou des institutions publiques : tout le corps civil est partie prenante.

Individus[modifier | modifier le wikicode]

L'individu fait des choix, en tant que consommateur ou en tant que producteur, qui en font un des acteurs de la mondialisation. On peut citer en exemple son choix d'acheter un produit qui vient de l'autre bout de la planète (d'une banane ayant poussé au Guatemala jusqu'à ses chaussettes tissées en Chine), de profiter d'un service (de la consultation de la hotline hébergée au Maroc jusqu'à ses vacances au Pérou) ou sa participation à un réseau social (par exemple la création d'un cours mis en ligne sous Wikiversité, consultable par n’importe quel francophone).

Associations et ONG[modifier | modifier le wikicode]

Les associations de consommateurs utilisent le plus souvent des journaux ou des sites internet dans le but de protéger le consommateur (sa santé, son pouvoir d'achat...). Ces associations comparent différents produits dans différents points de vente pour s'assurer de la bonne qualité de ces produits au meilleur prix de vente. Ces associations ont été créées en réponse à la mondialisation qui a créé une arrivée en masse sur les marchés de différentes marques pour les mêmes produits. Ces marques existent pour s'opposer à la concurrence de leurs adversaires. Elles cassent les prix en jouant parfois sur la qualité du produit : c’est là que ces associations interviennent pour prévenir les consommateurs que ces produits comportent des risques pour la santé. L'UFC - Que choisir, qui fait imprimer le mensuel Que choisir, en est un exemple.

Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG en français, NGO en anglais) sont aussi des acteurs notables de la mondialisation, chacun dans leur domaine spécifique, tels que Greenpeace, Médecins sans frontières, le WWF ou Amnesty International.

Débats publics[modifier | modifier le wikicode]


Des débats sans fin opposent les tenants et les opposants à la mondialisation dans tous les pays du monde. D'une part les défenseurs du phénomène avancent que la mondialisation réduit les inégalités internationales : en s'exportant les entreprises exportent avec elles leurs techniques et leurs connaissances qui contribuent au savoir et à l'alphabétisation des régions concernées. Les pays du Sud ont été les premiers bénéficiaires, surtout l'Asie qui devient un acteur incontournable de la mondialisation. Les firmes multinationales investissent à l'étranger et participent au développement des pays du Sud, apportant ainsi trois soutiens importants au développement : une source de financement stable (les firmes qui s'installent dans un pays suivent une logique d'investissement à long terme : les investissements représentent 60 % des flux financiers à destination des pays du Sud), un moyen de bénéficier de transferts technologiques et une ouverture des marchés du Nord aux exportations du Sud qui suivent les flux des filiales implantées à l'étranger[5].

D'un autre côté, les anti-mondialistes (ou alter-mondialistes) avancent que les inconvénients dominent, que ce soit pour les États, leurs habitants et le biens de l'Humanité en général. Selon eux, les entreprises remplacent les États en matière de décisions économiques : la recherche du profit passe avant la prise en compte des risques environnementaux (d'où l’opposition américaine au protocole de Kyoto pour rester compétitive vis-à-vis des puissances émergentes), politique (pression sur les gouvernements) ou sanitaire (exemple des OGM de Monsanto), sociale (chômage du aux délocalisations) ou culturels (perte d'identité ou de liberté d'expression des médias).

Pour plus de précision, voir l'annexe sur l’altermondialisme.


Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. anglais Global 500 sur http://money.cnn.com/ (liste des 500 plus puissantes entreprises mondiales, classées selon le chiffre d'affaires 2011).
  2. anglais Collins Lauren, « House Perfect: Is the IKEA ethos comfy or creepy? », The New Yorker, 3 octobre 2011
  3. 3,0 et 3,1 Si les caractères japonais, chinois et coréens ne s'affichent pas, consultez les pages w:Aide:Unicode et w:Wikipédia:Unicode/Test.
  4. Fatou Diome, Le ventre de l'Atlantique, Paris, éditions A. Carrière, 2003.
  5. Avantages et inconvénients sur http://www.patwo.com/.