Littérature de jeunesse en anglais : Walter Crane, La biche au bois/La chasse

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Chapitre 4 : La chasse
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Les deux autres ne perdirent pas une minute pour mener à bien leur projet. Longue-épine mit les plus riches habits de Désirée et, suivie de sa mère, s'achemina vers la ville et leurs hôtes. Le roi suivi de tous ses courtisans, vint à la rencontre de la fausse princesse. Mais en la voyant, il poussa un cri et fit un pas en arrière. – Que vois-je? dit-il. – Sire, dit la dame d'honneur en s'avançant fièrement, voici la princesse Désirée, voici les lettres du roi et de la reine ; voici également la cassette de pierreries dont ils me chargèrent en partant et que je remets aussi entre vos mains.
Le roi, écouta tristement ces paroles tandis que le prince, s'appuyant sur Bécafigue, s'approcha de Longue-épine, dont la laideur n'égalait que la beauté de Désirée. Frappé par la surprise. – Je suis trahi, s'écria-t-il. – Que voulez-vous dire mon seigneur ? lui demanda Longue-épine ; vous ne serez jamais déçu par votre nouvelle épouse. Le roi et le prince gardèrent le silence et remontèrent dans leurs carrosses ; un des gardes mit en croupe la fausse princesse derrière lui, la dame de compagnie subit le même sort ; elles furent menées en ville et enfermées dans un château. Prince Guerrier fut tellement accablé par le choc qu’il prit en horreur la vie de la cour et résolut de s'en aller en secret, et de chercher quelque retraite solitaire pour y passer le reste de sa triste vie. Il mit Bécafigue au courant de son plan, persuadé qu’il le suivrait au bout du monde. Il laissa une longue lettre pour le roi où il promettait de revenir dès que son deuil serait terminé. Pendant que tout le monde essayait de réconforter le roi, Bécafigue et le prince partirent à toute vitesse et, au bout de trois jours se retrouvèrent dans une grande forêt où le prince, toujours malade, descendit de cheval pendant que Bécafigue allait chercher des fruits pour se rafraîchir.
Nous avons quitté la biche dans le bois depuis longtemps. La fée tulipe, désolée de ses malheurs, avait guidé les pas de Giroflée à travers la forêt pour qu'elle puisse retrouver et réconforter la princesse. Giroflée était donc en train de chercher sa chère maîtresse quand la biche la reconnut, sauta un ruisseau et s'approcha d'elle pour la caresser sans fin. Giroflée observa la biche attentivement et ne put douter que ce soit sa chère princesse. Affectée par ses pleurs, la fée Tulipe apparut et Giroflée la supplia de redonner son apparence naturelle à Désirée. – Je ne peux mais je peux raccourcir la durée de la punition ; je peux également l'alléger en lui permettre de quitter son corps de biche, dès que le jour laisse place à la nuit ; mais chaque matin, à l'aube, elle doit redevenir biche et parcourir plaines et forêts comme les autres animaux.
– Suivez ce sentier, continua-t-elle, et vous atteindrez une petite cabane. Puis elle disparut. Giroflée suivit ses instruction et trouva une vieille femme assise sur le seuil de la porte, qui terminait un panier d'osier. Elle les conduisit dans une pièce où se trouvaient deux lits. Dès qu’il fit nuit, la biche redevint Désirée. Elle embrassa Giroflée et lui promit de la récompenser dès que sa punition serait terminée. La vieille femme frappa à la porte et leur donna des fruits. Puis elles se couchèrent, mais, dès que la lumière du jour apparut, Désirée redevint biche et se précipita dans les bois. Pendant ce temps, Bécafigue avait atteint la même cabane et demandé à la vieille de quoi manger pour son maître. Elle remplit un panier et leur offrit un abri pour la nuit, ce qu’ils acceptèrent.
Le prince eut du mal à dormir et dès que le jour se leva, il repartit dans la forêt. Or il advint qu’il vit passer une biche et lui envoya une flèche. C'était Désirée, que son amie Tulipe empêcha d’être touchée. Elle était très fatiguée, peu habituée à courir toute la journée. Le prince finit par la perdre de vue et, fatigué lui aussi, abandonna la poursuite.