Le Dernier Jour d'un condamné/Chapitre XIII, commentaire no 1/Plan du commentaire

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Chapitre XIII, commentaire no 1
de la leçon :
Le Dernier Jour d'un condamné


  1. Un tableau particulièrement réaliste
    1. Une description minutieuse
      • Vocabulaire concret et technique, caractérisations (adjectifs précis)
        • champ lexical du vếtement et du corps
      • Présentation exhaustive de l'univers carcéral
        • Effet documentaire renforcé par les détorts sur les carcans (l. 49-54)
          • présent de la vérité générale : « sont », « s'ouvre », « figurent »
          • phrases déclaratives longues et complexes
          • comparaison : « comme à point nommé », « comme une coquille de noix »
        • animation de la scène : verbes de mouvement (impression d'objectivité et de vérité) : « poussait », « claquiaent », « s'entrechoquaient »
    2. Une organisation très rationnelle de la scène
      • Précisions spatiales
        • Compléments circonstanciels du lieu (CCL) : « sur », « dans », « autour »
      • Structurations temporelles très marquées
        • Compléments circonstanciels du temps (CCT) : « jusqu'alors », « quand », « à père », « au moment », « après », « en clin d'œil »
      • Enchainement logique des faits
        • Connecteurs logiques (cause/conséquence) : « voilà que » (conséquence), « quand » (cause), « afin que » (conséquence), « et alors » (conséquence)
        • Phrases déclaratives (même l'imprévisible trouve une justification) : « Un incident inattendu vint, comme à point nommé, changer cette humiliation en torture. »
  2. Une mise en scène troublante
    1. Un spectacle fondé sur le voyeurisme
      • Mise en scène du personnel pénitentiaire
        • Rôle sans sujets humains (pas de noms)
      • Le public réagit émotionnellement
        • Champ lexical de la joie : « acclamations », « applaudissements », « excita », « enthousiasme »
      • Forçats acteurs malgré eux :
        • Négation exceptive : « ne […] que » (l. 41)
        • Champ lexical de la vision (regard inquisiteur, en particulier des « curieux » dans le sens péjoratif, c'est-à-dire l'indiscrétion) : « remarquer », « voyait », « voir », « image »
    2. Une pantomime grotesque et pathétique
      • Réduits à leurs corps (une présentation animale et sauvage) :
        • Champ lexical du costume : « chapeau tressé », « avait un visage d'une jeune fille »
        • Comparaison animale : « avec l'agilité d'un serpent »
        • Voix animale : « hurlant », « bruyantes bravades », « cris grêles » (« cris » est un polysémie, soit l'intensité de la voix humaine soit la parole des animaux)
      • Mauvais jeu
        • Oxymore : « modestie fière »
        • Vocabulaire de fausseté : « alleguer », « excuse », « prétendue »
        • Antithèse : « châtiment horrible à une fête de famille »*
        • Gestuelle excessive en italique « dans le programme » (« programme » est un terme théâtral)
      • Absence d'efficacité
        • Allitération : « bruyantes bravades » (rire des forçats associé à des idées péjoratives)
  3. La dénonciation de l'inhumanité de la justice
    1. La témoignage engagé d'un condamné
      • Recherche du pathétique
        • Imparfait duratif : « c'était pitié de »
        • Subjonctif plus-que-parfait (irréel du passé) : « eût été »
        • Présent de narration : « chaque marteau […] fait rebondir »
        • Vocabulaire traduisant l'indignation (registre polémique) : « tartuffe », « affreux », « terreur », « effrayant », « armés [avec des masses de fer] » (évocation de violence), « patient » (patio ou souffrir), « dernière des misères » (hyperbole)
        • Rarété des pronoms personnels à la 1ere personne (pas impliqué, objectivité, dénonciation) : « je » (avec des verbes au conditionnel)
    2. La déshumination des forçats
      • Le déreglement de l’activité humaine
        • La folie : « mettre le feu »
        • Antithèse (loin d'être stable) : « acclamations furibondes »
        • Outils temporels (structurer la scène) : « tout à coup », « tantôt », « par intervalle », « cadence », « pris »
        • L'instabilité du comportement humain : « mystérieuses »
      • La perte d'identité
        • Termes généralisants ou indéfinis : « les forçats », « quelqu'uns », « on », « un », « surtout », « les galériens », « tous », « le crime la narguait en face » (le crime étant les criminelles, une abstraction ou conceptualisation), « le grelottement des chaînes » (hypallage)
      • Interprétation symbolique
        • Vocabulaire de la chute (le diable était un ange qui a tombé des cieux) et la dégradation morale : « déschargea », « sombres », « sabbat »