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Introduction aux textes sacrés du judaïsme/Étude du livre de Bereshit (La Genèse)

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Étude du livre de Bereshit (La Genèse)
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Chapitre no 2
Leçon : Introduction aux textes sacrés du judaïsme
Chap. préc. :Présentation élémentaire des textes sacrés
Chap. suiv. :Étude du livre de Shemot (L’Exode)
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Le Livre de Bereshit (du premier mot du texte hébreu, בראשית, que l'on pourrait traduire littéralement par "En-Tête"), est le premier livre de la Torah, de la Bible Hébraïque, et même de la Bible dans les corpus chrétiens (qu'ils soient catholiques, protestants, etc). En cela, et également grâce à son contenu, il est le livre le plus connu de la Bible. Il est essentiellement à visée historique, c’est à dire qu'il raconte des histoires, des récits, et n’énoncent quasiment aucun précepte de loi.

Le mythe des origines[modifier | modifier le wikicode]

Cosmologie[modifier | modifier le wikicode]

Le récit biblique est particulier en ce qu'il propose deux récits différents, qui peuvent sembler contradictoires, de la création des hommes. Le premier de ses récits s'insère dans un récit à portée plus vaste, puisqu'il s'agit du récit de la création de l'Univers tout entier.

Dans ce récit, l'Univers post-création est décrit comme "tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l'abîme" (I,2) . Lors du premier jour de la création, Dieu crée, par la force de sa parole, la lumière ("Elohîms dit "Une lumière sera" et c'est une lumière" (I, 3)), et sépare la lumière des ténèbres, les nommant respectivement "Jour" et "Nuit". Lors du second jour de la création, Dieu crée, toujours grâce à la force de sa parole, "un plafond au milieu des eaux [...] pour séparer entre les eaux et entre les eaux" (I, 6), plafond qu'il nomme "Ciels". Lors du troisième jour, Dieu sépare la Terre d'entre les mers, place du gazon sur la terre, ainsi que de l'"herbe semant semence, arbre-fruit faisant fruit pour son espèce" (I, 11). Lors du quatrième jour, Dieu crée "des lustres [...] au plafon des ciels" (I,14), parmi lesquels le Soleil "pour le gouvernement du jour" (I, 16) et la Lune "pour le gouvernement de la nuit". Lors du cinquième jour, Dieu crée les êtres marins et es volatiles, et leur accorde sa bénédiction : "Fructifiez, multipliez, emplissez les eaux dans les mers". Enfin, lors du sixième jour, Dieu crée les êtres vivants terrestres, parmi lesquels "Adam - le Glébeux" (I, 26), créé à l'image de Dieu, à sa ressemblance. Dieu crée "mâle et femelle", et donne tous les produits de la terre et tout animal à l'Homme.

L'homme sur la Terre[modifier | modifier le wikicode]

Le second récit biblique de la création des hommes s'insère à la suite de la création de l'Univers et de la Terre décrit dans le récit cosmologique précédent.

En effet, ce récit s'ouvre sur une description du septième jour : Dieu "chôme, le jour septième, de tout son ouvrage qu'il avait fait" (II, 2), et "bénit le jour septième" (II, 3). Toutefois, la Terre en ce septième jour est décrite comme une terre aride, presque morte : "Tout buisson du champ n'était pas encore en terre, toue herbe du champ n'avait pas encore germé". Pour pallier ce problème, Dieu "forme le glébeux, Adâm, poussière de la glèbe" (II, 7) et "insuffle en ses marines haleine de vie" (II, 7). À partir de là, Dieu place en un lieu appelé Ẻden un jardin où la végétation se développe. Dieu place quatre fleuves en Ẻden : Pishôn "qui contourne la terre de Havila, là où est l'or" (II, 11) ; Guihôn "qui contourne toute la terre de Kush" (II, 13) ; Hidèqèl "qui va au levant d'Ashur" (II, 14). Le glébeux est placé dans le jardin d'Ẻden. Dieu donne au glébeux le droit de consommer de tout fruit de tout arbre, à l'exception des fruits de l'arbre "de la pénétration du bien et du mal" (II, 17). Dieu dit alors "Il n'est pas bien pour le glébeux d'être seul ! Je ferai une aide contre lui." (II, 18). Dieu présente alors à Adâm tous les êtres vivants de la Terre afin qu'Adâm les nomme. Adâm nomme tous les animaux, "pour toute bête, pour tout volatile des ciels, pour tout animal du champ" (II, 20), mais parmi tout ces êtres, n'a pas trouvé d'aide contre lui. Dieu fait alors tomber "une torpeur sur le glébeux" (II, 21). Pendant que le glébeux dort, Dieu prend une de ses côtes, la recouvre de chair et en forme une femme, et cette femme est "l'aide contre lui" que Dieu recherchait pour le glébeux. Dans le jardin d'Ẻden, l'homme et la femme sont nus, mais "ils n'en blêmissaient pas" (II, 25).

Le serpent et la chute[modifier | modifier le wikicode]

Le second récit biblique de la création de l'homme, qui s'était achevé sur une note d'insouciance et d'innocence (les hommes n'avaient pas honte d'être nus), est suivi par un récit sombre, celui de la chute de l'homme et de la femme.

Le serpent s'approche de la femme, et lui demande s'il est vrai que Dieu lui a interdit de manger de tout fruit des arbres du jardin d'Ẻden, ce à quoi la femme répond : "Nous mangerons les fruits des arbres du jardin, mais du fruit de l'arbre au milieu du jardin, Elohîms a dit : "Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, afin de ne pas mourir"" (III, 3), ce à quoi le serpent explique qu'en vérité ils peuvent en manger, qu'ils ne mourront pas, qu'ils "[seront] comme Elohîms, pénétrant le bien et le mal" (III, 5). La femme prend alors un fruit de cet arbre, en mange, et en donne au glébeux. Alors "les yeux des deux se dessillent" (III, 7). Comprenant notamment qu'ils sont nus, ils se font des vêtements. Entendant la voix de Dieu, "le glébeux et la femme se cachent" (III, 8). Dieu demande alors au glébeux pourquoi il se cache, ce à quoi le glébeux répond qu'il se cache parce qu'il est nu. Dieu lui demande alors comment il sait qu'il est nu, et demande également s'il a mangé du fruit de l'arbre interdit. Le glébeux répond alors : "La femme qu'avec moi tu as donnée m'a donné de l'arbre, elle, et j'ai mangé" (III, 12). Dieu demande alors des explications à la femme, qui lui répond "Le serpent m'a abusée et j'ai mangé" (III, 13). Dieu décide alors de punir le serpent, le condamnant à "[aller] sur son abdomen et [manger] de la poussière tous les jours de [sa vie]" (III, 14). Il crée également une adversité entre le serpent et l'humain : "[L'humain], il visera la tête [du serpent] et [le serpent] lui viser[a] le talon" (III, 15). La punition imposée à la femme est d'accoucher avec douleur, la punition imposée à l'homme est de ne pouvoir manger des produits de la terre que grâce à un travail difficile, "à la sueur de [ses] narines" (III, 19). Le glébeux donne alors un nom à sa femme : Hava (vivante). Dieu donne ensuite des vêtements de peau au glébeux et à sa femme, et, de peur que le glébeux ne mange du fruit de l'arbre de la vie, il "le renvoie du jardin d'Ẻden" (III, 23) et place en gardien du jardin d'Ẻden les "Keroubims" (III, 24), des êtres qui n'ont jusque là jamais été présenté, "pour garder la route de l'arbre de vie" (III, 24).

Caïn et Hèbèl[modifier | modifier le wikicode]

Le récit qui suit est le récit des enfants d'Adâm et Hava. Ce récit est lui aussi sombre car il narre un fratricide.

Adâm et Hava ont ensuite deux enfants, Caïn et Hèbèl. Caïn, "serviteur de glèbe" (IV, 2), et Hèbèl, "pâtre d'ovins" (IV, 2), font tous deux des offrandes à Dieu. Caïn offre "des fruits de la glèbe" (IV, 3) et Hèbel offre "des aînés de ses ovins et leur graisse". L'offrande d'Hèbèl plaît à Dieu, mais pas celle de Caïn. Empli de jalousie, Caïn va alors voir son frère, au champ, et "se lève contre Hèbèl, son frère, et le tue" (IV, 8). À la suite de cela, Dieu demande à Caïn où est son frère, ce à quoi Caïn répond : "Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère, moi-même ?". Mais Dieu lui rétorque qu'il sait qu'il a tué son frère, et que sa punition est d'être "honni" (IV, 11) et d'être "sur la terre mouvant, errant" (IV, 12). Toutefois, Dieu promet à Caïn de le protéger dans son errance, et d'empêcher quiconque de le tuer. Caïn s'en va alors et arrive " terre de Nod au levant d'Édèn", où sa femme (qui n'est jamais nommée) enfante un garçon, "Hanokh" (IV, 17). Caïn bâtit alors une ville, qu'il nomme "comme le nom de son fils : Hanokh" (IV, 17). La suite du récit est purement généalogique :

  • D'Hanokh, un enfant est né, Irad.
  • D'Irad nait Mehuyaèl et de Mehuyaèl nait Mehushaèl
  • De Mehushaèl nait Lemekh
  • Lèmèkh choisit deux femmes : 'Ada et Sila. D'Ada, nait Iabal, "père de qui habite la tente et le cheptel" (IV, 20) et Ioubal, "père de tout saisisseur de lyre et de viole". De Sila nait Toubal-Caïn, "marteleur de tout, artisan du bronze et du fer" et Naama, sa sœur. Lèmèkh avoue à ses femmes avoir tuer "un homme pour ma blessure, un enfant pour ma plaie" (IV, 23), et se considère encore plus coupable que Caïn : là où, selon Lèmèkh, "Caïn subira vengeance sept fois" (IV, 24), Lèmèkh la subira "soixante-dix et sept" (IV, 24) fois.

Il est ensuite dit qu'Adâm et Hava ont eu un autre fils, Shèt, qui lui même donnera naissance à Énosh. C'est en cette période que "le nom de IHVH commençait à être crié" (IV, 26).

Bilan généalogique[modifier | modifier le wikicode]

À partir de là, le récit biblique fait un bilan de l'humanité, en en dressant un tableau généalogique, et en partant d'Adâm.

  • Adâm vit cent-trente ans et donne naissance à Shèt, puis il vit huit cent ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 3)
  • Shèt vit cent cinq ans et donne naissance à Énosh, puis il vit huit cent sept ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 7)
  • Énosh vit quatre-vingt dix ans et donne naissance à Qeînan, puis il vit huit cent quinze ans et "fait enfant filles et filles" (V, 10)
  • Qeînan vit soixante-dix ans et donne naissance à Mahalelel, puis il vit huit cent quarante ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 13)
  • Mahalelel vit soixante-cinq ans et donne naissance à Ièrèd, puis il vit huit cent trente ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 16)
  • Ièrèd vit cent soixante-deux ans et donne naissance à Hanokh, puis il vit huit cents ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 19)
  • Hanokh vit soixante-cinq ans et donne naissance à Metushèlah, puis il vit trois cents ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 22)
  • Metushèlah vit cent quatre-vingt-sept ans et donne naissance à Lèmèkh, puis il vit sept cent quatre vingt deux ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 26)
  • Lèmèkh vit cent quatre-vingt deux ans et donne naissance à Noa'h, nommé ainsi car son nom signifie "Celui-ci nous réconfortera de notre fait et de la peine de nos mains" (V, 29), puis il vit cinq cent quatre vingt quinze ans et "fait enfanter fils et filles" (V, 30)
  • Noah, agé de cinq cent ans a trois fils : Shèm Ham et Iaphèt.

L'arche de Noah[modifier | modifier le wikicode]

Le déluge[modifier | modifier le wikicode]

Le récit qui va suivre, celui de l'arche Noah, peut être vue comme le récit d'un nouveau départ pour l'humanité, après que celle-ci est devenue mauvaise, méprisant Dieu et les hommes.

Le récit de la décadence de l'homme et de l'arche de Noah commence de façon assez mystérieuse : on nous explique que "quand le glébeux commence à se multiplier sur les faces de la glèbe, des filles leur sont enfantées" (VI, 1) et que "les fils des Elohîms voient les filles du glébeux : oui, elles sont bien" (VI, 2). Dieu choisit alors de réduire les jours du glébeux à cent-vingt ans, et il est expliqué que les Nephilims (êtres mystérieux qui n'ont jamais été introduit avant) "sont sur Terre en ces jours et même après" (VI, 4), que ce sont "les héros de la pérennité, les hommes du Nom" (VI, 4). Après ces évènements, Dieu se rend compte que l'homme est devenu mauvais, et souhaite l'effacer "des faces de la glèbe (VI, 7). Toutefois, Dieu décide d'épargner Noah et sa famille, car "Noah est un homme juste, intègre" (VI, 9). Dieu demande à Noah de se créer "une caisse en bois de cyprès" (VI, 14), et d'y placer "[lui], [ses] enfants, [sa] femme, les femmes de [ses] fils" (VI, 18) ainsi qu'un couple de chaque espèce animale. Dieu annonce alors qu'il fera "pleuvoir sur la Terre quarante jours et quarante nuits" (VII, 4) afin d'éliminer tous les êtres de la Terre. Et ce qui devait arriver arriva, "le déluge, quarante jours sur la Terre" (VII, 17). Ainsi, les eaux "recouvrent toutes les hautes montagnes, sous tous les ciels" (VII, 19).

La sortie de l'arche[modifier | modifier le wikicode]

Puis "Elohims se souvient de Noah" (VIII, 1) et fait baisser le niveau des eaux. Au bout de quarante jours, Noah envoie un corbeau en dehors de l'arche, mais celui-ci revient vers Noah. Puis, Noah envoie une palombe afin de savoir si le niveau des eaux a suffisamment baisser mais, la colombe ne trouvant pas "de repos pour la plante de sa patte" (VIII, 9), revient vers Noah. Au bout de sept jours, Noah envoie à nouveau une palombe, qui revient cette fois-ci avec dans "une feuille fraîche d'olivier dans son bec" (VIII, 11). Noah comprend alors que le niveau des eaux a drastiquement baissé. Il attend sept jours, et envoie à nouveau une palombe, qui ne revient plus. Dieu dit alors à Noah : "Sors de la caisse, toi, ta femme, tes fils, les femmes de tes fils avec toi, tout vivant qui est avec toi, toute chair, volatile, bête, tout reptile rampant sur la terre, fais-les sortir avec toi. Qu'ils foisonnent sur la Terre, qu'ils fructifient, et se multiplient sur la Terre" (VIII, 16-17). Dieu se décide alors à ne plus jamais détruire la Terre à cause des hommes, car "la formation du cœur du glébeux est un mal dès sa jeunesse" (VIII, 21). Dieu accorde alors sa bénédiction à Noah et à toute sa famille, leur ordonnant de "Fructifi[er], multipli[er] et rempl[ir] la Terre" (IX, 1). Il leur donne tout animal vivant sur la Terre, en leur interdisant toutefois de manger de la chair d'un animal encore vivant.

La colère de Noah[modifier | modifier le wikicode]

Après ce récit optimiste et annonciateur d'un nouveau départ pour l'humanité, un court épisode un peu plus sombre est narré. Il y est fait question de Noah et de ses trois fils, Shem, Ham et Ièphèt. Noah, de retour sur la Terre, plante une vigne et s'enivre de vin. Saoul, il se retrouve nu dans sa tente et son fils Ham s'aperçoit de sa nudité et "voit le sexe de son père" (IX, 22). Avec l'aide de ses deux frères, il rhabille son père d'une tunique. Lui et ses frères vont "en arrière et recouvrent le sexe de leur père. Leurs faces en arrière, le sexe de leur père, ils ne le voient pas) (IX, 23). Une fois sorti de sa torpeur, Noah comprend que son fils Ham l'a vu nu, et, dans sa colère, énonce une malédiction, souhaitant que "Kena'ân [soit] honni". et qu'il "[soit] pour ses frères un serviteur de serviteurs".

Généalogies[modifier | modifier le wikicode]

Le texte biblique s'ensuit par une suite de généalogies. Ainsi :

  • Noah eut trois fils, "Shem, Hâm et Ièphet" (X, 1).
  • Ièphet eut pour fils "Gomèr, Magog, Madaï, Iavân, Toubal, Mèshèkh et Tiras" (X, 2)
  • Gomèr eut pour fils "Ashkenaz, Riphat et Togarma" (X, 3)
  • Iâvan eut pour fils "Èlisha, Tarshish, Kitîm et Dodanîm" (X, 4)
  • "De ceux-là se sont séparées les îles des nations, en leurs terres, l’homme pour sa langue, pour leurs clans, en leurs nations" (X, 5)
  • Hâm eut pour fils "Koush, Misraîm, Pout et Kena‘ân" (X, 6)
  • Koush eut pour fils "Seba, Havila, Sabta, Ra‘ma et Sabtekha" (X, 7)
  • Ra'ma eut pour fils "Sheba et Dedân" (X, 7)
  • Koush fit également enfanter Nimrod, qui fut un héros de chasse et dont le texte biblique donne un proverbe : "Tel Nimrod, héros de chasse, face à IHVH" (X, 9)
  • Nimrod eut pour descendant "Babèl, Èrèkh, Akad et Kalné, en terre de Shin'ar" (X, 10)

La Tour de Babel[modifier | modifier le wikicode]

Le récit biblique enchaîne ensuite, sans aucune forme de transition, sur l'épisode de la tour de Babel.

Le récit d'Avram/Avraham[modifier | modifier le wikicode]

Le récit de Yisthak[modifier | modifier le wikicode]

Le récit de Yaakov[modifier | modifier le wikicode]

Le récit de Yosseph[modifier | modifier le wikicode]