Aller au contenu

Intercompréhension/Intercompréhension comme pratique communicative

Une page de Wikiversité, la communauté pédagogique libre.


Début de la boite de navigation du chapitre
Intercompréhension comme pratique communicative
Icône de la faculté
Chapitre no 2
Leçon : Intercompréhension
Chap. préc. :Activité initiale
Chap. suiv. :Intercompréhension comme compétence
fin de la boite de navigation du chapitre
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Intercompréhension : Intercompréhension comme pratique communicative
Intercompréhension/Intercompréhension comme pratique communicative
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.

En tant que pratique communicative, l'intercompréhension est un processus naturel et largement répandu qui se caractérise par le fait que les partenaires de communication utilisent des langues différentes tout en comprenant la langue de l’autre.

Une Europe de polyglottes n’est pas une Europe de personnes qui parlent couramment beaucoup de langues, mais, dans la meilleure des hypothèses, de personnes qui peuvent se rencontrer en parlant chacune sa propre langue et en comprenant celle de l’autre, mais qui, ne sachant pourtant pas parler celle-ci de façon courante, en la comprenant, même péniblement, comprendraient le « génie », l’univers culturel que chacun exprime en parlant la langue de ses ancêtres et de sa tradition.[1]

En fait, cette forme de communication a une longue tradition. Un exemple souvent cité est l’intercompréhension germanique dans les pays scandinaves entre les locuteurs du danois, du suédois et du norvégien, c’est-à-dire des langues scandinaves continentales (cf. Börestam Uhlmann, 2005 ; Braunmüller, 2006 ; Delsing, 2007). L'exemple suivant illustre les similitudes entre ces langues en prenant pour exemple la question Comment t’appelles-tu ? :

*suédois: Vad heter du?

*norvégien: Hva heter du?

*danois: Hvad hedder du?

D'autres exemples de familles linguistiques dans lesquelles l’intercompréhension est pratiquée sont, entre autres, les langues romanes (espagnol, portugais, français, italien, roumain, catalan, etc.), les langues slaves (russe, ukrainien, polonais, tchèque, slovaque, slovène, croate, serbe, bulgare, etc.), les langues bantoues (groupe de langues parlées dans la moitié sud de l’Afrique) et les langues du Nord de l’Inde (cf. Delsing, 2007, p. 231).

Au-delà de son ancrage historique et de ses exemples empiriques, l’intercompréhension mérite d’être envisagée non seulement comme une pratique spontanée entre locuteurs de langues apparentées, mais également comme une compétence communicative, pouvant être développée, enseignée et mobilisée dans des contextes plurilingues. Cette perspective ouvre de nouvelles pistes pour la didactique des langues et pour la promotion d’une communication plus inclusive.

  1. Eco, Umberto (1994). La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne. Seuil.