Inclusion langagière/Définition et histoire du concept
La notion d’inclusion langagière s’est peu à peu imposée dans le champ de la didactique des langues et plus largement dans le champ des sciences de l’éducation : d’abord, dans la lignée des travaux menés par Eddy Roulet dans les années 1980 qui invitent les enseignants à faire des liens étroits entre les langues maternelles des élèves et les langues apprises à l’école, puis dans la mouvance des travaux portés par le conseil de l’Europe sur le développement des compétences plurilingues, dans les années 2000.
Si le concept d’inclusion linguistique se focalise sur la reconnaissance de la pluralité des langues au sein de la société (et in fine, au sein de l’espace scolaire), le concept d’inclusion langagière prend en compte, de manière plus vaste, les spécificités inhérentes aux pratiques de communication des individus : lorsqu’ils emploient divers registres de langues, ont recours à des formes de variations sociales et régionales, et font usage d’autres langues au fil des échanges. Ainsi, l’inclusion langagière s’intéresse à la manière dont les locuteurs/scripteurs combinent leurs différentes ressources et compétences linguistiques pour interagir, à l’oral et à l’écrit.
En matière d’éducation, cette approche se propose de valoriser la diversité des connaissances linguistiques et compétences langagières des apprenants plutôt que de limiter les interactions en classe à un seul modèle de référence : la communication exclusive en langue de scolarisation. En somme, l’inclusion langagière cherche à rendre l’apprentissage plus équitable et enrichissant : elle offre à tous les apprenants, qu’ils soient natifs ou allophones, une ouverture vers la diversité linguistique et culturelle.

