Leçons de niveau 11

Genres et formes de l'argumentation : dix-septième siècle et dix-huitième siècle/Annexe/Le contexte historique et social au siècle de Louis XIV

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Le contexte historique et social au siècle de Louis XIV
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Annexe 1
Leçon : Genres et formes de l'argumentation : dix-septième siècle et dix-huitième siècle

Cette annexe est de niveau 11.


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Démographie du monde paysan[modifier | modifier le wikicode]

  • La France de Louis XIV compte 21 millions d’habitants.
  • 85 % de la population est rurale, campagnarde.
  • Moins de la moitié parle le français, le reste le patois ou les divers dialectes locaux.
  • Famille nombreuse (8-9 enfants) mais forte mortalité infantile : 50 % des enfants meurent avant l'âge adulte !
  • L’espérance de vie ne dépasse pas 25 ans en moyenne dans ses populations !
  • La femme travaille non seulement au foyer et au jardin familial, mais aide aussi son mari dans les champs.
  • Dès 8 ou 10 ans, les enfants travaillent dur.

Logement et habillement[modifier | modifier le wikicode]

  • Chaumière de pierre ou de torchis (terre et fibres végétales), couverte de roseaux (tanière).
  • A l’intérieur, une seule pièce, chauffée par une cheminée, communique avec l’étable. Le sol est de terre battue.
  • Mobilier simple : une table, deux bancs, une couchette en bois avec un grossier matelas de paille où l’on dort à plusieurs, des couvertures, pas toujours de draps ni de couettes ; deux ou trois coffres pour la nourriture et les vêtements rares, usés, rapiécés, rarement lavés.
  • Vaisselle limitée : marmites, pots de terre ou de fonte, assiettes, écuelles de bois ou de terre, couteaux (il n’y a pas de fourchettes)
  • Autour de chaumière s’étendent la cour, avec ses volailles et son tas de fumier, la mare et un lopin de terre, avec des cultures de choux, de fèves et quelques arbres fruitiers.

Alimentation des jours ordinaires : du pain et de la soupe ![modifier | modifier le wikicode]

L’écrasante majorité des paysans se nourrit avant tout de pain et de soupe, le premier étant souvent trempé dans la seconde.

La soupe est longuement bouillie dans le pot de terre ou de fer accroché à la crémaillère ; elle est constituée d’herbes ou de racines, de fèves ou de pois, de choux ou de raves, sur laquelle parfois nage un petit morceau de lard rance – l’essentiel des récoltes, les carottes, les navets, les œufs, les poulets, les beurres et fromages sont vendus pour payer les impôts divers. Dès la première moitié du siècle, la bouillie de maïs (plante récemment apportée de l’Amérique) la complète tandis la pomme de terre fait l’objet de résistances stériles. L’Eglise ne l’appelle-t-elle pas « la plante du diable », rapport au fait qu’elle pousse sous terre ?

Le pain apporte l’essentiel des calories. Il est élaboré à partir de farine complète de seigle, de froment ou sarrasin, plus rarement de blé, d’où sa couleur sombre, voire noire. Un homme mange environ trois livres et plus par jour de pain de manière à supporter sa journée de travail ; la femme un peu moins, chaque enfant une livre. Les aisés peuvent le produire chez eux tandis que la plupart le cuisent au four communal ou seigneurial (bien sur payant). Au final, cet aliment pouvait absorber jusqu’à la moitié des dépenses annuelles d’une famille !

L’eau le plus souvent croupie, source de fièvres et de dysenteries, accompagne ce repas. Le vin est rare sur les tables des plus pauvres et souvent dilué chez les autres, « mettre de l’eau dans son vin ».

Le repas s'arrête là : il n’y a ni fromage, hormis dans les pays de montagne, ni dessert sinon de mauvais fruits invendus, des châtaignes, noix ou noisettes à la saison ou un rayon de miel.

Les « extras » : la viande est fort rare, sauf aux grandes fêtes, et la poule au pot dominicale reste un rêve inaccessible pour beaucoup. Dans le sud, on ajoute un peu d’huile, sur les bords de mer quelques crustacés, coquillages et petits poissons. Le braconnage en rivière ou dans les bois permet aussi d’améliorer l’ordinaire d’un lapin de garenne ou d’un goujon argenté mais il n’est pas sans danger !

Se nourrir en temps de crise[modifier | modifier le wikicode]

Si la vie du paysan n’est déjà pas facile en temps normal, elle peut facilement et rapidement devenir dramatique à la moindre crise.

Les famines dues aux intempéries sont nombreuses et leurs conséquences dramatiques. Selon les historiens de l’époque, la France a connu 11 famines au XVIIème siècle. Les plus terribles se produisirent dans la seconde moitié du siècle :

  1. En 1661 et 1662, des récoltes médiocres font flamber les prix. Il en résulte des déplacements de population dus à la famine et des épidémies qui ravagent les régions d’un grand quart nord-ouest de la France.
  2. Entre 1692 et 1694, le scénario est encore pire. A la suite d’un hiver 1692 très froid (puis 1694) et d’un printemps très pluvieux (1693), les récoltes sont mauvaises et les prix flambent. La famine puis une épidémie du typhus auraient fait passer la France de 22,25 à 20,75 millions d’habitants soit une perte totale le pays n’avait connu une telle mortalité due à la conjonction de la famine et des épidémies qu’elle développe.

Les épidémies – pertes (surtout dans la première moitié du siècle), variole (dès 1614), typhus, fièvres mal identifiées… – ne sont pas rares et elles déciment facilement des populations affaiblis par la faim et un travail épuisant.

Les nombreuses et longues guerres menées par le Roi rendent aussi la vie des paysans plus difficiles. Dans les régions frontalières (notamment au nord et à l’est), on redoute le passage des troupes, amies ou ennemies, qui, mal payées, affamées, se livrent à des pillages, des viols et des violences. Dans les temps plus calmes, il n’est pas rare que les paysans aient à loger et nourrir un homme de troupe ce qui augmente évidemment leurs dépenses. Enfin, à partir de 1688, des hommes du peuple de 20 à 40 ans sont tirés au sort et incorporés de force à l’armée.

Les impôts existent pour financer les fortes dépenses militaires de Louis XIV, les ministres cherchent à augmenter les revenus dans les caisses de l’Etat. Les paysans sont les premiers à subir cette pression fiscale. Ainsi, le Roi fit relever à plusieurs reprises la « taille » un impôt direct très impopulaires car les bourgeois des grandes villes, le clergé et les nobles en étaient affranchis. Outre cet impôt d’Etat, les paysans devaient s’acquitter des redevances seigneuriales pour pouvoir cultiver les terres, payer en nature la dîme à l'Église et faire des corvées (travail obligatoire sans salaire) pour le seigneur.