Discussion utilisateur:RP87/Pour Lê

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https://www.youtube.com/watch?v=d1Des_7CBxY

Camarade Lê, nous ne sommes pas d'accord (du moins sur tout).


Cette vidéo mêle deux sujets d'une façon que je trouve bien peu correcte. Chaque lecteur / auditeur observera puis cherchera dans quel mesure l'un des sujets est employé à dominer l'une des orientations sur le second sujet (indépendamment que cela soit fait à dessein ou non).

Les sujets sont I) méthode de débat dans un environnement numérique II) la répartition des richesses.


I) Ce point porte sur les comportements sur les réseaux sociaux fondés sur l'attaque des arguments faibles par actions de rhétoriques fallacieuses plutôt que l'attaque d'arguments forts par le biais de la logique. Lê est contre, agit en filtrant ce type de comportement et invite au comportement opposé.

C'est tout ce qui en est dit. Et là dessus, je suis d'accord.


II) Lê choisit comme sujet d'application la question politique de la répartition des richesses. Mais il dépasse le point (I). Et là, j'ai un double désaccord.


A)

Je considère le principe de lucrativité et l'exploitation capitaliste, comme néfaste. Ils entraînent a) un accroissement des inégalités, particulièrement entre les personnes qui vivent de leur travail et celles qui vivent grâce à la captation d'une part de la valeur produite par les premiers b) la subordination aliénante des dominées exploités au dominants exploitants et cela dans un mécanisme global c) une consommation résultante dont on s'interroge si elle rayera de la carte terrestre une majorité des espèces vivantes actuelles dont la notre.

Dire que des personnes qui partagent cette opinion seraient en consensus avec des pro-capitalistes de surcroît néo-ultra/ "libéraux" en particulier sur la question de la distribution des richesses (10m50s) est particulièrement inexact !


A : désaccord sur l'existence du consensus sur la répartition des richesses.* Et je vais même m'appuyer sur l'article soulevé par Lê. Citation : "Une nette majorité des électeurs de gauche sont favorables à « demander un effort supplémentaire aux ménages disposant de revenus élevés », alors qu’une très forte majorité des électeurs de droite croit que « il ne faut pas augmenter à nouveau les impôts »" Il y a dissensus en répartition.


B)

Observons maintenant cette déclaration injonctive en vidéo "Arrêtons de partager la stupidité !", qui regrette que ne soit acté et mise en œuvre (11m26s) un consensus qui n'en est pas un (A), favorisant l'imposition du statut qo (puisque semblerait-il la répartition des richesses est à peu près ce qu'elle devrait-être selon cet avis).

Si sa forme n'est pas celle du "buzz"-"twitt", court, viral, le message n'est-il pas en lui même une réaction du même ordre que ce hooliganisme critiqué dans cette même vidéo !?


B : L'injonction faite de taire le désaccord, sur la base que celui-ci n'existerait pas mais serait une illusion généré par un hooliganisme politique renforcé par les TIC, je la récuse.


Sur le fondement de A.*

La vidéo portant sur la basse rhétorique en réseaux sociaux, développer sur la répartition des richesses serait sans doute plus à propos dans un autre espace. Mais l'argument majeur portant sur l'existence d'un consensus dans l'état des principes de répartition des richesses, je considère qui faut aller au bout (malgré ce média mal adapté).

J'invite d'abord à la source mise en avant pour appuyer "l'accord" de répartition (Piketty).

...

L'article de Piketty traite de la distribution des richesses, mais focalise sur la redistribution secondaire en occultant la question primaire notamment par effet de vocabulaire entre salaire et revenu (ce qui au passage reflète la position politique de cet auteur).

Ma vulgarisation préféré sur cette question est le partage de la bûche de Noël. https://www.youtube.com/watch?v=rzgmEP9u9tA


Alors que l'enquête conclus à une convergence des vues sur le sujet de la répartition secondaire (taxation des revenus les plus haut vers ceux les plus bas) malgré des reformulations surprenantes, la formulation des questions conduisant à ce résultat n'est pas remise en cause.

On peut alors être dérouté, sans remise en question et sans modérer ses conclusions :

"En revanche, ce qui est plus déroutant, c’est que l’affiliation politique semble avoir

plus d’importance pour la question de l’imposition des riches (voir ligne 11 du tableau 2).

>>> Une nette majorité des électeurs de gauche sont favorables à « demander un effort

supplémentaire aux ménages disposant de revenus élevés », alors qu’une très forte majorité

des électeurs de droite croit que « il ne faut pas augmenter à nouveau les impôts ». <<< Cela est

déroutant, étant donné que (i) même dans la tranche de très faibles revenus, il n’y a jamais de

majorité en faveur de l’« imposition des riches » (voir ligne 11 du tableau 1 et section II ci-

dessus)" p12

Zut, il est possible d'être aisé et de gauche !?

Que dire d'une étude qui se serait concentrer sur l'affirmation soulignée par la mise en forme >>>*<<<.


La question de la pression médiatique n'est absolument pas questionnée.

"Chacun est d’accord pour dire que les cadres supérieurs et les 10% supérieurs de la répartition de revenu sont les groupes de revenu typiques auxquels doit être demandé l’effort de financer la redistribution, et tout le monde semble s’accorder pour dire que cet effort doit être modéré."

Il serait particulièrement pertinent de traité de l'orientation des messages médiatiques sur la question. Les effets des 'niveaux de salaires' dans un espace marchand (de compétition) ouvert mondialisé où il serait constamment répété la "pression fiscale : origine de la fuite des riches vers des espaces légaux plus attrayants" inviterait-il à la modération ?


Alors que (p9) il est montré que les perceptions des sondés sont biaisés (sur-estimation de la taille de population à 'haut revenu', sous-estimation du revenu de cette tranche) et alors que cet état est cohérent avec la modération de redistribution, l'étude ne comporte pas de volet qui a) donnerait ces informations statistiques aux sondés puis b) poserait une seconde fois les questions sur la répartition pour observer l'effet de correction.


"les individus dans la plus basse tranche de revenu gagnent tous moins de 45000 francs par ans (et probablement autour de 20000 à 25000 francs en moyenne), mais ils pensent que le revenu des cadres supérieurs doit être réduit de seulement 16,9%. C'est-à-dire qu’ils croient que les cadres supérieurs doivent toucher un revenu mensuel plus élevé que leur propre revenu annuel ! Ces chiffres montrent surtout un étonnant degré de consensus sur l’ordre de grandeur du revenu idéal des cadres supérieurs." p6

La question était-elle formulée de cette façon aussi marquante ? Non. Comment juger de nos aptitudes à traiter de l'évolution du salaire d'autrui, dont nous ne faisons que des estimations, sans jamais manipuler de telles sommes lorsque nous ne sommes pas dans la catégorie concernée ?...

Si la question avait été : "Pensez-vous que les cadres supérieurs doivent gagner en un mois plus que vous ne gagnez en un an ?" leurs réponses aurait-elles été différentes ?


GSS et formulation des interrogations :

« Certains disent que les gens évoluent grâce à leur propre effort ; d’autres disent que le hasard ou l’aide reçue d’autres personnes ont plus d’importance ; qu’est-ce qui d’après vous est le plus important ? »

Notez le vocabulaire de la "chance" (8 occurrences), (+1 avec hasard), quand le terme capital (capitaux) est absent.

J'apprécierais une reprise de l'enquête avec pour question:

<<Parmi ces deux facteurs, lequel est selon vous déterminant :

L'effort individuel ; Les capitaux sociaux, économiques et culturels, hérités.>>


Un questionnaire intéressant en complément testerait des réactions à des données de bases :

Répartition des pollutions par revenu ; quotient du PIB/population ; graphiques simples de comptabilité national (en histogramme pourquoi pas).


En conclusion, des éléments de la "conclusion de Piketty" et mes commentaires.

"Il serait certes exagéré de conclure de ces résultats que toutes les inégalités économiques

sont considérées comme légitimes. Au-delà d’un certain niveau (environ 30 000-40 000 francs

par mois), les hauts revenus suscitent des contestations importantes."

Souligner la position de l'élite dirigeante dans cette répartition, ainsi que la part dans le PIB de ces revenus semble opportun.


"Mais le fait est que ces contestations ne s’adressent finalement qu’à une petite fraction de la population (les quelques % des foyers ayant les revenus les plus élevés)."

a) La question est de combien de foyers pour quelle part de PIB.

b) Précisément le mouvement social "Contre Macron et son monde"


"Les hiérarchies en vigueur au sein du reste de la société, soit plus de 95% de la population, ne sont pas véritablement remises en cause. A partir du moment où les revenus semblent correspondre à la rémunération « raisonnable » du travail fourni, l’inégalité n’est pas contestée de façon radicale."

a) Peut-on raisonnablement considéré qu'un écart de rémunération entre un mois ou un an porte sur la réalité d'un travail fourni !?

b) Où comment reformuler le souhait d'une modération en l'absence d'une contestation, en conclusion !


"Ces résultats permettent peut-être de mieux comprendre l’évolution des inégalités et de la redistribution sur longue période. A l’échelle du XXe siècle,[...], les hiérarchies salariales, et par conséquent les hiérarchies de revenus en vigueur au sein de l’immense majorité de la population, sont restées extrêmement stables sur longue période, ce qui traduit le fait qu’elles n’ont jamais été véritablement remises en cause par quelque mouvement politique que ce soit."


Négation des luttes en faveur des dominants dans celles-ci. Ou comment écrire qu'il n'y a jamais eu de véritable contestation, sans poser la question des capacités et formes de contestation, de l'inter-relation des formes d'organisation politique (Ve république) à leur capacité de transformation !


Alors Lê, ça passe le filtre ?

@+

Rudy

PS : Pourrait-on comprendre à cette lumière les comportements "énervés" dans la rue ou sur la toile, quand les contestataires sont niés jusque dans leur existence et que des membres de leur classe sociale prennent le parti de la classe qui les domine ? Encore Stagirite : https://www.youtube.com/watch?v=cqBZS5tH0so Survivre aux discussions politiques des repas de famille