Leçons de niveau 12

Croissance et mondialisation depuis 1850/Exercices/Une économie-monde, les Etats-Unis

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Une économie-monde, les Etats-Unis
Image logo représentative de la faculté
Exercices no4
Leçon : Croissance et mondialisation depuis 1850

Exercices de niveau 12.

Exo préc. :Les nouveautés qui accompagnent cette croissance
Exo suiv. :Une économie-monde, les Britanniques
Icon falscher Titel.svg
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Exercice : Une économie-monde, les Etats-Unis
Croissance et mondialisation depuis 1850/Exercices/Une économie-monde, les Etats-Unis
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.




En 1904, un journaliste français visite une usine de locomotives à Pḧiladelphie.

« Entraînés, par les besoins colossaux d'un peuple sans cesse croissant à faire grand, démesuré, chacun de leurs efforts produit, en effet, un résultat de quantité écrasant pour la vieille Europe. Et ils ont sans doute les plus vastes usines, les plus grandes raffineries, les plus grands réservoirs de pétrole, les plus grandes fabriques de tout ! Les usines Baldwin que l'on me conseilla de voir le lendemain sont bien les plus colossales usines de locomotives du monde... Les usines Baldwin occupent 13 000 ouvriers ; et les ateliers sont ouverts jour et nuit. On y fabrique entre 1 500 et 2 000 locomotives par an. Quand nous entrons dans l'atelier de montage par où nous débutons… Il y a vingt, trente chaudières de locomotives dans lesquelles et sur lesquelles des centaines d'hommes frappent de terribles coups de marteau... Mon guide me fait signe de regarder en l'air : deux grues de cinquante et cent tonnes, installées au sommet du bâtiment, transportent des locomotives complètes, d'un bout à l'autre de l'atelier où un seul homme qui presse sur un bouton électrique suffit à cet effort effrayant. Nous passons dans l'atelier de perçage. Huit énormes plaques de tôle sont couchées l'une sur l'autre sous une machine. Une sorte de large vrille les mord et les perce en quatre endroits différents. Deux ouvriers sont là qui les regardent, les mains dans les poches. De tous côtés, d'autres machines, horizontales, verticales, font leur besogne de perceuses. Nulle part, l'ouvrier n'a l'air de faire un effort. Deux ouvriers sont en train de monter des bandages d'acier sur des roues. Il reste de petites bavures et de la rouille sur le métal, dont la toilette ne me paraît pas achevée. Cela n’a aucune importance, me dit l'ingénieur. Je sais bien qu'en France on passerait une journée à polir tout cela. En Amérique, on ne finit pas. Ca ne se paye pas ! Nous donnons trois couches de peinture à nos locomotives au lieu de douze que donnent les constructeurs français. Nous pensons que c'est de l'argent mal placé. Pourtant les locomotives françaises ne durent-elles pas plus longtemps ? - Oui. Vos compagnies les font durer vingt et même trente ans. Ici au bout de douze ans nous les mettons à la réforme. Et nous préférons en changer. C'est ce qui fait qu'en Europe on a de vieux rossignols et qu'ici nous pouvons perfectionner constamment. - Mais cela coûte cher ?- Non, car elles nous reviennent beaucoup meilleur marché que les vôtres, pour les raisons que je vous dis et pour d'autres encore. Ainsi, en France, on fait le foyer de la chaudière en cuivre, ce qui est très coûteux ; ici, tout est en acier. Et l'acier rend les mêmes services. Et puis je le répète, vous dépensez trois ou quatre fois plus de main-d'œuvre, sans utilité réelle. »
— Jules Huret, En Amérique : De New York à la Nouvelle-Orléans, 1904.

Jules Huret (1864-1915) est journaliste et grand reporter, ami de Jaurès. Il collabore à l'Echo de Paris et au Figaro, journaux dans lesquels il publie des séries d'articles documentaires sur des sujets variés : l'évolution littéraire, la question sociale en France, l'Amérique du Nord ou l'Allemagne. Ses enquêtes, qui ont beaucoup de succès, sont rééditées sous formes de livres.

Questions

  1. Présentez le texte et l'auteur.
  2. Expliquez la phrase en gras. Utilisez dans votre réponse l'expression « économie d'échelle »
  3. En vous appuyant sur le texte décrivez les procédés industriels et l'organisation du travail en vigueur dans les usines Baldwin.
  4. Comparez avec ce que le texte montre des procédés industriels et des méthodes de travail en France.
  5. Quels avantages les Américains trouvent-ils à leur système de production ?