Capitalisme, désir et servitude

Une page de Wikiversité, la communauté pédagogique libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Vilfredo pareto.jpeg
Paperback-stack.png
Bibliothèque wikiversitaire
Intitulé : Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza

Toutes les discussions sur ce sujet doivent avoir lieu sur cette page.
Cet élément de bibliothèque est rattaché au département Science politique.
Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza
  • Auteur : Frédéric Lordon
  • Année : 2010
  • Titre : Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza
  • Éditeur : La Fabrique Éditions


Résumé[modifier | modifier le wikicode]

Spinoza nomme « conatus » l’effort par lequel « chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être ». 17

Le rapport salarial est l’ensemble des données structurelles (celles de la double séparation) et des codifications juridiques qui rendent possible à certains individus d’en impliquer d’autres dans la réalisation de leur propre entreprise. 19

Le rapport salarial est d’abord un rapport de dépendance, un rapport entre agents dans lequel l’un détient les conditions de la reproduction matérielle de l’autre, et que tel est le fond inamovible, l’arrière-plan permanent de tout ce qui pourra s’élaborer par là-dessus. 25 Poussée à son dernier degré, l’hétéronomie matérielle, à savoir l’incapacité de pourvoir par soi-même aux réquisits de sa reproduction comme force de travail (et tout simplement comme vie) et la nécessité d’en passer par la division du travail marchande rendent l’accès à l’argent impératif, et font de l’argent l’objet de désir cardinal, celui qui conditionne tous les autres ou presque. « L’argent est devenu le condensé de tous les biens ». 25

Ce sont les structures sociales, celles des rapports de production capitalistes dans le cas salarial, qui configurent les désirs et prédéterminent les stratégies pour les atteindre : dans les structures de l’hétéronomie matérielle radicale, le désir de persévérer matériellement-biologiquement est déterminé comme désir d’argent qui est déterminé comme désir d’emploi salarié. 32

C’est bien ce rejet qui s’exprime, par anticipation chez la Boétie, par quasi-incorporation chez les contemporains, dans l’idée de « servitude volontaire » puisque, hors la contrainte dure de la soumission physique, on ne saurait se laisser attacher qu’en l’ayant peu ou prou « voulu » - et quelque mystérieux que soit voué à demeurer ce vouloir. Contre cette insoluble aporie, Spinoza propose un tout autre mécanisme de l’aliénation : les véritables chaînes sont celles de nos affects et de nos désirs. La servitude volontaire n’existe pas. Il n’y a que la servitude passionnelle. Mais elle est universelle. 35

Il en résulte une inégalité fondamentale sous le rapport de la capacité sociale des individus à poursuivre un désir de faire capitaliste. Seuls ceux qui disposent de l’initiative monétaire sous la forme d’un stock (d’argent) peuvent s’y adonner et combiner la réalisation des choses avec leur reproduction matérielle, parfois avec la constitution de la fortune. 39

Il entre dans les causes de la longévité du capitalisme d’avoir su enrichir le complexe passionnel du rapport salarial et notamment d’y avoir fait entrer d’autres occasions de joie, plus franches. La plus évidemment connue tient au développement de la consommation. De tous les facteurs de reconduction des rapports de dépendance salariale, l’aliénation marchande en ses affects caractéristiques est sans doute l’un des plus puissants. 49

On peut douter de la viabilité passionnelle de long terme d’une formation sociale qui, isolément, ferait le choix, par exemple sur le mode de la décroissance, d’une réduction volontariste de ses aspirations matérielles mais resterait exposée aux images de l’entassement des objets chez ses voisins et par conséquent à toutes les stimulations de l’imitation du désir. […] → Nécessité de se construire au préalablement un imaginaire, c’est à dire une herméneutique affective et désirante du monde, refait à neuf. 52

Le premier régime de mobilisation par « l’aiguillon de la faim » celui que Marx étudie et qui fait jouer à ‘los le désir basal de reproduction matérielle biologique, a cédé la place au régime fordien de la mobilisation par l’aliénation marchande joyeuse et l’accès élargi à la consommation. 53

Que les salariés entrent dans un rapport actif, et parfois joyeux, de collaboration et se dépensent délibérément pour le capital est prima facie un mystère moins aisément compréhensible. En tout cas, c’est bien la réussite suprême du point de vue du patronat comme puissance enrôlant d’autres puissances. 54

L’obsession de l’alignement, qui n’est autre que le désir de faire des puissances enrôlées le fidèle prolongement de sa puissance propre, est particulièrement visible dans les petites entreprises (capitalistes), où le patron est au contact quotidien de son employé et le surveille en trouvant qu’il n’en fait pas assez, pas assez bien, pas assez vite, cad qui se voit en son employé, fait de lui une extension de soi, un quasi tenant lieu, à qui donc il prête directement son propre désir et ne comprend pas que ce désir soit si mal servi par celui dont il a fait imaginairement, et par une sorte de métadesir, un alter ego. 56-57

Les menaces permanentes de la délocalisation, du plan social et in fine de la perte d’emploi ne font que jouer de l’affect princeps du rapport salarial, celui de la dépendance monétaire et de la perte des conditions de reproduction de la vie matérielle, mais en le portant à des intensités inconnues depuis longtemps et qui permettent d’obtenir des salariés, mais par la crainte, un supplément d’assujettissement et de mobilisation productive, sous la forme paradoxale que Thomas Coutrot nomme la « coopération forcée ». 62

Keynes en son temps avait déjà perçu le caractère fondamentalement antisocial de la liquidité comme refus de tout engagement durable, et désir du désir de maintenir en permanence toutes ses options ouvertes – cad de n’avoir jamais à compter avec l’autre. 65

Message subliminal de la théorie des marchés de concurrence pure → tout doit pouvoir s’ajuster instantanément. = s’ajuster aux variations des désirs maîtres, car telle est la vie passionnelle en environnement incertain : fluctuante et susceptible de réoirentations permanentes. […] La liquidité stricto sens se donne une signification lato sensu comme droit inconditionnel du désir. 66 Si le capitalisme doit être saisi en ses structures, il doit donc aussi l’être comme un certain régime de désir. 73

Extension de la complexion passionnelle du salariat requise par le projet néolibéral d’alignement intégral […] (permis par) la production d’affects joyeux intrinsèques. Ford → passage de l’affect triste de l’aiguillon de la faim à l’affect joyeux de l’accès élargi à la marchandise consommable. Ajout stratégique de l’entreprise néolibérale → produire des affects joyeux intrinsèques = des affects intransitifs non pas rendus à des objets extérieurs à l’activité du travail salarié. L’activité en elle-même doit être reconstruite objectivement et imaginairement comme source de joie immédiate. « Le désir de l’engagement salarial ne doit plus être seulement le désir médiat des biens que le salaire permettra par ailleurs d’acquérir mais le désir intrinsèque de l’activité pour elle-même. » 76

Auto-mobile = caractère de ce qui se meut soit même. Production d’automobiles salariaux = salariés qui s’activent eux-mêmes au service de l’organisation capitaliste → + grand succès de l’entreprise néolibérale de colinéarisation 78

A la base : « le consentement est l’approbation intime donnée par une volonté libre ». Le moi autonome consent. 79 MAIS il existe des consentements individuels auxquels les observateurs extérieurs ne peuvent consentir (ex : gourou, travail à la chaîne etc). → CONTRADICTION entre le refus de valider ces consentements et l’orthodoxie de leur manifestation par un sujet problématisant explicitement sa non contrainte et sa sincérité. → Deux réductions possibles : - Côté de l’objet -→on peut consentir « intrinsèquement » à certaines choses - Côté du sujet → le consentement a été faussé ou frauduleusement obtenu. La qualité de sujet est mise en cause. Comment dire quand le sujet est intègre et ne l’est pas ? Spinoza : SI consentir = expression authentique d’une intériorité librement autodéterminée ALORS consentement n’existe pas. CAR l’hétéronomie est la condition de toute chose, y compris humaine. Il n’y a aucune action que quiconque puisse revendiquer comme entièrement sienne car toute chose se trouve sous l’empire de la causalité inadéquate (=partiellement déterminée à agir par d’autres choses extérieures). Ethos individualiste, en lequel la métaphysique de la subjectivité s’est prolongée, se refuse à envisager pareille idée. « L’idée de la complète détermination n’a aucune chance, hors la violence d’une sorte de conversion, de venir à bout aisément de la croyance si profondément incorporée en la faculté d’auto-détermination où l’individu établit son identité de sujet. » Principe mécanique de cette croyance : son engendrement dans l’imagination. L’idée de la liberté n’est que l’effet d’une insuffisante capacité d’intellection et de la troncature qui en résulte. 80-81

SI être aliéné c’est être empêché de procéder de soi pour s’être trouvé enchaîné à « autre que soi », alors l’aliénation n’est qu’un mot différent pour dire l’hétérodétermination, c’est à dire la servitude passionnelle, condition même de l’homme. 82

Il n’est pas meilleur moyen de se libérer d’une illusion que d’en exhiber la genèse imaginative. 84 « Cet effort pour faire que les autres approuvent notre amour ou notre haine est en réalité l’Ambition ; nous voyons donc ainsi que chacun, par nature, désire que les autres vivent selon sa propre constitution ». 84 Guerre de religion, choc de civilisation = heurts de façon de vivre inquiètes de ne pas être partagées. 84

Vérité affective bipolaire du pouvoir → Il fonctionne à la crainte ou à l’amour. Cette vérité vaut pour tous les pouvoirs, y compris le pouvoir patronal. 87

Contrainte et consentement → noms pris par les affects de tristesse ou de joie dans des situations institutionnelles de pouvoir et de normalisation. 88

Spinoza → la valeur ni le sens n’appartiennent aux choses mais sont produits par les forces désirantes qui s’en saisissent. « Nous ne nous efforçons pas vers quelque objet, nous ne le voulons, ne le poursuivons, ni ne le désirons parce qu’il est un bien, mais au contraire nous ne jugeons qu’un objet est un bien que parce que nous le voulons, le poursuivons et le désirons (Eth III, 9, Scolie) → En inversant le lien que nous établissons spontanément entre désir et valeur il ruine toute possibilité d’un objectivisme de la valeur. 90

Le conatus comme puissance est effort vers davantage de puissance, c’est à dire recherche des affects de joie (S=augmentation de la puissance d’agir du corps) – et évitement des affects de tristesse. 99

Le désir du subordonné de rejoindre le désir du supérieur, pour le réjouir et s’en faire aimer, est son désir sans la moindre contestation possible, et il n’y a aucune étrangeté là-dedans. Que ce ne soit pas « originellement » son désir importe peu : nul n’a de désir « originel » et ce désir deviendra bel et bien le sien. La seule aliénation est celle de la servitude passionnelle, mais celle-ci est universelle et ne fait objectivement aucune différence entre les hommes. 101

Désir sans objet, le conatus trouve ses objets dans le monde social. Il les trouve principalement dans le spectacle des autres élans conatifs car, hormis le passage du désir d’un objet à un autre par des rapports d’association ou de connexité (Eth III 15 corolaire), le mimétisme des affects (Eth III 27) en est le producteur élémentaire. 102

Frontière ténue : entreprise réussie de la reconfiguration du désir salarial/asservissement pur et simple du reconditionnement. 109

Faire désirer comme le désir-maître, voilà le simplissime secret de l’obéissance légère – et même de l’obéissance joyeuse. On peut bien parler d’« intériorisation » si l’on veut, mais pour si familier qu’il soit, le mot crée en fait plus de difficultés qu’il n’en résout. Car toujours le consentement veut retourner à l’authenticité du sujet, à son noyau qui serait à trouver « en dedans ». Or contrainte et consentement ne se différencient pas par la topologie l ‘extérieur contre l’intérieur mais par la nature des affects respectivement associés : tristes ou joyeux. 117

L’oubli de l’hétéronomie est d’une facilité proportionnelle à la complexité du processus de la détermination. Même la meilleure volonté réflexive du monde ne peut faire la récollection biographique des innombrables affections (rencontres, influences, expositions) qui se sont sédimentées en une complexion désirante. 122 Pour certaines désir la cause prochaine est identifiable. Ex : l’imitation localisée : je fais miens le désir d’un autre que je reconnais comme imitable. 122

Ce sont les suggestions ou les commandements à désirer venus d’un autre haï qui donnent au sujet l’idée d’un empiétement sur ce qu’il croit son libre-arbitre, et lui fait entrevoir l’exodétermination. Mais seul l’affect triste qui vient de détester l’inducteur rend compte de la rébellion du sujet contre le pliage par le dehors, et son mouvement réactif de restauration de qu’il croit sa souveraineté désirante n’est en fait que la substitution d’une détermination à une autre mais sous de nouveaux affects joyeux et non plus tristes. 123

Spinoza observait déjà que l’État, plutôt qu’à la crainte, devrait chercher à « conduire les hommes de façon telle qu’ils aient le sentiment, non pas d’être conduits, mais de vivre selon leur complexion et leur libre-décret. 123

« Le corps de la société entière travaille, par auto-affection, à former les désirs et les affects de ses membres ». 124

De toutes les épithumogénies capitalistes, la pratique dite du coaching, ce summum de la normalisation subjectivante qu’on croirait offerte tout exprès par l’époque à l’héritage intellectuel de Foucault, cette pratique donc, parce qu’elle va le plus loin dans l’entreprise de refaçonner les complexions affectives, est celle qui enregistre le plus violemment les tensions contradictoires entre des objectifs formels de « développement personnel » et d’« autonomisation des individus », et des objectifs réels d’étroite conformation à des cahiers des charges comportementaux décalqués des contraintes spécifiques de productivité et de rentabilité de l’entreprise commanditaire. 127-128 → L’intervention a pour objet de transformer une pression exogène en motivation endogène. 128

Produire le consentement c’est produire l’amour par les individus de la situation qui leur est faite. L’épithumogénie néolibérale est donc une entreprise de production d’amor fati – mais pas de n’importe quel fatum : le sien exclusivement, celui qu’elle abat sur des salariés au comble de l’hétéronomie. 128 Caractère secondaire de l’épithumogénie capitaliste → Projet de refouler à tout prix tout mouvement d’extrospection et de les maintenir ferme dans le registre exclusif de l’introspection comme une manière de leur répéter que ce qui leur arrive dans l’entreprise n’est pas questionnable. 130

Le couplage division du travail/subordination/conditionnement tient les salariés à un objet de désir exclusif et, fût-il heureux, l’assujettissement est fondamentalement enfermement dans un domaine restreint de jouissance. 141

L’enjeu central de la domination est distributif. → Il a trait à la répartition des chances de joie Dire les choses ainsi c’est pointer d’emblée l’ouverture du spectre des joies salariales au-delà des seules joies monétaires : honneurs de place, reconnaissance, socialisation amicale. Et sa fermeture relative rapportée à toutes les chances que les salariés pourraient ambitionner en principe, dans le cadre même de leur vie professionnelle, pour ne pas même parler du reste. 144

Violence symbolique = production d’un imaginaire double - imaginaire du comblement → faire paraître bien suffisantes les petites joies auxquelles sont assignés les dominés. - imaginaire de l’impuissance-→ convaincre de renoncer aux grandes joies auxquelles ils pourraient aspirer « Tout ce qu’en effet l’on imagine ne pas pas pouvoir, on l’imagine nécessairement, et l’on est par cette imagination même disposé de telle sorte qu’on n’a effectivement pas le pouvoir qu’on imagine ne pas avoir » : voilà le mécanisme passionnel de conversion de l’assignation en auto-assignation qu’active l’imaginaire (social) de l’impuissance. 145

Ce n’est pas tant la valeur, pré-existante et objectivement établie, qui attire à elle le désir que le désire qui, investissant des objets, les constitue en valeur. 149

L’inexistence théoriquement affirmée de la valeur substantielle n’empêche nullement de penser les innombrables processus de valorisation. Les valeurs qui y sont engendrées ne sont rien d’autre que les produits de composition de jeux de puissances investissantes, par là positions et affirmations de valeur. Il n’y a pas de valeur substantielle qui puisse faire objectivement norme et fournir des ancrages incontestables aux arguments des disputes distributives, il n’y a que les victoires temporaires de certaines puissances imposant avec succès leurs affirmations valorisatrices. 149-150

Avant même la conversion du produit en argent, le patron capitaliste capte la même chose que n’importe quel autre patron spécifique (mandarin, chorégraphe..), l’objet princeps de capture du patron général : de l’effort, c’est à dire de la puissance d’agir. Or la capture des énergies conatives enrôlées par alignement sur le désir maître ne peut se faire que sous détermination passionnelle. Et c’est cela qu’exploite le patron en général : de la puissance et des passions, de la puissance bien dirigée par des passions. 156

« J’aurais pu » est le non-sens spinoziste par excellence, c’est le temps du regret, qui n’existe que comme une chimère de l’imagination, une illusion rétrospective, car toujours le conatus sature ss « possibilités » et, non, il n’aurait pas « pu » davantage, car pouvoir et faire sont une seule et même chose : l’on a jamais pu que ce que l’on a fait et réciproquement, ni plus ni moins. 183

Le mécontentement : voilà la force historique affective capable de faire bifurquer le cours des choses. Comme toute la vie sociale, dont elle n’est que le déploiement temporel, l’histoire fonctionne aux affects, mais l’histoire spécifiquement bifurcatrice elle, fonctionne spécifiquement aux affects colériques. 189

Une hypothétique sortie du capitalisme et de son économie de la joie monétaire ne libère donc nullement des enjeux de la capture, intégralement reconduits par l’économie non monétaire de la reconnaissance. 194

Spinoza donne peut être la définition du communisme véritable : l’exploitation passionnelle prend fin quand les hommes savent diriger leurs désirs communs – et former entreprise, mais entreprise communiste – vers des objets qui ne sont plus matière à capture unilatérales, c’est à dire quand ils comprennent que le vrai bien est celui dont il faut souhaiter que les autres le possèdent en même temps que soi. Ainsi par exemple, de la raison, que tous doivent vouloir être le plus nombreux possibles à posséder, puisque « les hommes, en tant qu’ils vivent sous la conduite de la raison, sont suprêmement utile aux autres hommes. » 196

Si l’idée de progrès à un sens, il ne peut être que l’enrichissement de la vie en affects joyeux, et puis parmi eux, en ceux qui élargissent le champ des possibilités offertes à nos effectuations de puissance et les conduisent à s’orienter vers le « vrai bien » : « j’entends par là une vie humaine ».

Commentaires[modifier | modifier le wikicode]

Citations[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]