Discriminations en santé, au-delà du genre
| Cette page doit être mise en forme avec les patrons selon l'organisation des enseignements de Wikiversité. Votre aide est la bienvenue ! |
Les discriminations en santé
[modifier | modifier le wikicode]Introduction
[modifier | modifier le wikicode]La santé est un droit fondamental, reconnu par la Constitution française et plusieurs textes internationaux. Pourtant, dans la réalité du système de santé français, de nombreuses personnes continuent de faire face à des traitements inéquitables liés à des caractéristiques personnelles ou sociales. Ces situations relèvent du phénomène de discrimination, défini juridiquement comme le fait de traiter une personne de manière défavorable sur la base d’un critère prohibé par la loi – tels que le genre, l’origine, l’orientation sexuelle, le handicap ou encore l’état de santé (Code de la santé publique, 2023)[1].
Cette discrimination peut être directe, lorsque le traitement différencié est explicite, ou indirecte, lorsque des pratiques apparemment neutres produisent des effets inégalitaires (Défenseur des droits, 2020a)[2]. Au-delà des comportements individuels, la discrimination peut aussi s’inscrire dans des logiques systémiques : on parle alors de discrimination systémique, c’est-à-dire d’un ensemble de mécanismes institutionnels, sociaux et culturels qui perpétuent des inégalités entre groupes sociaux. Ces inégalités peuvent concerner l’accès aux soins, leur qualité, ou encore la reconnaissance des besoins spécifiques de certains patients, comme c’est le cas des personnes LGBTQIA+, des minorités ethniques ou des personnes handicapées (Santé publique France, 2019[3] ; Défenseur des droits, 2020b)[4].
Sur le plan psychologique, la discrimination est une conséquence directe de la stigmatisation, c’est-à-dire des attitudes ou croyances négatives envers un groupe perçu comme "différent". Elle repose sur deux processus clés : les stéréotypes, représentations généralisées, simplificatrices, positives ou négatives à l’égard d’un groupe, et les préjugés, opinions préconçues basées sur ces stéréotypes (Université de Bordeaux, n.d. ; Santé publique France, 2021)[5]. Ces processus de catégorisation sociale ont une fonction cognitive, mais peuvent engendrer des pratiques discriminatoires dans le champ médical.
Si la déontologie médicale interdit formellement toute discrimination – comme le rappelle l’article R.4127-7 du Code de la santé publique et le serment d’Hippocrate –, de nombreuses études montrent que des discriminations persistent dans les faits. Par exemple, selon Santé publique France (2021)[5], 17 % des hommes homosexuels et 20 % des femmes lesbiennes déclarent avoir été discriminés dans le milieu médical. De plus, près d’une femme lesbienne sur deux (49 %) n’a jamais évoqué son orientation sexuelle avec son médecin traitant, une omission qui peut compromettre la qualité des soins, notamment en matière de prévention (VIH, HPV, hépatites).
Les discriminations fondées sur l’origine sont également très répandues : les personnes immigrées, originaires d’outre-mer ou issues de l’Afrique subsaharienne rapportent des taux de discriminations plus élevés que la moyenne nationale (DREES, 2020 ; Insee, 2021)[6]. Le handicap constitue quant à lui le premier motif de saisine du Défenseur des droits pour la quatrième année consécutive (21,2 % en 2020), suivi par l’origine (13,3 %) et l’état de santé (11,3 %) (Défenseur des droits, 2020c)[7].
Enfin, ces discriminations ne se manifestent pas uniquement de manière isolée. De plus en plus, les recherches adoptent une approche intersectionnelle, qui montre que les discriminations peuvent se cumuler (Amnesty International, 2020)[8]. Une femme noire handicapée, par exemple, peut subir simultanément plusieurs formes de traitement inégalitaire, aggravant ainsi les inégalités de santé.
Par ailleurs, la stigmatisation perçue a des effets délétères sur la santé mentale. Une méta-analyse de Pascoe et Richman (2009)[9] portant sur 134 études montre que la discrimination perçue est significativement associée à des niveaux accrus de dépression, d’anxiété, de stress perçu et à une baisse de l’estime de soi. Ces effets sont partiellement médiés par des stratégies d’adaptation inefficaces. Une méta-analyse plus récente de Yip et al. (2019)[10] indique que l’impact de la discrimination peut être modulé par l’identité ethnique. Chez les populations latino-américaines, une forte identification au groupe ethnique d’origine semble amortir les effets négatifs de la discrimination sur la santé mentale.
La discrimination ne touche pas uniquement la santé mentale : elle affecte aussi la santé physique. Une revue de Williams et Mohammed (2009)[11] démontre que la discrimination raciale contribue à une activation chronique du stress, menant à des troubles cardiovasculaires, une pression artérielle élevée et une inflammation accrue. Ces effets sont liés à l’activation répétée de l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien). Paradies et al. (2015)[12] confirment dans leur méta-analyse que l’exposition au racisme est systématiquement associée à une moins bonne santé physique, mentale et comportementale.
Dans cette revue de littérature, nous proposons d’explorer les différentes formes de discriminations présentes dans le système de santé français, au-delà du genre, d’en analyser les mécanismes, et d’interroger les moyens existants pour y faire face.
Âgisme
[modifier | modifier le wikicode]La discrimination fondée sur l’âge (connue sous le nom d’âgisme) est définie comme une décision arbitraire et des actions indignes envers des individus en raison de leur âge (Kydd et Fleming, 2015)[13]. C’est un terme qui englobe les préjugés et les discriminations basés sur l’âge, que ce soit chez les jeunes ou les personnes âgées. C’est un phénomène préoccupant dans le secteur médical, affectant l'accès aux soins et la qualité des traitements reçus par les patients en fonction de leurs âges. Selon Williams (2009)[14], l’âgisme médical spécifie le cadre de santé dans lequel la discrimination liée à l’âge se produit.
Discriminations envers les personnes âgées
[modifier | modifier le wikicode]Au cours des dernières décennies, la proportion de personnes âgées n’a cessé de croître. Cette évolution démographique, toujours en cours, s’explique par le déclin de la fertilité et surtout par l’augmentation de l’espérance de vie. Si ce phénomène s’observe dans toutes les sociétés, c’est en Europe qu’il est le plus marqué : en 2040, plus d’un Européen sur quatre aura au moins 65 ans (Adam et al., 2013)[15].
Cependant, depuis toujours, le vieillissement suscite une certaine ambivalence. Deux visions opposées de la vieillesse coexistent, leur prévalence variant selon les époques et les cultures. D’un côté, les personnes âgées sont perçues comme des figures de sagesse, d’expérience et de transmission, incarnant une vision positive du vieillissement. À l’inverse, elles peuvent être assimilées à la sénilité, la fragilité, au déclin, à une charge pour la société, reflétant alors une perception négative (Macia et al., 2007)[16]. Aujourd’hui, dans la plupart des sociétés industrielles, cette dernière prédomine, renforcée par des phénomènes tels que l’âgisme et le culte de la jeunesse.
Cette vision négative actuelle du vieillissement se retrouve concrétisée dans la plupart des enquêtes récentes (Défenseur des Droits, 2021)[17] qui soulignent que parmi les personnes de 65 ans et plus, 17% déclarent avoir subi au moins une discrimination liée à leur âge, au cours des 5 dernières années. Pour ces personnes, les discriminations se sont manifestées le plus souvent dans les contextes suivants : les transports publics (42 %), les relations avec les services publics (39 %) et l’accès aux biens et aux services privés (34 %). L’enquête révèle également une association entre la déclaration de ces discriminations et l’état de santé, la situation de précarité ou encore, dans une moindre mesure, l’origine.
D’une part, à l’hôpital, les patients âgés sont parfois exclus de certains traitements (greffes, chimiothérapies…) et dispositifs de prévention (soins dentaires,...) en raison de leur âge plutôt que de leur état de santé réel. En conséquence les diagnostics sont plus tardifs et donc la prise en charge médicale est moins efficace. Chez certains oncologues, l’idée selon laquelle il vaudrait mieux « laisser les personnes âgées en paix » plutôt que de leur administrer des traitements aux effets indésirables conduit à une réticence à proposer des traitements, afin d’éviter une prise en charge jugée inutile (Goldwasser, 2010)[18]. On remarque alors une sous-représentation des personnes âgées dans les essais cliniques sur le cancer, les traitements conservateurs,... (Scher & Hurria, 2012[19] ; Hagège & Derbez, 2022[20]). Dans leur étude, Madan et al. (2001)[21] ont demandé à des étudiants en médecine de compléter un questionnaire sur les recommandations qu’ils feraient vis-à-vis du cancer du sein : ils devaient choisir un traitement pour huit patients dont l’âge, la race et le statut marital variaient. Les résultats mettent en évidence qu’à situation clinique égale, des futurs médecins recommandent une reconstruction mammaire pour 95 % des patientes de moins de 31 ans, tandis que cette recommandation n’est faite que dans 65 % des cas si les patientes ont plus de 59 ans.
D’autre part, l'iatrogénie hospitalière qui désigne l'aggravation de l'état de santé causée par une prise en charge inappropriée constitue un problème majeur dans la prise en charge des personnes âgées. D’un côté, la contrainte financière a réduit la durée des séjours hospitaliers, entraînant des sorties anticipées sans évaluation approfondie du risque de réhospitalisation. De l’autre, le manque de temps et de personnel qualifié pousse les soignants à assister excessivement les patients âgés, au détriment du maintien de leur autonomie. Cela conduit à une dépendance accrue, tout en négligeant les aspects humains et relationnels des soins. Par exemple, la prise en charge des résidents au sein des EHPAD a été souvent critiquée pour son approche standardisée et impersonnelle. En effet, les libertés individuelles des résidents y sont parfois restreintes : déplacements et sorties limitées, prises de décisions et rythmes de vie imposés, infantilisation, manque de respect de l’intimité et de la volonté des résidents, en raison de leurs âges (Aquino et Viatour, 2017)[22].
Par ailleurs, un niveau élevé d’âgisme perçu par les patients âgés atteint de cancer chez leurs soignants (médecins et paramédicaux) est associé à plus de douleurs corporelles ressenties, à une moins bonne santé mentale et à une moindre satisfaction générale des soins, ce qui suggère que nos attitudes peuvent également influencer directement l’évolution de santé des patients (Adam et al., 2013)[15] Ce type de constat a également été objectivé dans des études sur des personnes âgées en bonne santé. Ainsi, le fait d’aider une personne âgée, voire de faire les choses à sa place, contribuerait à une baisse de ses performances, à une moindre confiance dans ses capacités à réaliser une tâche ainsi qu’à une plus grande difficulté attribuée à une tâche. En d’autres termes, l’excès d’aide participe à la grabatisation de nos aînés.
Lorsqu’on observe déjà les effets importants de la stigmatisation liés au vieillissement « non pathologique » (c’est-à-dire sans troubles cognitifs), on peut facilement imaginer combien cette situation s’aggrave dans le cas de la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer touche principalement les personnes âgées : en France, elle concerne environ 3 % des individus de 65 ans et plus, et plus de 20 % des personnes de plus de 80 ans (France Alzheimer, 2024) [23]. Cette forme de stigmatisation liée à l’âge se renforce particulièrement lorsqu’elle s’associe à une pathologie comme la maladie d’Alzheimer, donnant lieu à une discrimination cumulative. On parle alors de double stigmatisation : les patients sont à la fois discriminés en raison de leur âge et de leur pathologie, souvent associée à des représentations très négatives telles que la régression, la détérioration, la contagion ou la perte d’identité. Ces stéréotypes alimentent des attitudes discriminatoires dans le système de santé, les structures de prise en charge et dans la société en général. Les personnes atteintes de démence, parfois réduites à des étiquettes comme « séniles » ou « gaga », subissent une déshumanisation et une mise à l’écart sociale, qui affecte aussi le bien-être psychologique et physique de leurs proches aidants. En effet, Dans Le mythe de la maladie d’Alzheimer, Whitehouse et George (2009)[24] soulignent que cette vision catastrophiste de la maladie est largement véhiculée par les médias et certains professionnels de santé, renforçant l’idée que les personnes atteintes ne sont plus aptes à participer à la vie sociale. La maladie est perçue comme un lent déclin de l’identité et des fonctions cognitives, contribuant à l’exclusion des individus qui en sont atteints (Scodellaro & Deroche, 2008[25] ; Werner, 2005[26]). Cette stigmatisation s’étend également à leurs proches, qui subissent un stigma par association et un fardeau émotionnel important (Ollat, 2000[27] ; Werner et al., 2010[28]). Des études montrent que cette marginalisation s'accompagne de comportements discriminatoires fondés sur la perception d’incompétence ou de dangerosité des personnes malades, entraînant une distanciation sociale accrue (Khervé et al., 2008[29] ; Werner, 2006[30]). Blay et al. (2010)[31], dans une étude menée au Brésil, ont relevé que plus de 40 % des participants exprimaient des stéréotypes et des préjugés à l’encontre des personnes atteintes de MA, souvent liés à un faible niveau d’éducation. Ainsi, au-delà du vieillissement, c’est bien l’image même de la maladie dans notre culture qui contribue à ces discriminations, en négligeant la diversité des parcours et des manifestations de la pathologie.
Discriminations envers les personnes jeunes
[modifier | modifier le wikicode]Si la vieillesse reste le visage le plus courant de l’âgisme en santé, il ne faut pas oublier que d’autres tranches d’âge peuvent également en être victimes, notamment les jeunes. On parle alors « d’âgisme inversé » ou de « jeunisme négatif ». Le jeunisme, souvent défini comme la valorisation excessive de la jeunesse au détriment des autres âges, inclut paradoxalement une forme de discrimination envers les jeunes lorsqu’il les réduit à des stéréotypes simplistes (inexpérience, immaturité, irresponsabilité) ou les prive de reconnaissance en tant qu’individus compétents.
Dans le domaine de la santé, cette discrimination peut prendre plusieurs formes. Elle se manifeste, d’une part, par l’invisibilisation des besoins spécifiques des jeunes sous prétexte qu’ils seraient « en bonne santé » ou naturellement « résilients ». D’autre part, leur développement normal peut être pathologisé, comme en témoigne l’interprétation fréquente de leur instabilité émotionnelle comme une forme de déviance. Cette double dynamique conduit à une sous-estimation de leurs souffrances psychiques, à un accès inégal aux soins et à des prises en charge inadaptées (Wray-Lake et al., 2025)[32].
Les jeunes se déclarent plus souvent victimes de discriminations ou de traitements inégalitaires que les plus âgés. Selon l’enquête Trajectoires et origines (TeO2), les jeunes femmes le rapportent 1,3 fois plus que les jeunes hommes, et les jeunes descendants d’immigrés deux fois plus que les autres jeunes (INJEP, 2024)[33]. Ainsi, la jeunesse agit comme un amplificateur d’autres formes de discriminations, notamment celles liées à l’origine ethnique supposée ou au sexe. Ce ressenti discriminatoire s’explique davantage par une exposition accrue aux risques que par une plus forte sensibilité à ces thématiques (Lesné, 2013)[34].
Par ailleurs, des inégalités sociales et économiques influencent fortement l’accès aux soins des jeunes. Une étude française (Baggio et al., 2017)[35] révèle que 27,2 % des jeunes adultes en enseignement supérieur renoncent aux soins, notamment en raison de contraintes financières, de l’automédication, d’un manque de temps ou de l’attente d’une amélioration spontanée. Les jeunes issus de milieux défavorisés, sans assurance complémentaire ou exerçant un emploi parallèlement à leurs études, sont les plus concernés. Cette situation accroît les risques de complications médicales et renforce les inégalités de santé. Des mesures telles que des tarifs adaptés, un meilleur accès à l’information et la présence de services médicaux sur les campus universitaires sont essentielles pour y remédier.
La prise en charge de la douleur chez les jeunes constitue également un enjeu majeur de discrimination en santé. Zisk (2003)[36] a mis en lumière la minimisation historique de la douleur chez les jeunes patients, en particulier les nourrissons, longtemps exclus des protocoles de gestion de la douleur. Aujourd’hui encore, la douleur psychologique est fréquemment banalisée et attribuée à des phases de développement, retardant ainsi les diagnostics et les traitements adaptés (France Assos Santé, 2025)[37]. Selon le rapport "Solutions pour la douleur chez les enfants" (2024)[38], malgré les avancées en recherche, les enfants et jeunes continuent de subir une prise en charge inégale, en raison de biais d’âge. Les nourrissons peuvent subir jusqu’à 14 interventions douloureuses par jour, la plupart sans gestion adéquate. De plus, des facteurs sociaux comme l’origine, le handicap ou la neuroatypie accentuent encore ces inégalités par le biais de stéréotypes racistes ou capacitistes.
La santé mentale des jeunes est un autre domaine où l’âgisme se conjugue à d’autres formes de discrimination. Selon un rapport de l’OMS (2023)[39], 14 % des adolescents de 10 à 19 ans souffrent de troubles mentaux, mais ces troubles restent largement ignorés ou sous-estimés. Les jeunes concernés sont exposés à la stigmatisation, à l’exclusion sociale et à des violations de leurs droits, ce qui freine leur accès aux soins et aggrave leur vulnérabilité.
Enfin, l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive est également marqué par des discriminations importantes (Elleschild, 2008)[40]. Les jeunes en situation de précarité, vivant dans la rue ou engagés dans des relations homosexuelles, rencontrent de nombreux obstacles : difficultés d’accès à l’information, jugements moralisateurs, stigmatisation ou encore politiques restrictives comme l’abstinence obligatoire. Les jeunes femmes sont parfois jugées pour leur sexualité, tandis que les jeunes hommes voient leurs besoins minimisés. Ces obstacles renforcent les inégalités d’accès à la prévention, au diagnostic et au traitement.
En somme, l’âge, chez les jeunes, ne constitue pas seulement un facteur de discrimination en soi, mais agit comme un amplificateur d’autres formes d’inégalités, qu’elles soient sociales, économiques, ethniques ou de genre. Ces discriminations cumulées rendent leur accès aux soins, en particulier dans le champ de la santé mentale, physique ou sexuelle, d’autant plus difficile, soulignant la nécessité de politiques inclusives et adaptées à cette population vulnérable.
Discrimination sur le handicap ou validisme
[modifier | modifier le wikicode]Les personnes en situation de handicap font face à des discriminations systémiques dans le domaine de la santé, qui prennent racine dans ce que l’on appelle le validisme (ou capacitisme). Selon la définition de l’Association Française des Managers de la Diversité (2023)[41], le validisme désigne une forme d’oppression systémique des personnes handicapées, qui va des préjugés aux discriminations concrètes, et qui considère le handicap comme un écart à la norme, voire une condition à dépasser. Ce biais structurel engendre des représentations stéréotypées : les personnes handicapées seraient à plaindre, moquées, perçues comme asexuées, exclues des espaces publics et absentes des représentations médiatiques.
Dans le système de santé, ce validisme se manifeste par une préférence pour les modes de vie non-handicapés, ce qui produit des pratiques et des décisions médicales excluantes. Le modèle médical dominant tend à considérer le handicap comme un problème individuel à « réparer », invisibilisant les obstacles sociaux et environnementaux qui entravent réellement l'accès aux soins (Patten, 2024 [42] ; Ames et al., 2024[43]). Cette logique contribue à perpétuer le récit tragique du handicap, centré sur le déficit, et entretient l’idée selon laquelle la personne handicapée doit s’efforcer d’atteindre une norme inatteignable – celle de la personne valide (Carter Long, cité dans Bottema-Beutel et al., 2024[44]).
Ce biais systémique est particulièrement violent pour les personnes en situation de handicap invisible, comme les troubles psychiques ou cognitifs, souvent mal reconnus voire remis en question par les professionnels de santé. Ces personnes font l’objet de jugements implicites, d’une moindre empathie, et doivent fréquemment justifier leur condition pour obtenir une reconnaissance ou un accompagnement adéquat (Perrin, 2023[45] ; Saylor et al., 2022[46]). Cela mène à une sous-prise en charge médicale ou psychologique, renforçant l’isolement et l’aggravation des symptômes.
Comme le soulignent Watermeyer et Swartz (2023)[47], le handicap ne peut être traité comme une simple catégorie identitaire parmi d'autres dans l’analyse des discriminations en santé. Il interagit avec l’ensemble des autres formes d’inégalités (racisme, sexisme, précarité, statut migratoire) pour en amplifier les effets. L’exclusion des personnes handicapées de la recherche biomédicale, des dispositifs de prévention ou de l’éducation à la santé est notamment causée par des stéréotypes sur leur vulnérabilité ou par des méthodologies inaccessibles. De plus, l’inaccessibilité des soins, les retards de diagnostic et l’absence d’intervention précoce aggravent les pathologies existantes ou en génèrent de nouvelles, créant un cycle d’exclusion et de détérioration de la santé.
Les données empiriques confirment ces inégalités. L’étude de Pichetti et al. (2016)[48], fondée sur l’enquête Handicap-Santé-Ménages, montre que les personnes présentant une limitation fonctionnelle – notamment motrice – ont un recours significativement moindre aux soins de prévention (dentaire, gynécologique, vaccination), avec des écarts allant jusqu’à 27 points par rapport à la population générale. Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par les déterminants socio-économiques, mais aussi par des obstacles structurels persistants tels que l’inaccessibilité physique ou l’absence d’équipements adaptés dans les établissements de santé.
Pour les personnes vivant avec des troubles psychiques, les discriminations sont encore plus profondément ancrées. Une enquête Ipsos (2014)[49] révélait que 74 % des Français considèrent les « malades mentaux » comme dangereux, et 52 % se disent gênés à l’idée de cohabiter avec une personne atteinte de troubles mentaux. Cette stigmatisation sociale affecte directement l’accès aux soins, le logement, l’emploi, et mine l’estime de soi des personnes concernées. Elle engendre des comportements d’évitement des soins, de renoncement ou encore d’auto-stigmatisation, autant de freins à une prise en charge adaptée (Caria, Fond-Harmant & Denis, 2019)[50].
Face à ces constats, les chercheurs et militants plaident pour une perspective anti-validiste dans la formation des professionnels de santé, qui intègre les vécus des personnes handicapées et interroge les modèles implicites à l’œuvre. Cela passe par une auto-évaluation des biais, l’écoute des personnes concernées dans les décisions médicales, et un engagement structurel pour rendre les soins réellement inclusifs (Bottema-Beutel et al., 2024 [44] ; Ames et al., 2024 [43] ; Watermeyer & Swartz, 2023[47]).
Discrimination en lien avec la corpulence dans le système de soin
[modifier | modifier le wikicode]Dans un système de santé fondé sur les principes d’égalité et d’universalité, il peut sembler paradoxal de parler de discriminations. Pourtant, de nombreux témoignages et études démontrent que la corpulence d’un patient – qu’elle soit perçue comme excessive ou insuffisante – influe sur la qualité des soins reçus. Ces discriminations, souvent invisibles ou minimisées, relèvent de deux formes principales : la grossophobie médicale, qui touche les personnes en surpoids ou en situation d’obésité, et la maigrophobie, qui affecte les individus jugés trop maigres. Ces stigmatisations ont des effets profonds sur la santé physique et mentale des patients, mais aussi sur leur rapport au système de santé. Une étude de 2021 révèle que 87% des patients en situation d’obésité interrogés ont ressenti une forme de stigmatisation grossophobe lors de consultations médicales. (Merle & Payeur, 2022).[51]
1. Une discrimination omniprésente mais peu reconnue
La grossophobie médicale désigne l’ensemble des attitudes, comportements ou décisions médicales discriminatoires envers les personnes en surpoids ou obèses. (Cuvelier & Taillé, 2019) [52] Elle se manifeste par des jugements moraux, une focalisation systématique sur le poids, et une minimisation des autres symptômes présentés par le patient. La grossophobie, se traduit par des enjeux de représentations. Des représentations sont intériorisées dans l’imaginaire collectif.
La maigrophobie, bien que moins étudiée, engendre également des conséquences néfastes : les patients jugés «trop maigres» sont souvent perçus comme fragiles, voire soupçonnés d’avoir des troubles du comportement alimentaire sans preuve clinique. Leurs plaintes peuvent être invalidées ou psychologisées à tort.
2. Manifestations concrètes dans les parcours de soins
La Défenseure des droits a publié un rapport en mai 2024 alertant sur les discriminations systémiques dans l'accès aux soins en France. («Rapport annuel d’activité 2024 du Défenseur des droits », s. d.) Ces discriminations se manifestent à toutes les étapes du parcours médical : premièrement, par un retards de diagnostic dus à une interprétation systématique des symptômes à travers le prisme du poids. Mais également par un refus implicites ou explicites de soins (ex. : chirurgie bariatrique refusée sur des critères non objectifs). (Gupta et al., 2020) [53] Avec des infrastructures inadaptées (fauteuils trop étroits, tables d'examen non renforcées). Et enfin à travers le langage dévalorisant, remarques culpabilisantes, injonctions à la perte de poids sans écoute réelle.
Le mémoire de recherche de l’Université Toulouse II (2019) indique que 83,1% des soignants évoquent un manque de matériel adapté aux patients obèses, et 52,3% pointent le manque de temps pour une prise en charge complète. Ces limites structurelles contribuent à une expérience de soins dégradée pour les personnes hors normes pondérales. (La relation patients-soignants dans le cadre de la consultation médicale de prise en charge des patients adultes en situations d’obésités en France, s. d.) [54]
3. Origines structurelles et culturelles de la stigmatisation liée au poids
3.1. Un biais enraciné dans la formation biomédicale
La médecine occidentale, notamment en France, repose sur des standards biométriques normatifs, notamment l’Indice de Masse Corporelle (IMC), qui devient parfois un critère unique de santé. (Pourquoi l’IMC n’est plus suffisant pour évaluer l’obésité et la santé, 2025) [55] Cette focalisation excessive sur le poids néglige la diversité corporelle et les facteurs environnementaux, génétiques ou socio-économiques. La formation médicale ne prépare pas suffisamment les soignants à appréhender l’obésité comme une maladie chronique multifactorielle.
3.2. Influence des normes sociales et des stéréotypes
La société valorise la minceur comme gage de santé, de volonté et d’esthétique. Cette représentation est intégrée, parfois inconsciemment, par les professionnels de santé. Selon une étude de l’Inserm, 38% des femmes et 54% des hommes interrogés attribuent l’obésité à un «manque de volonté». Ce jugement moral influe directement sur la relation de soin et alimente les discours culpabilisants. (Thebault, 2023) [56]
Solenne Carof, sociologue à Sorbonne Université, démontre dans son ouvrage "Grossophobie, sociologie d’une discrimination invisible" que cette stigmatisation est systémique, et qu’elle touche plus fortement les femmes. La maigreur, quant à elle, est souvent banalisée ou perçue comme un idéal, rendant la maigrophobie plus difficile à identifier. (Schlegel, 2021) [57]
3.3. Limites organisationnelles et structurelles du système de santé
Le manque de moyens matériels adaptés, l'absence de protocoles dédiés, et le défaut de formation des soignants participent à une prise en charge inadéquate. De nombreux établissements ne disposent pas d’infrastructures compatibles avec les patients corpulents (blouses, lits, balances, etc.), ce qui crée une gêne physique mais aussi psychologique. Ce contexte contribue à renforcer la méfiance des patients et leur retrait du parcours de soins.
4. Conséquences médicales, psychologiques et sociales de la discrimination pondérale
La stigmatisation du poids entraîne une surmédicalisation du poids et une sous-évaluation des autres pathologiess. Cette réduction de la personne à sa corpulence peut conduire à des erreurs de diagnostic et à des retards de traitement.
Les patients stigmatisés développent fréquemment de l’anxiété, des troubles du comportement alimentaire, une faible estime d’eux-mêmes, voire une phobie médicale. Certains évitent complètement les consultations par crainte du jugement. La relation thérapeutique s’en trouve gravement altérée. Une méta-analyse internationale souligne que l'intériorisation des préjugés sur le poids est corrélée à une détérioration de la santé mentale, une qualité de vie réduite, et des comportements alimentaires désordonnés. (Hooper et al., 2025) [58]
Lorsque les patients sentent que les recommandations médicales reposent sur des préjugés, ils sont moins enclins à suivre les prescriptions. Selon (Merle & Payeur, 2022) [59] 64% des répondants ont déjà arrêté leur suivi médical ou paramédical à cause de discrimination. La grossophobie réduit ainsi l’efficacité des traitements médicamenteux ou comportementaux, aggravant les pathologies existantes.
5. Vers une prise en charge plus inclusive : pistes de solution
Il est indispensable que les établissements de santé disposent de matériel adapté (fauteuils, tensiomètres, balances, etc.), de protocoles de soins tenant compte de la diversité corporelle et des espaces de soin pensés pour garantir confort et dignité. Le « Plan d’action : Obésité-Etablissements de soins » analyse les conditions d’amélioration d’accès aux soins, leur qualité et leur sécurité des établissements hospitaliers. [60] La création d’un Observatoire national des discriminations dans le soin, comme recommandé par la Défenseure des droits, serait une avancée majeure. Cet organisme pourrait centraliser les données, recevoir les signalements, et proposer des politiques publiques concrètes.
Des programmes de formation initiale et continue doivent intégrer une approche globale de la santé pondérale, une réflexion critique sur l’usage de l’IMC et une formation à la communication bienveillante et non jugeante.
Discriminations envers les maladies physiques et mentales
[modifier | modifier le wikicode]La discrimination et la stigmatisation des patients souffrant de maladies physiques et mentales constituent un enjeu majeur dans le domaine de la santé. Diverses études mettent en évidence les obstacles que rencontrent ces patients dans l'accès aux soins, les impacts psychologiques qui en découlent, ainsi que le rôle des professionnels de santé dans la perpétuation ou la réduction de ces inégalités.
L’étude de McGill et al. (2024)[61] souligne l’impact de la discrimination fondée sur la maladie et l’ethnie sur la douleur ressentie par les patients atteints de drépanocytose aux États-Unis. Les auteurs montrent que cette discrimination entraîne une internalisation de la stigmatisation, et des symptômes dépressifs, qui aggravent les souffrances ressentis par les patients.
La stigmatisation des patients souffrant de troubles psychiatriques est un problème ancien et persistant. Rössler (2016)[62] rappelle que l’exclusion sociale des individus atteints de troubles mentaux est un phénomène millénaire qui perdure encore aujourd’hui. Cette stigmatisation se manifeste non seulement dans la société, mais aussi au sein même du système de santé, où les professionnels adoptent parfois des attitudes discriminantes (Picco et al., 2019)[63].
Subu et al. (2024)[64] ont étudié la perception des étudiants en santé indonésiens vis-à-vis des personnes atteintes de troubles mentaux. Leurs résultats révèlent des attitudes négatives et une méconnaissance des réalités de ces patients, ce qui pourrait influencer leur future pratique médicale. De même, l’étude d’Ostrow, Manderscheid et Mojtabai (2014)[65] met en lumière les difficultés d’accès aux soins pour les personnes souffrant de maladies mentales graves, accentuées par la stigmatisation de la part des soignants. Cette discrimination a des conséquences importantes, notamment un retard dans la prise en charge de pathologies somatiques, conduisant à une mortalité prématurée de ces patients.
Les professionnels de santé ne sont pas à l’abri de préjugés à l’égard des patients psychiatriques. Comme le souligne l’Organisation mondiale de la Santé (2001)[66], les personnes atteintes de troubles mentaux cherchent rarement de l’aide auprès des professionnels de santé, en raison du rejet et de la méfiance qu’elles ressentent. Cette réticence est alimentée par des expériences passées de discrimination dans le système médical.
L’étude de Picco et al. (2019)[63] en Singapour révèle qu’un phénomène d’« associative stigma » existe parmi les professionnels de santé, qui craignent que leur implication dans la psychiatrie ne nuise à leur réputation. Cette situation peut nuire à la qualité des soins prodigués et dissuader les soignants d’opter pour des carrières en santé mentale.
Pour lutter contre ces discriminations, plusieurs pistes peuvent être envisagées. Tout d’abord, il est nécessaire de sensibiliser les professionnels de santé aux biais inconscients qu’ils peuvent entretenir à l’égard des patients psychiatriques ou atteints de maladies chroniques. Des programmes de formation et des campagnes de sensibilisation devraient être mis en place dès les études médicales, comme le suggèrent Subu et al. (2024)[64].
Ensuite, il est essentiel de favoriser une prise en charge intégrée des patients psychiatriques, en leur garantissant un accès équitable aux soins somatiques. Enfin, la recherche sur la discrimination en santé doit être encouragée afin d’identifier les meilleures pratiques pour améliorer la prise en charge de tous les patients, sans distinction de condition physique ou mentale.
La discrimination en santé, qu’elle soit liée à une maladie physique chronique comme la drépanocytose ou à une pathologie psychiatrique, a des répercussions directes sur la qualité de vie et l’espérance de vie des patients. Les études examinées mettent en évidence le rôle des professionnels de santé dans cette dynamique et la nécessité de réformer la formation et les pratiques médicales pour une prise en charge plus juste et bienveillante. Lutter contre la stigmatisation dans le domaine de la santé est un enjeu fondamental pour garantir une égalité d’accès aux soins pour tous.
Discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre
[modifier | modifier le wikicode]Avant de commencer il est nécessaire de revenir sur la définition de concepts clefs comme le genre l’identité de genre.
Sexe
Le sexe désigne les caractéristiques biologiques (chromosomes, organes génitaux, hormones) qui permettent de classer les individus en catégories mâle, femelle ou intersexe. Bien que souvent perçu comme binaire, le sexe comprend en réalité des variations naturelles (intersexuation) qui défient cette dichotomie (World Health Organization [WHO], n.d.-a)[67].
Genre
Le genre est une construction sociale qui regroupe les attentes, comportements, normes et rôles associés au sexe attribué à la naissance. Il varie d'une culture à une autre et évolue dans le temps. Il ne se limite pas aux catégories "homme" et "femme", et inclut des identités non binaires, fluides ou agenres (WHO, n.d.-b ; NPR, 2021) [68][69].
Identité de genre
L’identité de genre est le vécu intime et profond que chacun a de son propre genre. Elle peut ou non correspondre au sexe assigné à la naissance. Lorsqu’elle correspond, on parle de personnes cisgenres ; lorsqu’elle ne correspond pas, on parle de personnes transgenres (American Psychiatric Association, n.d.)[70].
Expression de genre
L’expression de genre fait référence à la façon dont une personne présente son genre dans la société : style vestimentaire, comportement, voix, posture… Elle peut être en accord ou non avec les stéréotypes associés au sexe (American Psychiatric Association, n.d.)[70].
Orientation sexuelle
L’orientation sexuelle désigne l’attirance émotionnelle, affective et/ou sexuelle envers d'autres personnes. Elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle, etc. (American Psychological Association [APA], 2015 [71]; National Institutes of Health [NIH], n.d.[72]).
Comme mentionné précédemment, les discriminations entre hommes et femmes seront l’objet de notre dernière partie. Nous allons faire un focus sur les autres identités de genres et les orientations sexuelles.
Tableau récapitulatif
| Terme | Définition | Exemples |
| Sexe | Caractéristiques biologiques assignées à la naissance | Féminin, masculin, intersexe |
| Genre | Rôles et comportements socialement construits associés au sexe | Masculin, féminin, non binaire |
| Identité de genre | Vécu subjectif du genre, qui peut ou non correspondre au sexe assigné | Homme, femme, non binaire, agenre |
| Expression de genre | Manière d’exprimer son genre via l’apparence et le comportement | Féminine, masculine, androgyne |
| Orientation sexuelle | Attirance émotionnelle et/ou sexuelle envers d’autres personnes | Hétérosexuelle, homosexuelle, pansexuelle, asexuelle |
Discriminations en lien avec l’identité de genre
[modifier | modifier le wikicode]Les personnes LGBTQIA+ continuent de rencontrer des difficultés majeures dans leur accès aux soins, malgré les principes d’égalité et de non-discrimination inscrits dans le Code de la santé publique (article L.1110-3). Les discriminations peuvent être explicites (refus de soins, jugements moraux), ou plus insidieuses (méconnaissance, indifférence aux besoins spécifiques). Une revue systématique européenne a mis en évidence que les minorités sexuelles et de genre subissent des taux plus élevés de mauvaise prise en charge médicale et de renoncement aux soins (Nowakowski et al., 2023)[73]. En France, ces inégalités sont confirmées par les enquêtes nationales, notamment celles de Santé publique France (2021)[74].
Discriminations envers les personnes transgenres
Les personnes transgenres font partie des populations les plus exposées à la discrimination dans le domaine médical. Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), les parcours de soins des personnes trans sont souvent marqués par une pathologisation persistante, des refus de soins, ou une inadéquation entre les offres de soins et leurs besoins (IGAS, 2021)[75]. Une revue systématique récente a confirmé que dans de nombreux pays, y compris en Europe, les personnes trans sont confrontées à un système de santé inadapté, qui engendre souvent des retards de prise en charge ou des traitements inappropriés (Callahan et al., 2023)[76].
De nombreuses personnes trans évitent d’aller consulter par crainte d’être jugées, mégenrées ou discriminées. En France, 65 % des personnes trans déclarent avoir été discriminées lors d’un entretien médical (Santé publique France, 2021)[74].
Discriminations au delà de la binarité et de la transidentité
Les personnes non binaires ou agenres sont souvent invisibilisées dans les formulaires médicaux, les dossiers de santé, ou les interactions avec les professionnels, qui demandent systématiquement de cocher « homme » ou « femme ». Cette invisibilité entraîne un manque de données de santé publique les concernant (National Academies of Sciences, 2022)[77].
Le mégenrage (emploi du mauvais pronom ou prénom) est ici aussi courant et vécu comme une violence symbolique. De nombreux professionnels de santé ignorent ou ne reconnaissent pas les identités de genre hors du cadre binaire, ce qui peut provoquer du stress, du renoncement aux soins ou des consultations écourtées.
Certaines personnes non binaires rapportent avoir été objectifiées, moquées ou remises en question sur leur légitimité à demander certains soins. Elles sont aussi exposées à des taux plus élevés d’anxiété et de dépression, en raison du rejet social et médical (Baptiste-Roberts et al., 2022)[78].
L’offre de soins ne prend pas en compte les besoins spécifiques des personnes non binaires ou agenres (par exemple, pour les suivis gynécologiques ou endocriniens). Il existe des lacunes importantes dans la formation médicale, même chez les spécialistes accompagnant les parcours de transition (Callahan et al., 2023)[76].
Discriminations en lien avec l’orientation sexuelle
[modifier | modifier le wikicode]Discriminations envers les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles (LGB)
Les personnes LGB subissent également une stigmatisation dans leur parcours de santé. Une revue systématique sur les discriminations dans les contextes médicaux a mis en lumière l’existence de préjugés persistants chez les professionnels de santé, souvent liés à un manque de formation ou à une méconnaissance des besoins spécifiques des personnes LGB (Alencar Albuquerque et al., 2016)[79]. En France, près d’un homme gay sur cinq et d’une femme lesbienne sur cinq rapporte avoir vécu une situation discriminatoire dans un contexte médical (Santé publique France, 2021)[74].
L’absence de discussion autour de l’orientation sexuelle entre patient et professionnel de santé est également préoccupante. Près d’une femme lesbienne sur deux (49 %) n’a jamais évoqué ce sujet avec son médecin traitant, et 81 % déclarent que le médecin ne leur a jamais posé la question (Santé publique France, 2021)[74]. Cette invisibilité peut avoir un effet délétère sur la prévention (VIH, IST, vaccination HPV…).
Asexualité et aromantisme : invisibilité et pathologisation
Les personnes asexuelles (absence ou faible attirance sexuelle) et aromantiques (absence d’attirance romantique) sont souvent mal comprises par les professionnel·les de santé. Leur orientation est fréquemment perçue comme un trouble à corriger, ce qui peut entraîner des recommandations médicales inadaptées, telles que des prescriptions hormonales injustifiées ou des psychothérapies non sollicitées (Bogaert, 2015 [80] ; MacInnis & Hodson, 2012[81]).
En 2023, un rapport mené par Yasmin Benoit en partenariat avec Stonewall au Royaume-Uni a révélé que 89 % des personnes asexuelles interrogées estimaient que leur orientation était mal prise en compte dans les soins de santé, avec un taux de pathologisation particulièrement élevé (Benoit & Stonewall, 2023)[82].
Pansexualité, queer et orientations invisibilisées : stéréotypes et invalidation
Les personnes pansexuelles, qui ressentent de l’attirance indépendamment du genre, ou celles qui se définissent comme queer, sont souvent confrontées à des jugements stéréotypés. Ces identités sont régulièrement qualifiées de "confuses", "instables" ou "exagérées", y compris dans les interactions médicales (Casey et al., 2019)[83]. Cela peut engendrer un refus implicite de reconnaissance, qui fragilise la relation de soin et peut mener à une dissimulation de l’orientation par crainte du rejet.
Effacement dans les données de santé et les campagnes de prévention
Les orientations autres que LGB sont largement invisibles dans les statistiques de santé publique, les questionnaires médicaux, ainsi que dans les campagnes de prévention (National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine, 2022)[84]. Cette absence contribue à un manque de prise en compte de leurs besoins, notamment en santé sexuelle, où les discours sont centrés sur les rapports hétérosexuels ou homosexuels, sans inclure la diversité réelle des pratiques et identités.
De plus, peu de professionnel·les sont formé·es à l'accompagnement spécifique de personnes asexuelles ou pansexuelles, ce qui laisse ces patient·es sans repères ni soins adaptés.
Conséquences des discriminations liées à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle
[modifier | modifier le wikicode]Les discriminations ont des effets directs et indirects sur la santé des personnes LGBTQIA+. Plusieurs études ont montré qu’elles sont associées à un niveau plus élevé de stress, d’anxiété, de dépression, et à un moindre recours aux soins (Baptiste-Roberts et al., 2022)[85]. La stigmatisation médicale crée un climat de méfiance et peut entraîner un retard de diagnostic ou l’absence de suivi médical.
Le manque de reconnaissance et la stigmatisation vécus par les personnes aux orientations sexuelles non conventionnelles peuvent entraîner des effets délétères sur la santé mentale : anxiété, isolement, dépression, renoncement aux soins (APA, 2015) [71][86]. Une étude menée aux États-Unis a révélé que ces discriminations sont corrélées à un niveau plus élevé de détresse psychologique chez les personnes queer et pansexuelles que chez les personnes hétérosexuelles ou même LGB (Casey et al., 2019)[83].
Statut socio-économique
[modifier | modifier le wikicode]Les discriminations en santé : L'impact du lieu de résidence
[modifier | modifier le wikicode]Les discrimination dans l’accès à la santé sont influencées par divers facteurs socio-économiques, dont le lieu de résidence. Ces discriminations se manifestent par des inégalités d’accès aux soins entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les quartiers favorisés et défavorisés. Dans les déserts médicaux, le manque de professionnels de santé, de structures hospitalières et de spécialités médicales limite la prise en charge des patients, entraînant des délais d’attente plus longs et une moindre qualité des soins. De plus, dans certains quartiers précaires, des facteurs socio-économiques et environnementaux aggravent ces inégalités, comme l’exposition accrue à la pollution ou le manque d’infrastructures adaptées. Cette disparité territoriale peut engendrer une perte de chance pour les patients, compromettant leur droit à une santé équitable.
L'étude d'Eberhardt et Pamuk (2004) [87] met en évidence ces disparités entre les populations rurales et urbaines aux États-Unis. Trois constat sont relevés au sein de l’étude. Premièrement, l'obésité, la sédentarité et le tabagisme sont plus répandus en milieu rural. Deuxièmement, les habitants des zones rurales ont un taux plus élevé de non-assurance médicale, ce qui réduit leur accès aux soins préventifs et curatifs. Troisièmement, la pénurie de professionnels de santé en milieu rural limite la disponibilité des soins spécialisés et de qualité.
Ces inégalités peuvent avoir de lourdes conséquences. En effet, l’étude montre une mortalité prématurée plus élevée dans les zones rurales, en raison notamment d’un accès réduit aux soins médicaux d’urgence et préventifs. De plus, certaines maladies cardiovasculaires, le diabète et les affections respiratoires chroniques, sont plus fréquentes en milieu rural, en partie à cause de conditions socio-économiques défavorables et d’un accès limité aux services de santé spécialisés. Pour finir, le suicide et les décès dus aux blessures non intentionnelles (accidents de la route, par exemple) sont plus fréquents dans les zones rurales, notamment dû à une prise en charge tardive.
Ainsi, pour réduire ces discriminations dans l’accès aux soins, une meilleure répartition des infrastructures, une augmentation des professionnels de santé dans les zones sous-desservies ainsi que des politiques de prévention adaptées aux réalités socio-économiques des populations rurales, sont à développer.
Les discriminations en santé : L'impact de la situation économique
[modifier | modifier le wikicode]Les discriminations dans l’accès à la santé sont fortement influencées par la situation socio-économique des individus. Ces inégalités se manifestent par des différences d’accès aux soins selon le niveau de revenu, le statut professionnel, ou encore la couverture sociale. Les personnes précaires, sans emploi stable ou sans assurance complémentaire, rencontrent de nombreux obstacles : délais d’attente plus longs, orientation vers des structures moins équipées, ou encore renvoi vers des dispositifs spécifiques comme les PASS (permanence d’accès aux soins de santé). Ces structures, bien qu’essentielles, sont souvent surchargées et perçues comme des parcours de santé « de seconde zone ».
L’étude de Sylvie Morel (2019) [88] met en lumière l’existence de « filières de soins à plusieurs vitesses » en fonction du profil socio-économique des patients. Dans les cliniques privées, les patients sont triés à l’entrée selon leur solvabilité et leur couverture santé. Les pathologies complexes ou les situations sociales lourdes (sans domicile, addiction, isolement) y sont rarement prises en charge. À l’inverse, les hôpitaux publics reçoivent une population plus diversifiée, souvent en grande précarité, mais eux aussi pratiquent des formes de sélection, orientant les patients les plus fragiles vers les PASS ou vers des associations humanitaires comme Médecins du Monde. Ces mécanismes de tri, bien qu’informels, conduisent à une marginalisation de certains publics.
Les conséquences sont lourdes : retards de prise en charge, diagnostics tardifs, aggravation des pathologies, voire renoncement aux soins. Les patients en situation de précarité vivent souvent leur parcours de santé comme un combat, marqué par l’humiliation, la méfiance et l’instabilité. Comme le souligne Morel, ces discriminations structurelles ne sont pas le fruit de comportements individuels, mais d’un système de soins qui, sous pression budgétaire, priorise l’efficience économique au détriment de l’équité.
Pour lutter contre ces inégalités, il est indispensable de repenser l’organisation des soins en y intégrant des critères de justice sociale : renforcement du financement des structures accueillant les plus précaires, lutte contre le tri discriminatoire, accès effectif aux droits (AME, CMU-C), et développement de politiques de santé publiques inclusives. Sans cela, le droit à la santé pour tous reste largement théorique.
Les discriminations en santé : L'impact de l’origine ethnique
[modifier | modifier le wikicode]L’origine ethnique constitue un facteur structurant des discriminations en santé, tant dans l’accès aux soins que dans la qualité de leur prise en charge. En France, les personnes perçues comme issues de minorités racisées, notamment les populations asiatiques, font face à des stigmatisations spécifiques qui s’expriment aussi dans le système de soins. L’article de Wang et al. (2022)[89], centré sur le racisme anti-asiatique au temps de la pandémie de Covid-19, met en lumière la manière dont la crise sanitaire a catalysé ces discriminations à l’encontre des personnes d’origine chinoise vivant en France.
L’étude montre que la pandémie a réveillé des préjugés anciens, ancrés dans l’histoire coloniale et relayés par les médias, associant les personnes asiatiques à des images de saleté, de danger et d’étrangeté. Ces représentations ont généré des comportements discriminatoires dans les espaces publics, les transports, mais aussi dans les établissements de santé, avec des refus de soins implicites ou explicites, et des attitudes de rejet. En s’appuyant sur des témoignages qualitatifs, l’étude révèle que les primo-arrivants comme les descendants ont été touchés, bien que de manière différenciée. Les descendants se montrent en général plus politisés et conscients des enjeux raciaux, tandis que certains primo-arrivants, notamment les plus insérés professionnellement, ont longtemps nié l’existence du racisme avant d’en faire l’expérience durant la pandémie.
Le racisme anti-asiatique s’est aussi manifesté dans des pratiques d’évitement, une autocensure dans l’usage du masque ou une peur d’être perçus comme vecteurs du virus. Cela a provoqué un stress supplémentaire, une diminution du recours aux soins, et un sentiment d’insécurité renforcé chez les personnes concernées. Par ailleurs, la stigmatisation s’est parfois accompagnée d’un déni de reconnaissance du problème au sein même des institutions de santé, où le racisme structurel reste largement impensé ou sous-estimé.
Face à ces discriminations, des formes de résistance ont émergé, à travers la mobilisation d’associations comme l’AJCF ou des collectifs militants tels que AVE ou Free Hugs, visant à visibiliser le racisme anti-asiatique et revendiquer une reconnaissance pleine et entière dans la société française. Toutefois, comme le soulignent les auteurs, ces mouvements de conscientisation restent confrontés à des freins institutionnels et sociaux, notamment le manque de données ethniques et l’absence d’un cadre juridique clair pour qualifier et combattre le racisme structurel dans les institutions de santé.
Pour garantir un accès équitable aux soins, il est indispensable de reconnaître l’impact de l’origine ethnique dans les parcours de santé, de former les professionnels à la lutte contre les biais raciaux, et de favoriser une meilleure représentation des populations racisées dans les politiques de santé publique.
Discriminations en lien avec les idéaux
[modifier | modifier le wikicode]Contexte international
[modifier | modifier le wikicode]Une méta-analyse plus récente de Yip et al. (2019)[90] indique que l’impact de la discrimination peut être modulé par l’identité ethnique. Chez les populations latino-américaines, une forte identification au groupe ethnique d’origine semble amortir les effets négatifs de la discrimination sur la santé mentale. Paradies et al. (2015)[91] confirment dans leur méta-analyse que l’exposition au racisme est systématiquement associée à une moins bonne santé physique, mentale et comportementale.
Hall, Matz et Wood (2010)[92] ont mené une méta-analyse explorant le lien entre religiosité et préjugés. Ils concluent que la religiosité intrinsèque est faiblement liée à des attitudes tolérantes, tandis que la religiosité extrinsèque (utilitaire ou sociale) est positivement associée aux préjugés, notamment raciaux et homophobes.
Dans une autre synthèse, Jost et al. (2009)[93] mettent en évidence que les individus ayant une orientation politique conservatrice manifestent plus fréquemment des préjugés intergroupes, comparativement à ceux ayant une orientation libérale. Cette corrélation est attribuée à une préférence pour l’ordre social, la hiérarchie et le statu quo.
Une méta-analyse de Paradies et al. (2015)[91] recense plus de 300 études et montre que le racisme systémique est associé à une moins bonne santé mentale et physique, une qualité de vie altérée et une utilisation réduite des services de santé. À l’échelle européenne, une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (2024)[94] révèle que 47 % des musulmans déclarent avoir été victimes de discrimination au cours des cinq dernières années. Ces discriminations sont particulièrement fortes dans l’accès au logement, à l’emploi et aux soins de santé.
Les méta-analyses convergent pour affirmer que la stigmatisation liée à la race, à la religion, aux idéaux ou à l’orientation politique a des conséquences majeures sur la santé mentale et physique. Le phénomène est transversal, structurel et multiforme, et nécessite une réponse à la fois institutionnelle, éducative et politique.
Spécificités françaises en matières de stigmatisation
[modifier | modifier le wikicode]La France se distingue par son attachement à l'universalisme républicain, qui vise à traiter tous les citoyens de manière égale, sans distinction d'origine, de religion ou d'appartenance ethnique. Ce principe, bien qu'aspirant à l'égalité, peut parfois conduire à une invisibilisation des discriminations spécifiques vécues par certains groupes. Par exemple, la loi n° 72-546 du 1er juillet 1972, dite "loi Pleven", a introduit des dispositions pénales pour lutter contre le racisme, mais son application reste parfois limitée en raison de la difficulté à prouver l'intention discriminatoire (Chathuant, 2021)[95].
Le principe de laïcité en France, inscrit dans la Constitution, garantit la neutralité de l'État vis-à-vis des religions. Cependant, ce principe a parfois été interprété de manière restrictive, notamment à l'encontre des musulmans. La loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les écoles publiques et la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public ont été perçues comme ciblant spécifiquement les femmes musulmanes portant le voile (Mazouz, 2017)[96].
Les discours politiques en France ont parfois contribué à la stigmatisation de certains groupes. La montée du Rassemblement National (RN) s'est accompagnée d'une rhétorique axée sur la sécurité, l'immigration et l'identité nationale, souvent au détriment des populations issues de l'immigration. Des études ont montré que les électeurs du RN expriment des attitudes racialisées, percevant les minorités comme des menaces pour l'identité française (Faury, 2024)[97].
Les données statistiques en France sur les discriminations sont limitées en raison du refus de collecter des données ethniques, conformément à l'universalisme républicain. Cependant, des études ont mis en évidence des discriminations persistantes. Par exemple, l'Insee (2024) a rapporté que les descendants d'immigrés ressentent davantage de discriminations que la population générale. De plus, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH, 2022)[98] a observé une augmentation des actes racistes et antireligieux.
- ↑ Code de la santé publique. (2023). Article L1110-3. https://www.legifrance.gouv.fr
- ↑ Défenseur des droits. (2020a). Discriminations et origines : L’urgence d’agir. https://www.defenseurdesdroits.fr
- ↑ Santé publique France. (2019). Ampleur et impact sur la santé des discriminations vécues par les personnes LGBT en France. https://www.santepubliquefrance.fr
- ↑ Défenseur des droits. (2020b). Mise en œuvre de la CIDPH. https://www.defenseurdesdroits.fr
- ↑ 5,0 et 5,1 Santé publique France. (2021). Stigmatisation des minorités sexuelles : Un déterminant clef de leur santé mentale. https://beh.santepubliquefrance.fr
- ↑ Insee. (2021). Immigrés et descendants d’immigrés. https://www.insee.fr
- ↑ Défenseur des droits. (2020c). Rapport annuel 2020. https://www.defenseurdesdroits.fr
- ↑ International, A. (2020). Intersectionnalité : C’est quoi ? https://www.amnesty.fr/focus/intersectionnalite-cest-quoi
- ↑ Pascoe, E. A., et Richman, L. S. (2009). Perceived discrimination and health : A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 135(4), 531‑554. https://doi.org/10.1037/a0016059
- ↑ Yip, T., Wang, Y., Mootoo, C., et Mirpuri, S. (2019). Moderating effect of ethnic identity on the relationship between perceived discrimination and depressive symptoms. Child Development, 90(3), 787‑803. https://doi.org/10.1111/cdev.12995
- ↑ Williams, D. R., et Mohammed, S. A. (2009). Discrimination and racial disparities in health : Evidence and needed research. Journal of Behavioral Medicine, 32(1), 20‑47. https://doi.org/10.1007/s10865-008-9185-0
- ↑ Paradies, Y., Ben, J., Denson, N., Elias, A., Priest, N., Pieterse, A., et Gee, G. C. (2015). Racism as a determinant of health : A systematic review and meta-analysis. PLOS ONE, 10(9), e0138511. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0138511
- ↑ Kydd A and Fleming A. Ageism and age discrimination in health care: fact or fiction? A narrative review of the literature. Maturitas 2015; 81: 432–438.
- ↑ Williams PW. Age discrimination in the delivery of health care services to our elders. Marquette Elder’s Adv 2009; 11(1): article 3, http://scholarship.law.marquette.edu/elders/vol11/iss1/3 (2009, accessed 30 November 2016)
- ↑ 15,0 et 15,1 Adam, S., Joubert, S., & Missotten, P. (2013). L'âgisme et le jeunisme : conséquences trop méconnues par les cliniciens et chercheurs ! Revue de neuropsychologie, 5(1), 4-8. https://doi.org/10.1684/nrp.2013.0248
- ↑ Macia, E., Chapuis-Lucciani, N., & Boëtsch, G. (2007). Stéréotypes liés à l'âge, estime de soi et santé perçue. Sciences sociales et santé, 25(3), 79–106. https://doi.org/10.1684/sss.2007.0305
- ↑ Études et résultats - Difficultés d’accès aux droits et discriminations liées à l’âge avancé | Défenseur des Droits. (s. d.). Défenseur des Droits. https://www.defenseurdesdroits.fr/etudes-et-resultats-difficultes-dacces-aux-droits-et-discriminations-liees-lage-avance-328
- ↑ Goldwasser, F. (2010). La décision médicale en cas de cancer incurable. Dans E. Hirsch (Dir.), Traité de bioéthique (Tome 3, pp. 323–341). Toulouse : Érès.
- ↑ Scher, K. S. et Hurria, A. (2012). Under-representation of older adults in cancer registration trials: known problem, little progress. Journal Clinical Oncology, 10(30), 2036-2038. https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.1200/JCO.2012.41.6727
- ↑ Hagège, M. et Derbez, B. (2022) . Les personnes âgées dans la recherche en cancérologie : une déprise biomédicalisée. Gérontologie et société, vol. 44 / n° 168(2), 229-246. https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.3917/gs1.168.0229
- ↑ Madan AK, Aliabadi-Wahle S, Beech DJ. Ageism in medical students’ treatment recommendations: the example of breast-conserving procedures. Acad Med 2001 ; 76 : 282-4.
- ↑ Aquino, J., & Viatour, G. (2017). La discrimination liée à l’âge : avancée en âge et accès aux soins. Journal du Droit de la Santé et de l’Assurance - Maladie (JDSAM), 16(2), 50-54. https://doi.org/10.3917/jdsam.172.0050
- ↑ France Alzheimer. (2024). Premiers repères sur la maladie. https://www.francealzheimer.org/comprendre-la-maladie/la-maladie-dalzheimer/premiers-reperes-maladie/
- ↑ Whitehouse, P. J., & George, D. (2009). Le mythe de la maladie d’Alzheimer : Ce qu’on ne vous dit pas sur ce diagnostic tant redouté. Marseille : Solal.
- ↑ Scodellaro, C., & Deroche, C. (2008). Les représentations sociales dans la maladie d’Alzheimer. Synthèse de la littérature. INPES, 1, 1–18.
- ↑ Werner, P. (2005). Social distance towards a person with Alzheimer’s disease. International Journal of Geriatric Psychiatry, 20, 182–188.
- ↑ Ollat H. La démence avec corps de Lewy. Neuropsychiatrie : tendances et débats 2000 ; 7 : 19-23.
- ↑ Werner P, Goldstein D, Heinik J. Development and validity of the family stigma in Alzheimer’s disease scale (FS-ADS). Alzheimer Dis Assoc Disord 2010 ; 25 : 1-7.
- ↑ Khervé, H., Gay, M.-C., & Vrignaud, P. (2008). Santé psychique et fardeau des aidants familiaux de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Annales Médico-Psychologiques, 166, 251–259.
- ↑ Werner P. Lay perceptions regarding the competence of persons with Alzheimer’s disease. Int J Geriatr Psychiatry 2006 ; 21 : 674-80
- ↑ Blay SL, Peluso ETP. Public stigma : the community’s tolerance of Alzheimer’s disease. Am J Geriat Psychiat 2010 ; 18 : 163-71.
- ↑ Wray-Lake, L., Rottenberg, J. and Kennedy, H. (2025), Anti-Youth Ageism: What It Is and Why It Matters. Child Dev Perspect. https://doi.org/10.1111/cdep.12540
- ↑ INJEP. (2024, 29 mai). Les discriminations subies par les jeunes - INJEP - Augustin Vicard, directeur de l’INJEP. https://injep.fr/publication/les-discriminations-subies-par-les-jeunes/
- ↑ Lesné, M. (2013). Analyse des ressentis discriminatoires : entre perception individuelle et inégalités structurelles.
- ↑ Baggio, S., Iglesias, K. et Fernex, A. (2017). Le renoncement aux soins chez les jeunes adultes de l’enseignement supérieur français : une étude populationnelle. Médecine préventive, 99, 37-42 . https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2017.02.002.
- ↑ Zisk, R. (2003). Our youngest patients' pain--from disbelief to belief?. Pain management nursing : official journal of the American Society of Pain Management Nurses, 4 1, 40-51 . https://doi.org/10.1053/JPMN.2003.5.
- ↑ France Assos Santé. (2025). Santé mentale : Les jeunes, premières victimes des difficultés d’accès aux soins. https://www.france-assos-sante.org/actualites/sante-mentale-les-jeunes-premieres-victimes-des-difficultes-dacces-aux-soins/
- ↑ Santé des enfants Canada. https://www.childrenshealthcarecanada.ca/en/networks-and-hubs/pediatric-pain
- ↑ World Health Organization. (2023). Santé mentale des adolescents. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/adolescent-mental-health
- ↑ Elleschild, L. R. (2008). Promoting Young People’s Sexual Health. International Perspectives– Edited by Ingham, R. and Aggleton, P. Sociology of Health & Illness, 30(1), 164–165. https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.1111/j.1467-9566.2007.1075_5.x
- ↑ https://www.afmd.fr/
- ↑ Patten, K. (2024). Ableism’s pervasive impact in healthcare: A time for action. Developmental Medicine & Child Neurology, 66(9), 1120–1121. https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.1111/dmcn.15889
- ↑ 43,0 et 43,1 Ames SG, Delaney RK, Delgado-Corcoran C, Houtrow AJ, Alvey A, Watt MH, et al. The impacts of disability-based discrimination in healthcare on parents of children with medical complexity. Dev Med Child Neurol. 2024; 66: 1126–1133.
- ↑ 44,0 et 44,1 Bottema-Beutel K, Sasson N, McKinnon R, Guo R, Braun C, Hand B, et al. Unpacking Abelist Language in Schools: Suggestions for School-based Practitioners. OSF Preprints. 2024; https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.31219/osf.io/73ykq.
- ↑ Perrin, P. (2023). Handicaps visibles et invisibles : représentations sociales et discriminations. Cahiers de la LCD. https://shs.cairn.info/revue-cahiers-de-la-lcd-lutte-contre-les-discriminations-2023-2-page-11
- ↑ Saylor, M. M., et al. (2022). Experiences of students with invisible disabilities in higher education. Frontiers in Psychology. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9257706/
- ↑ 47,0 et 47,1 Watermeyer, B., & Swartz, L. (2023). Disability is central to discrimination in health. The Lancet, 401(10392), 2037–2038. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(23)00140-X
- ↑ Pichetti, S., Penneau, A., Lengagne, P., & Sermet, C. (2016). Accès aux soins et à la prévention des personnes en situation de handicap en France: une exploitation de l'enquête Handicap-Santé-Ménages [Access to care and prevention for people with disabilities in France: Analysis based on data from the 2008 French health and disabilities households surveys (Handicap-Santé-Ménages)]. Revue d'epidemiologie et de sante publique, 64(2), 79–94. https://doi.org/10.1016/j.respe.2015.11.009
- ↑ https://www.ipsos.com/fr-fr
- ↑ Caria, A., Fond-Harmant, L., & Denis, F. (2019). Santé mentale et discriminations : un thème d’actualité pour les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM). Santé publique, 31(5), 609–610.
- ↑ Merle, A. L., & Payeur, R. (2022). Étude des expériences vécues comme grossophobes par les patients en surpoids ou obèses dans le milieu des soins, et les conséquences sur leur prise en charge médicale. 95.
- ↑ Cuvelier, A., & Taillé, C. (2019). Face aux patients obèses : Un nécessaire changement de paradigme. Revue des Maladies Respiratoires, 36(8), 915‑918. https://doi.org/10.1016/j.rmr.2019.07.004
- ↑ Gupta, N., Bombak, A., Foroughi, I., & Riediger, N. (2020). Discrimination dans le système de soins de santé parmi les adultes au poids plus élevé : Données issues d’une enquête transversale nationale canadienne. Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada, 40(11/12), 365‑371. https://doi.org/10.24095/hpcdp.40.11/12.01f
- ↑ La relation patients-soignants dans le cadre de la consultation médicale de prise en charge des patients adultes en situations d’obésités en France : L’analyse de la « grossophobie médicale ». (s. d.). https://dante.univ-tlse2.fr/s/fr/item/8458
- ↑ Pourquoi l’IMC n’est plus suffisant pour évaluer l’obésité et la santé. (2025, janvier 19). https://www.pressesante.com/pourquoi-limc-nest-plus-suffisant-pour-evaluer-lobesite-et-la-sante/
- ↑ Thebault, C. (2023, avril 12). Obésité : Quel regard ont les français ? Université Sorbonne Paris Nord. https://www.univ-spn.fr/etude-sur-les-prejuges-lies-a-lobesite-quel-regard-ont-les-francais/
- ↑ Schlegel, V. (2021). Solenne Carof, Grossophobie. Sociologie d’une discrimination invisible. Lectures. https://doi.org/10.4000/lectures.50839
- ↑ Hooper, S. C., Fitterman-Harris, H. F., & Levinson, C. A. (2025). The unique and interacting roles of internalized weight bias and fear of weight gain, and their associations with eating disorder symptoms. Appetite, 209, 107971. https://doi.org/10.1016/j.appet.2025.107971
- ↑ Merle, A. L., & Payeur, R. (2022). Étude des expériences vécues comme grossophobes par les patients en surpoids ou obèses dans le milieu des soins, et les conséquences sur leur prise en charge médicale. 95.
- ↑ (Rapport A Basdevant obésitéES remis 100409)
- ↑ McGill, L. S., Sánchez González, M. L., Bediako, S. M., Lanzkron, S. M., Yu, L., Beach, M. C., & Campbell, C. M. (2024). Impact of disease- and race-based discrimination in health care on pain outcomes among adults living with sickle cell disease in the United States: The mediating roles of internalized stigma and depressive symptoms. Stigma and Health. https://doi-org.docelec.u-bordeaux.fr/10.1037/sah0000581
- ↑ Rössler W. (2016). The stigma of mental disorders: A millennia-long history of social exclusion and prejudices. EMBO reports, 17(9), 1250–1253. https://doi.org/10.15252/embr.201643041
- ↑ 63,0 et 63,1 Picco, L., Chang, S., Abdin, E., Chua, B. Y., Yuan, Q., Vaingankar, J. A., Ong, S., Yow, K. L., Chua, H. C., Chong, S. A., & Subramaniam, M. (2019). Associative stigma among mental health professionals in Singapore: a cross-sectional study. BMJ Open, 9(7), e028179–e028179. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2018-028179
- ↑ 64,0 et 64,1 Subu, M. A., Dias, J. M., Mottershead, R., Ahmed, F. R., Narulita, S., Maryuni, M., Zakiyah, Z., Nurbaeti, I., Mohamed Al Marzouqi, A., & Al-Yateem, N. (2024). Exploring mental health stigma among Indonesian healthcare students towards individuals with mental illnesses: a qualitative study. International journal of qualitative studies on health and well-being, 19(1), 2327103. https://doi.org/10.1080/17482631.2024.2327103
- ↑ Ostrow, L., Manderscheid, R., & Mojtabai, R. (2014). Stigma and difficulty accessing medical care in a sample of adults with serious mental illness. Journal of health care for the poor and underserved, 25(4), 1956–1965. https://doi.org/10.1353/hpu.2014.0185
- ↑ World Health Organization. (2001, September 28). The World Health Report 2001 – Mental disorders affect one in four people. https://www.who.int/news-room/detail/28-09-2001-the-world-health-report-2001-mental-disorders-affect-one-in-four-people
- ↑ World Health Organization. (s. d.-a). Gender and health. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/gender
- ↑ World Health Organization. (s. d.-b). Sexual health. https://www.who.int/fr/health-topics/sexual-health
- ↑ NPR. (2021). Gender identity, pronouns and expression : A guide for understanding. https://www.npr.org/2021/06/02/996319297/gender-identity-pronouns-expression-guide-lgbtq
- ↑ 70,0 et 70,1 American Psychiatric Association. (s. d.). Definitions of gender, sex, and sexual orientation and pronoun usage. https://www.psychiatry.org/psychiatrists/diversity/education/transgender-and-gender-nonconforming-patients/definitions-and-pronoun-usage
- ↑ 71,0 et 71,1 American Psychological Association. (2015a). Guidelines for psychological practice with lesbian, gay, and bisexual clients. American Psychologist, 70(9), 832‑864. https://doi.org/10.1037/a0039706
- ↑ National Institutes of Health. (s. d.). Sexual orientation and gender identity. https://www.nih.gov/sexual-orientation-and-gender-identity
- ↑ Nowakowski, A. C. H. & others. (2023). The healthcare experiences of LGBT individuals in Europe : A systematic review. https://www.researchgate.net/publication/387440946
- ↑ 74,0 74,1 74,2 et 74,3 Santé publique France. (2021). Discriminations et santé des personnes LGBT en France. https://www.santepubliquefrance.fr
- ↑ IGAS. (2021). Transsexualité, santé et parcours de soins des personnes trans. https://www.vie-publique.fr/rapport/284386-transexualite-sante-et-parcours-de-soins-des-personnes-trans
- ↑ 76,0 et 76,1 Callahan, S. et others. (2023). Transgender healthcare disparities in Europe : A systematic review. BMC Public Health, 23, 1345.
- ↑ National Academies of Sciences, Engineering & Medicine. (2022). Measuring sex, gender identity, and sexual orientation. The National Academies Press. https://doi.org/10.17226/26424
- ↑ Baptiste-Roberts, K., Oraka, E., et Akinbami, L. (2022). Discrimination and health care : A review of impacts across populations. American Journal of Public Health, 112(5), 730‑738. https://doi.org/10.2105/AJPH.2022.306816
- ↑ Alencar Albuquerque, G., de Lima Garcia, C., da Silva Quirino, G., Alves, M. J. H., Belém, J. M., dos Santos Figueiredo, F. W., et Valenti, V. E. (2016). Access to health services by lesbian, gay, bisexual, and transgender persons : Systematic literature review. BMC International Health and Human Rights, 16(1), 2. https://doi.org/10.1186/s12914-015-0072-9
- ↑ Bogaert, A. F. (2015). Asexuality : What it is and why it matters. The Journal of Sex Research, 52(4), 362‑379. https://doi.org/10.1080/00224499.2015.1015713
- ↑ MacInnis, C. C., & Hodson, G. (2012). Intergroup bias toward “Group X” : Evidence of prejudice, dehumanization, avoidance, and discrimination against asexuals. Group Processes & Intergroup Relations, 15(6), 725‑743. https://doi.org/10.1177/1368430212442419
- ↑ Benoit, Y. et Stonewall. (2023). Asexual people face vast and shocking discrimination in healthcare and work. https://www.wearequeeraf.com/asexual-people-face-vast-and-shocking-discrimination-in-healthcare-and-work/
- ↑ 83,0 et 83,1 Casey, L. S., Reisner, S. L., Findling, M. G., Blendon, R. J., Benson, J. M., Sayde, J. M., & Miller, C. (2019). Discrimination in the United States : Experiences of lesbian, gay, bisexual, transgender, and queer Americans. Health Services Research, 54(S2), 1454‑1466. https://doi.org/10.1111/1475-6773.13229
- ↑ National Academies of Sciences, Engineering & Medicine. (2022). Measuring sex, gender identity, and sexual orientation. The National Academies Press. https://doi.org/10.17226/26424
- ↑ Baptiste-Roberts, K., Oraka, E., et Akinbami, L. (2022). Discrimination and health care : A review of impacts across populations. American Journal of Public Health, 112(5), 730‑738. https://doi.org/10.2105/AJPH.2022.306816
- ↑ American Psychological Association. (2015b). Guidelines for psychological practice with transgender and gender nonconforming people. American Psychologist, 70(9), 832‑864. https://doi.org/10.1037/a0039906
- ↑ Eberhardt, M., & Pamuk, E. (2004). The importance of place of residence: examining health in rural and nonrural areas.. American journal of public health, 94 10, 1682-6 . https://doi.org/10.2105/AJPH.94.10.1682.
- ↑ Morel S. Inequality and discrimination in access to urgent care in France Ethnographies of three healthcare structures and their audiences. Soc Sci Med. 2019 Jul;232:25-32. doi: 10.1016/j.socscimed.2019.04.028. Epub 2019 Apr 25. PMID: 31048193.
- ↑ Wang, S., Madrisotti, F., Li, Y., Luu, C., & Yan, R. (2022). Déni et (d) énonciation du racisme anti-asiatique au temps de la Pandémie de Covid-19. Le cas de la population chinoise en France. Émulations. Revue de sciences sociales, (42), 129-148.
- ↑ Yip, T., Wang, Y., Mootoo, C., et Mirpuri, S. (2019). Moderating effect of ethnic identity on the relationship between perceived discrimination and depressive symptoms. Child Development, 90(3), 787‑803. https://doi.org/10.1111/cdev.12995
- ↑ 91,0 et 91,1 Paradies, Y., Ben, J., Denson, N., Elias, A., Priest, N., Pieterse, A., & Gee, G. C. (2015). Racism as a determinant of health : A systematic review and meta-analysis. PLOS ONE, 10(9), e0138511. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0138511
- ↑ Hall, D. L., Matz, D. C., & Wood, W. (2010). Why don’t we practice what we preach ? A meta-analytic review of religious racism. Personality and Social Psychology Review, 14(1), 126‑139. https://doi.org/10.1177/1088868309352179
- ↑ Jost, J. T., Glaser, J., Kruglanski, A. W., & Sulloway, F. J. (2009). Political conservatism as motivated social cognition : A meta-analytic review of empirical literature. Psychological Bulletin, 129(3), 339‑375.
- ↑ Union européenne, A. des droits fondamentaux de l’Union. (2024). Deuxième enquête sur les minorités et la discrimination dans l’UE.
- ↑ Chathuant, D. (2021). Nous qui ne cultivons pas le préjugé de race. Histoire(s) d’un siècle de doute sur le racisme en France. Le Félin.
- ↑ Mazouz, S. (2017). La République et ses autres. Politiques de l’altérité dans la France des années 2000. Presses universitaires de France.
- ↑ Faury, F. (2024). Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite. Le Seuil.
- ↑ CNCDH. (2022). Rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antismitisme et la xénophobie. La Documentation française.