Topologie générale/Espace topologique

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Espace topologique
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Chapitre 1
Leçon : Topologie générale
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Chap. suiv. : Sous-espace topologique


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Topologie générale/Espace topologique
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Dans cette partie, on définit la notion de topologie sur un ensemble et d'espace topologique. On donne par ailleurs quelques exemples fondamentaux.

[modifier] Introduction

De la même manière qu'en algèbre générale, les notions de groupes, d'anneaux et de corps généralisent ce que nous savons de l'addition des réels à des structures plus abstraites, voire exotiques, la structure d'espace topologique permet de généraliser celle d'espace euclidien à des objets mathématiques de nature totalement différente (espace de nombres, espaces fonctionnels…) L'intuition géométrique joue un grand rôle en topologie, bien qu'il faille toujours se méfier des dessins (dont la pertinence est limitée quand il s'agit de représenter des espaces de dimension infinie).

On définit donc la structure de base de la topologie : l'espace topologique, défini comme la donnée d'un ensemble X, et d'une topologie sur X, c'est-à-dire un ensemble de sous-ensembles de X vérifiant certaines propriétés, dont les éléments sont appelés ouverts. Intuitivement, un ouvert correspond à un ensemble qui ne contient pas sa "frontière".

[modifier] Définition d'un espace topologique

Un espace topologique est un couple (X, \mathcal{T}), où \mathcal{T} est une partie de l'ensemble \mathcal{P}(X) des parties de X, vérifiant les trois propriétés :

  • Les ensembles \emptyset et X sont dans \mathcal{T}
  • La réunion d'une famille quelconque d'éléments de \mathcal{T} est encore dans \mathcal{T}
  • L'intersection d'une famille finie d'éléments de \mathcal{T} est encore dans \mathcal{T}

\mathcal{T} s'appelle la topologie associée à l'espace topologique (X, \mathcal{T}). La plupart du temps, la topologie est sous-entendue, si bien qu'on commettra l'abus de confondre X et (X,\mathcal{T}).

Les éléments \mathcal{T} sont appelés les ouverts.

[modifier] Exemples classiques d'espaces topologiques

Des exemples triviaux d'abord.

Tout ensemble E peut être muni de la topologie grossière : \mathcal\Tau = \{\emptyset, E\}. Il est facile de vérifier que cela définit bien une topologie. C'est celle qui contient le moins d'ouverts possible.

Tout ensemble E peut être muni de la topologie discrète : \mathcal\Tau = \mathcal P(E). Dans ce cas, toutes les parties de E sont ouvertes : on dit que E est discret. Cela correspond intuitivement au cas où tous les points de E sont isolés et indépendants les uns des autres. En anticipant sur la suite, les seules suites convergentes dans un espace discret sont les suites stationnaires.

L'exemple suivant le plus intéressant est celui de l'ensemble \mathbb R des nombres réels. En effet, dans la construction des ensembles classiques de nombres, \mathbb R est le premier ensemble à être défini en utilisant des notions de topologie, en « complétant » \mathbb Q. La définition de la topologie sur \mathbb R est la suivante : O \subset \mathbb R est ouvert si pour tout x \in O, il existe ε > 0 tel que ]x-\epsilon, x+\epsilon[ \subset O.

De même, \mathbb R^n est un espace topologique, si l'on dit que O \subset \mathbb R^n est ouvert si pour tout x \in O, il existe ε > 0 tel que ]x_1-\epsilon, x_1+\epsilon[ \times \cdots \times ]x_n-\epsilon, x_n+\epsilon[ \subset O. Ce n'est pas la seule manière de définir une topologie sur cet espace, mais toutes les manières à peu près « raisonnables » (c'est-à-dire telles que la topologie dérive d'une norme) définissent la même topologie.

Cet exemple est fondamental car il forme le cadre dans lequel on commence à faire de l'analyse, avec l'étude des fonctions réelles à valeurs dans \mathbb R^n, ou celles des fonctions de \mathbb R^p dans \mathbb R^n (calcul différentiel).


L'analyse fonctionnelle, quant à elle, a pour cadre les espaces fonctionnels, qui sont des espaces vectoriels de dimension infinie, munis d'une topologie. Ils sont de dimension infinie car ce sont généralement des ensembles de fonctions. Premier exemple : l'ensemble des suites réelles \mathbb R^n est un espace vectoriel. On peut définir une topologie en décrétant que O \subset \mathbb R^n est ouvert si, pour toute suite (x_n) \in O, il existe ε > 0 tel que toute suite (yn) vérifiant \forall n \in \N, |x_n - y_n| < \epsilon est dans O. Cette topologie se nomme topologie de la convergence uniforme. Ce n'est pas la seule manière de définir une topologie sur cet espace.

Autre exemple : l'ensemble \mathcal C^0(I, \mathbb R) des fonctions continues d'un intervalle compact I à valeurs dans \mathbb R est un espace vectoriel. On peut définir une topologie sur cette espace en décrétant que O \subset \mathcal C^0(I, \mathbb R) est ouvert si pour toute fonction f \in O, il existe ε > 0 tel que toute fonction g \in \mathcal C^0(I, \mathbb R) vérifiant | f(x) − g(x) | < ε pour tout x \in I, est dans O. Cette topologie s'appelle encore topologie de la convergence uniforme.

Il est utile de noter la similitude entre toutes ces définitions de topologies : elles sont tout à fait généralisables.

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