Rayonnement du corps noir/Angles solides

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Angles solides
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Chapitre 3
Leçon : Rayonnement du corps noir
Chap. préc. : Lois expérimentales
Chap. suiv. : Lois thermodynamiques


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Rayonnement du corps noir/Angles solides
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Les angles solides constituent une généralisation des angles plan aux situations dans l'espace. Cette notion est particulièrement utile dans l'étude du rayonnement, ce chapitre est consacré à la définition et aux exemples en rapport. Il peut être considéré optionnel si la notion est déjà connue.

Sommaire

[modifier] Définition

[modifier] L'angle plan

Pour définir un angle solide, nous allons devoir définir ce qu'est un angle usuel dans le plan. Soit un cercle de rayon R et un arc de ce cercle délimité par un angle θ (mesuré en radians). Alors la longueur de l'arc est :

L = R \theta\,

On retrouve d'ailleurs le résultat célèbre donnant le périmètre d'un cercle pour un angle de 2π. La formule ci-dessus peut encore être écrite :

\theta = \frac{L}{R}

Ainsi, étant donné une mesure :

  • de la longueur de l'arc ;
  • du rayon du cercle ;

on peut en déduire une mesure de l'angle.


Angle plan

On définit l'angle plan θ formé entre deux points d'un cercle de rayon R par :

\theta = \frac{L}{R}

L est la longueur de l'arc entre les deux points.

[modifier] Angle solide

Un petit angle solide : d²Ω = sin θ dθ dφ.

Nous allons définir l'angle en trois dimensions — appelé angle « solide » — de manière analogue. On voudrait disposer d'une formule de la forme

<\!\!\!< L = R \theta\, >\!\!\!>

sauf que, dans notre cas précis :

  • L serait une surface, et plus une longueur ;
  • θ serait un angle solide, et plus un angle plan ;
  • il faudrait prendre le carré de R, pour des raisons d'homogénéité.

Pour plus de clarté, on note S la surface et Ω l'angle solide. On cherche ainsi :

S = R^2 \Omega \,

Ainsi, par analogie avec la définition de l'angle plan :


Angle solide

On définit l'angle solide Ω sur une sphère de rayon R par :

\Omega = \frac{S}{R^2}

S est la surface formée sur la sphère. Un angle solide se mesure en unités SI en stéradians (sr).



Angle solide infinitésimal

De même, pour un angle infinitésimal, on a :

\mathrm d^2 \Omega = \frac{\mathrm d^2 S}{R^2}

C'est-à-dire, puisque d²S = R² sin θ dθ dφ :

\mathrm d^2 \Omega = \sin \theta\, \mathrm d \theta\, \mathrm d \phi\,

avec dθ et dφ les angles balayés par la surface (voir schéma). Cette expression est parfois intéressante.


Remarques :

  • Le plus grand angle solide mesurable, qui correspond à un objet couvrant toute la sphère, est de 4π stéradians.
  • Chaque face d'un cube est vue depuis le centre du cube avec un angle solide 2π/3 stéradians.
  • Dans le cas général, un polyèdre régulier pouvant être inscrit dans une sphère, chacune de ses faces est vue avec un angle solide 4π/n.

[modifier] Cas particuliers

[modifier] Surface plane

Soit une surface élémentaire plane dS, soit n un vecteur normal à dS. On note R la distance d'un point O à cette surface.

Alors l'angle sous lequel est vu dS depuis O est :

\mathrm d \Omega = \frac{1}{R^2} \mathrm dS \left( \mathbf n \cdot \mathbf e_r \right)

avec er le vecteur unitaire des coordonnées sphériques.

[modifier] Objet sphérique

Un objet sphérique de rayon R est vu sous le même angle solide qu'un cercle de rayon R à la même distance.

[modifier] Exemple

On dispose des informations suivantes :

  • Rayon de la Lune : 1 740 km ;
  • Distance Terre-Lune : 384 500 km ;
  • Rayon du Soleil : 7.10⁵ km ;
  • Distance Terre-Soleil : 150.10⁶ km.

Comparer l'angle solide sous lequel le Soleil et la Lune sont vues et commenter.


La surface occupée par la Lune est :

S_L = \pi R_L^2

L'angle solide sous lequel la Lune est vue est donc :

\Omega_L = \frac{S_L}{D_{T-L}^2} = \frac{\pi R_L^2}{D_{T-L}^2} = 6,434.10^{-5} \; \mathrm{sr}

La surface occupée par le Soleil est :

S_S = \pi R_S^2

L'angle solide sous lequel le Soleil est vu est donc :

\Omega_S = \frac{S_S}{D_{T-S}^2} = \frac{\pi R_S^2}{D_{T-S}^2} = 6,842.10^{-5} \; \mathrm{sr}

On remarque que ces deux valeurs sont proches — en fait, les données fournies étant approximatives, elles sont plus ou moins proches — ce qui explique notamment les éclipses « annulaires » lors desquelles la Lune occulte tout juste le Soleil.

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