Mécanique pour l'enseignement technique industriel/Modélisation - Les actions mécaniques
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| Chapitre no11 | |||
| Leçon : Mécanique pour l'enseignement technique industriel | |||
|---|---|---|---|
| Chap. préc. : | Mouvement plan | ||
| Chap. suiv. : | Statique - Principe fondamental de la statique | ||
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Mécanique pour l'enseignement technique industriel/Modélisation - Les actions mécaniques », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.
Sommaire |
[modifier] Présentation
Le but de ce chapitre est d'expliquer comment on modélise les actions mécaniques. Cela permet de déterminer les efforts que doivent supporter les structures, et que doivent développer les actionneurs (vérins, moteurs), et donc de vérifier des systèmes existants ou de dimensionner des projets.
Pour pouvoir effectuer des calculs, il faut quantifier ces actions, c'est-à-dire les exprimer sous forme de nombres.
[modifier] Objectif
Le but de ce chapitre est de savoir donner les caractéristiques une action mécanique : point d'application, direction, sens, intensité.
| Connaissances (notions, concepts) | Niveau | |||
|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | |
Actions mécaniques sur un solide :
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× | |||
| Actions mécaniques dans les liaisons : actions associées aux liaisons mécaniques élémentaires |
× | |||
| Principe des actions mutuelles : expression vectorielle. | × | |||
[modifier] Actions mécaniques
Action mécanique
Phénomène pouvant modifier le mouvement d'un objet ou pouvant le déformer.
- Activité 1
Donnez des exemples d'actions mécaniques.
Voici quelques exemples d'actions mécaniques :
- le poids provoque la chute d'un objet ; il fait fléchir une tige ou lame fine et longue, étire un ressort ;
- le vent et le courant de l'eau font avancer un navire, tourner un moulin, une turbine ; il font se courber un roseau ;
- une pièce peut pousser ou tirer une autre pour la mettre en mouvement : vérin, câble, chaîne, barre de traction, …
- un aimant attire une pièce d'acier ;
- une manivelle, un volant mettent un système en rotation ;
- un tournevis fait tourner une vis ;
- …
- Activité 2
Classer les actions mécaniques en familles.
On peut distinguer les actions selon la distance entre la source d'effort et l'effet :
- actions de contact : poussée ou traction directes, d'un solide ou d'un fluide ;
- actions à distance : poids, magnétisme.
On peut aussi les distinguer selon la nature du mouvement ou de la déformation créées :
- mouvement ou déformation linéaire (en ligne droite) ;
- mouvement ou déformation en tournant.
Force et moment
On distingue principalement deux types d'actions mécaniques :
- les forces, qui peuvent créer un mouvement ou une déformation linéaires ;
- les moments ou couples, qui peuvent créer un mouvement ou une déformation en tournant.
| Force | Moment, couple |
|
|---|---|---|
| Mouvement | Translation rectiligne |
Rotation |
| Déformation | Élongation, compression, cisaillement |
Torsion, flexion |
[modifier] Forces
Une force est donc un phénomène pouvant créer un mouvement de translation, étirer une pièce, l'écraser ou la cisailler. Alors que certaines grandeurs peuvent se représenter par un simple nombre — température, pression, masse —, ce n'est pas le cas d'une force : si l'on pousse une table « comme ci » ou « comme ça »[1], on n'obtient pas le même effet (le même déplacement). Pour la représenter, il faut donc utiliser un objet mathématique qui décrive la direction et le sens : un vecteur.
Un vecteur force
est donc caractérisé par :
- son point d'application : là où le phénomène agit ;
- la direction : direction de la translation, de la déformation ;
- le sens : sens de la translation, de la déformation ;
- l'intensité, exprimée en newtons (abréviation N) ; on parle aussi de « norme du vecteur », notée
.
L'intensité d'une force se mesure par la déformation d'un ressort ; l'appareil s'appelle un dynamomètre.
Pour l'intensité, on utilise aussi le décanewton (daN) :
- 1 daN = 10 N
- 1 N = 1 daN
ce qui correspond grosso modo à une ancienne unité, le kilogramme-force (kgf).
On synthétise ces caractéristiques dans un tableau.
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
| … | … | … | … | … (N) |
Il peut y avoir une ambiguïté entre direction et sens :
- direction : c'est une droite géométrique, soit désignée par deux point, par exemple « (AB) », soit par l'angle avec l'horizontale ou la verticale, par exemple « ∠ 45° », soit un trait horizontal « — » ou vertical « | » ;
- sens : c'est une flèche ayant la même orientation que la direction, du type « → », « ↗ », « ↑ », …
Par analogie, pour signaler un accident sur une autoroute, il faut indiquer entre autres :
- le nom de l'autoroute (par exemple « A1 ») : c'est la direction ;
- le sens de circulation de la voie (par exemple « dans le sens Paris vers Lille ») : c'est le sens[2].
Sur le dessin, le vecteur est représenté par une flèche ayant la direction et le sens de l'action mécanique. Elle touche le point d'application, par le pied ou par la pointe. La longueur est déterminée par une échelle, par exemple
- « 1 mm représente 1 N » : une force de 25 N est représentée par une flèche de 25 mm (2,5 cm) de long ;
parfois, aucune échelle n'est indiquée, on choisit librement, « arbitrairement », la longueur de la flèche.
[modifier] Poids
[modifier] Définition et caractéristiques
Le poids est une force qui attire les objets vers le bas ; c'est une action qu'exerce la Terre sur les objets. C'est donc une action à distance : elle s'exerce même si l'on est à l'étage d'un bâtiment ou dans un avion, le contact avec le sol n'est pas nécessaire.
Il faut bien distinguer les notions de masse et de poids.
| Masse | Poids |
|---|---|
La masse représente la quantité de matière ; elle est la même partout.
|
Le poids varie selon l'endroit où l'on se trouve.
|
La masse représente l'inertie, c'est-à-dire la difficulté que l'on a à mettre un objet en mouvement.
|
Le poids le phénomène qui tire l'objet vers le bas.
|
| La masse se mesure avec une balance | Le poids se mesure avec un dynamomètre, ou peson |
| La masse se représente par un nombre ; l'unité est le kilogramme (kg) | Le poids se représente par un vecteur ; l'unité est le newton (N) |
La confusion vient du fait que le poids est proportionnel à la masse : sur Terre, on a
Poids
- P = mg
avec
- P : intensité du poids (N) ;
; - m : masse (kg) ;
- g : gravité (pesanteur), g ≃ 9,81 N/kg ;
on prend souvent pour simplifier g ≃ 10 N/kg.
L'unité de g est également notée m/s2 (mètre par seconde au carré) ; en effet, c'est aussi l'accélération d'un objet tombant en chute libre (en négligeant le frottement de l'air), g est d'ailleurs appelé « accélération de la gravité ».
- g ≃ 9,81 m/s2 ≃ 10 m/s2.
Le poids est une force répartie : chaque élément d'un objet a son propre poids. Par exemple, pour un humain, chaque organe — doigt, oreille, nez, …— a son propre poids. On modélise le poids comme une force s'appliquant en un point appelé « centre de gravité » et noté G.
Centre de gravité G
Point d'application du poids d'un objet
Une chute est un mouvement vertical dirigé vers le bas ; le poids est donc une force verticale dirigée vers le bas.
On a ainsi toutes les caractéristiques du poids ; elles sont résumées dans le tableau ci-dessous.
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
![]() |
G | | | ↓ | mg |
[modifier] Calcul du poids d'une pièce
Considérons une pièce faite d'un seul matériau. Son poids P dépend de la masse m ; cette masse dépend de la quantité de matière, c'est-à-dire
- du volume de la pièce V, exprimé en m3 ;
- du matériau, et plus précisément de sa masse volumique ρ, exprimée en kg/m3.
Au lieu de la masse volumique, on utilise parfois la densité par rapport à l'eau d, qui est donnée sans unité mais correspond à la masse volumique exprimée en kg/dm3 (ou kg/L) ; dans ce cas-là, on exprime le volume en dm3.
On a ainsi :
- m = ρ×V
- P = m×g.
Il faut donc d'abord calculer le volume de la pièce.
- Exemples
Calculer le poids d'une planche de bois de densité d = 0,5 et de dimensions 2 m×14 cm ép. 21 mm. On prendra g = 9,81 N/kg.
Convertissons toutes les longueurs en dm :
| m | dm | cm | mm |
|---|---|---|---|
| 2 | 0 | ||
| 1, | 4 | ||
| 0, | 2 | 1 |
On a donc
- V = L×ℓ×e = 20×1,4×0,21 = 5,88 dm3
- m = ρV = 0,5×5,88 = 2,94 kg
- P = mg = 2,94×9,81 = 28,8 N
Calculer le poids d'un barreau cylindrique (rond) de diamètre ∅10 mm et de 200 mm de long, en acier de masse volumique ρ = 7 800 kg/m3. On prendra g = 10 N/kg.
Convertissons toutes les longueurs en m :
| m | dm | cm | mm |
|---|---|---|---|
| 0, | 0 | 1 | 0 |
| 0, | 2 | 0 | 0 |
On a donc
- V = π×r2×h = π×0,0052×0,2 = 1,57⋅10-5 m3 = 0,000 015 7 m3
- m = ρV = 7 800×1,57⋅10-5 = 0,123 kg
- P = mg = 0,123×10 = 1,23 N
[modifier] Détermination du centre de gravité
Le centre de gravité G est le point d'application du poids d'un objet. Il faut donc le connaître pour pouvoir résoudre les problèmes de statique.
Mais la connaissance du centre de gravité est aussi un élément de sécurité important, concernant la stabilité des objets :
- lorsque l'on pose un objet sur des appuis, il faut impérativement que le centre de gravité se trouve entre les appuis, sinon l'objet bascule ; c'est notamment critique dans le cas d'un plan incliné ;
- lorsque l'on lève un objet avec une élingue (câble, sangle), le centre de gravité se met à l'aplomb du point d'accroche de l'élingue ; si les deux ne sont pas alignés au départ, l'objet va basculer.
L'élingage est d'ailleurs une manière de déterminer la position du centre de gravité : on lève l'objet de quelques centimètres, et s'il bascule, on le repose et on décale le point d'accrochage, jusqu'à obtenir l'équilibre.
Pour déterminer la position du centre de gravité, on applique les règles suivantes.
1er principe
Si l'objet est fait d'un matériau homogène et qu'il présente un plan de symétrie orthogonale (miroir), G est dans ce plan de symétrie.
S'il présente un axe de symétrie orthogonale, G est sur cet axe. S'il présente un point de symétrie centrale, G est ce point.
Pour les objets de forme simple — cube, parallélépipède rectangle (et notamment tôles rectangulaires, plats — barres de section rectangulaire — et carrés — barres de section carrée), sphères (boules, réservoirs sphériques), cylindres (et notamment disques, ronds — barres de section circulaire —, tubes et viroles) —, le centre de gravité est le centre de l'objet.
2e principe
Dans le cas d'un prisme dont la base est un triangle rectangle, le centre de gravité se situe sur la droite située au tiers des côtés de l'angle droit.
3e principe
Si le système est composé de deux objets rep. 1 et 2, de masse respective P1 et P2, et de centre de gravités respectifs G1 et G2 situés à l'abscisse x1 et x2, alors le centre de gravité total G est situé à l'abscisse
.
C'est la moyenne pondérée des abscisses.
Cette méthode peut s'étendre à n pièces de masse P1, P2, …, Pn et dont les abscisses des centres de gravité sont notées x1, x2, …, xn :
.
On peut présenter le calcul sous la forme d'un tableau.
| Pièce i | Pi | xi | Pixi |
|---|---|---|---|
| 1 | P1 | x1 | P1x1 |
| 2 | P2 | x2 | P2x2 |
| … | |||
| n | Pn | xn | Pnxn |
| Somme | Ptotal | — | A |
et
.
- Exemple
La pièce 1 a pour masse P1 = 100 N et son centre de gravité G1 a pour abscisse x1 = 1 m ; pour la pièce 2, on a P2 = 50 N et x2 = 3 m.
| Pièce i | Pi | xi | Pixi |
|---|---|---|---|
| 1 | 100 | 1 | 100 |
| 2 | 50 | 3 | 150 |
| Somme | 150 | — | 250 |
donc
.
On peut aussi présenter le calcul sous la forme d'une formule :
.
- Note
On peut utiliser n'importe quelle unité de longueur tant que l'on utilise toujours la même ; pour les grands systèmes, il est souvent intéressant d'utiliser des mètres afin de manipuler des nombres plus petits. Par ailleurs, la position de l'origine des abscisses O n'a pas d'importance. Il arrive fréquemment que l'on prenne un des centres de gravité comme origine, par exemple O = G1 et donc x1 = 0, ce qui simplifie les calculs.
- Note
Puisque le poids est proportionnel à la masse, on peut utiliser la masse (en kg) pour pondérer :
.
Si les pièces sont en tôles qui sont faites du même matériau et qui ont la même épaisseur, on peut utiliser l'aire des pièces (en m2, cm2 ou mm2), puisque la masse est proportionnelle à l'aire :
.
[modifier] Forces de pression
Définition
Une pression est une force qui se répartit sur une surface :
où
- P est la pression ; l'unité internationale est le pascal (Pa) ;
- F est la force, en newton (N) ;
- S est l'aire de la surface, en mètres carrés (m2) ;
on a donc 1 Pa = 1 N/m2.
La pression peut être l'action d'un fluide — gaz (pression atmosphérique, circuit pneumatique), liquide (pression de l'eau, circuit hydraulique) — ou bien d'un solide (pression de contact).
Une pression de 1 Pa est très faible ; c'est le poids de 100 g réparti sur un carré de 1 m de côté. Dans la pratique, on utilise
- le bar (bar) :
- 1 bar = 100 000 Pa = 105 Pa,
- 1 bar = 1 daN/cm2 ;
- le mégapascal (MPa) :
- 1 MPa = 1 000 000 Pa = 106 Pa,
- 1 MPa = 1 N/mm2,
- 1 MPa = 10 bar.
La pression atmosphérique vaut à peu près 1 bar ; la valeur de référence est 1 013 bar (mais la valeur réelle dépend du lieu et du moment). En météorologie, on l'exprime en milliers d'hectopascals (hPa) :
- 1 hPa = 100 Pa
- 1 000 hPa = 100 000 Pa
Exemple
Si j'appuie avec mon doigt sur une table, il ne se passe rien de particulier : la force, de l'ordre de 500 N, est répartie sur la surface de contact de mon doigt, de l'ordre de 50 mm2, soit une pression
- P = F/S = 500/50 = 10 MPa.
Si maintenant j'appuie sur une punaise, la force est concentrée sur la pointe don l'aire est environ 0,05 mm2 ; la pression vaut alors
- P = F/S = 500/0,05 = 10 000 MPa ;
la punaise perce le bois de la table.
La force résultant d'une pression P sur une surface d'aire S vaut donc (transformation de formule) :
- F = P×S
La direction est normale (perpendiculaire) à la surface ; le sens est celui de la poussée. Le point d'application, appelé « centre de poussée », est le centre C de la surface.
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
![]() |
C (centre de la surface) |
⊥ surface | poussée | P×S |
[modifier] Actions de contact
Une action de contact est une force créée par le contact entre deux pièces. On envisage principalement deux cas :
- les pièces sont liées par une liaison sphère-plan ;
- les pièces sont liées par une liaison pivot.
On peut faire l'étude pour chacune des 11 liaisons mécaniques (voir Modélisation - Les liaisons mécaniques), mais ces deux liaisons suffisent à traiter la plupart des problèmes.
On considère des liaisons parfaites, c'est-à-dire sans adhérence ni frottement.
Les liaisons ont un jeu suffisant et sont lubrifiées, elles « n'accrochent » pas, ne grippent pas. On ne peut transmettre d'effort que par obstacle, pas par frottement, on exclue donc de l'étude les transmissions par courroies asynchrones (lisses), par galet, les embrayages et freins.
Soient un solide rep. 1 et un solide rep. 2 en liaison au point A. On note :
l'action du solide 1 sur le solide 2 ;
l'action du solide 2 sur le solide 1.
Il s'agit bien de deux actions différentes. C'est une question de point de vue : si une personne 1 pousse sur une personne 2, alors la personne 2 pousse elle aussi sur la personne 1. C'est la notion de réciprocité.
Principe des actions réciproques
Si un solide 1 exerce une action sur un solide 2, alors 2 exerce une action sur 1 qui est opposée, a la même direction et la même intensité :
.
Ce principe est également appelé « principe des actions mutuelles » ou « 3e loi de Newton ».
[modifier] Liaison sphère-plan
- Rappel
- La liaison sphère-plan, ou liaison ponctuelle, est la liaison ayant un seul degré de liaison : elle ne bloque qu'un degré de liberté, la translation perpendiculaire au plan de contact. Cela correspond à une butée, à un pied de table, …
|
Propriété |
|
La force dans le cas d'une liaison sphère-plan est nécessairement normal (perpendiculaire) au plan d'appui. Le point d'application est le point de contact entre les solides. |
On ne connaît que ces deux caractéristiques de la force. Les autres — sens, intensité (norme) — sont inconnus au début ; le but de la statique est précisément de déterminer les caractéristiques inconnues. Comme on ne connaît pas le sens, on représente la force par une double-flèche « ↔ » supportée par un trait d'axe « ⋅ — ⋅ — »[3]
Dans le cas illustré ci-contre (contact en A entre les pièces 1 et 2, normale selon l'axe
), le tableau bilan est :
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
![]() |
A | ![]() |
? | ? |
On pourrait penser connaître le sens, puisqu'une pièce en contact ne peut que pousser (sauf collage). Il faut bien comprendre que le symbole indique la nature du contact — un point — et la normale au plan, mais pas comment se contact est fait. On peut par exemple avoir un contact double, « biponctuel » ; en raison du jeu, il n'y a réellement qu'un seul contact à la fois, mais il peut être d'un côté ou de l'autre.
[modifier] Liaison pivot
- Rappel
- La liaison pivot correspond à une charnière. Elle n'a qu'un degré de liberté et cinq degrés de liaison.
Le fait de savoir que l'on a une liaison pivot ne permet pas de savoir quoi que ce soit sur les caractéristiques de la force, hormis le point d'application qui est le centre de la liaison.
Graphiquement, la force totalement inconnue est représentée par une flèche brisée « ↯ », indiquant par là que l'on ne connaît pas la direction. Le tableau des caractéristiques contient trois points d'interrogation.
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
![]() |
A | ? | ? | ? |
[modifier] Simplification des problèmes plans
Les objets sont en volume, les forces sont réparties dans l'espace. Mais dans un certain nombre de cas, on peut peut « mettre à plat » le problème et considérer que tout se passe dans un plan : c'est la « simplification des problèmes plans ».
|
Propriété |
|
Si un problème est symétrique par rapport au plan
|
Un certain nombre de liaisons sont équivalentes à ces deux cas grâce à la simplification des problèmes plans :
- équivalent à une liaison sphère-plan de normale
:
- liaison linéaire rectiligne d'axe
et de normale
, - liaison linéaire annulaire d'axe
;
- liaison linéaire rectiligne d'axe
- équivalent à une liaison pivot d'axe
:
- liaison rotule,
- liaison pivot glissant d'axe
, - liaison linéaire annulaire d'axe
.
[modifier] Isolement d'un solide
L'étape fondamentale d'une étude de statique est l'isolement d'un solide.
Isolement d'un solide
Isoler un solide, c'est représenter ce solide seul. Cela permet de faire le bilan des actions mécaniques extérieures qui s'exercent sur le solide, c'est-à-dire de recenser les 3P :
- poids ;
- pression de fluides ;
- points de contact (actions de contact).
- Activité 3
Isoler une voiture en train de rouler sur une route horizontale. Le problème est symétrique dans le plan sagittal (plan vertical séparant la voiture en deux moitiés gauche-droite), et l'on supposera que la liaison entre les roues arrières (roues libres) et le sol est une liaison idéale.
On recense les actions mécaniques extérieures :
- poids : poids du véhicule
; - pression : frottement de l'air (vent relatif)
; - points de contact : contact du sol 0 avec les roues de la voiture 1 en A et en B.
| Action | Point d'application |
Direction | Sens | Intensité |
|---|---|---|---|---|
![]() |
G | | | ↓ | mg |
![]() |
centre de la face avant |
— | ← | déterminé par la vitesse |
![]() |
A | | | ? | ? |
![]() |
B | ? | ? | ? |
[modifier] Moment
Le moment est donc une action mécanique « tournante ».
[modifier] Loi des leviers
Un levier est une machine simple permettant d'amplifier un effort. Pour produire une force F1 à l'extrémité du levier, l'opérateur doit fournir une force F2 vérifiant la loi des leviers :
Loi des leviers
F1×d1 = F2×d2
Les distances d1 et d2 sont les bras de levier : distance du pivot à la ligne d'action de la force, pris perpendiculairement à la ligne d'action.
On a donc
le levier amplifie la force d'un facteur d2/d1.
[modifier] Moment d'une force
Grâce à un levier, une force peut produire un effort en rotation.
Moment d'une force
Le moment d'une force
par rapport à un point de pivot A vaut
où
- F est la norme de
, en newtons (N) ; - d est le bras de levier de
par rapport à A, en mètres (m) ; - le signe dépend du sens de rotation induit par la force : + pour le sens direct (trigonométrique, antihoraire, ↺), - pour le sens indirect (↻).
Le moment s'exprime en newtons-mètres (Nm). On peut prendre le bras de levier en millimètres (mm), le moment est alors en newtons-millimètres (Nmm).
Mnémotechnique : le sens positif va de l'axe x vers l'axe y.
[modifier] Couple
Couple
Un couple est l'action combinée de deux forces
et
de même direction, même norme, mais de sens opposés :
.
|
Propriété |
|
Un couple a une résultante nulle
Le moment résultant par rapport à n'importe quel point est noté où
|
Le moment du couple est simplement appelé « couple ». On confond souvent les termes « moment » et « couple » : on parle de « couple moteur », de « couple résistant », de « couple de serrage ».
La notice d'utilisation d'une perceuse ou d'une visseuse-dévisseuse indique le couple, en général de l'ordre de 1 à 10 Nm pour une visseuse-dévisseuse sans fil, 100 Nm et plus pour une perceuse ou une boulonneuse à frappe tangentielle.
[modifier] Moment transmis par contact
Une pièce peut transmettre un moment à une autre pièce par contact. C'est le cas par exemple d'un arbre moteur qui transmet un moment du moteur à une roue (roue dentée, poulie). Le moment qu'exerce une pièce 1 sur une pièce 2 est noté
.
Dans le cas des problème plans, un moment se représente graphiquement par une flèche tournante, ↺ ou ↻. Analytiquement, il s'exprime en Nm ou Nmm. Il s'agit en général d'un couple (transmission d'un moment sans force résultante).
La plupart du temps, le couple est transmis par l'intermédiaire d'une liaison encastrement. Un couple peut également être transmis par une liaison appui-plan, une liaison glissière, …
[modifier] Notes pour les enseignants
La notion de centre de gravité concerne toutes les formations, mais on se contente la plupart du temps de donner sa position. Le calcul du centre de gravité d'un ensemble, ou bien la détermination du centre de gravité d'une tôle, concerne essentiellement les chaudronniers.
La réciprocité des actions mécaniques est générale, mais il vaut mieux se limiter au seul cas des actions de contact, qui est intuitif ; il n'est pas utile, voire peut-être contre-productif, de parler de l'attraction gravitationnelle qu'exerce un objet sur la Terre…
La notion de liaisons équivalente dans le cas de problèmes plans peut être introduite au cours d'exercices plutôt qu'en cours magistral.
La notion de moment transmissible n'est pas utile à tous les domaines.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Notes
- ↑ pousser une table dans deux directions différentes
- ↑ L'enseignant s'attachera à donner un exemple « local », une autoroute passant à proximité, ce qui sera plus parlant pour l'élève.
- ↑ Cette notation n'est pas normalisée et donc pas universelle, mais elle a l'avantage d'être claire. Certains auteurs proposent, dans ce cas-là, de mettre simplement un trait sans flèche « — », voir Nicolas Mattéra, René Marquez, Claude Montfollet, Mécanique générale, Dunod, coll. « Agati », Paris, 1992 (ISBN 2-10-001027-1), p. 56
.
;
.
.
.
.
.
.
.

l'action du solide 1 sur le solide 2 ;
l'action du solide 2 sur le solide 1.
.
, on peut appliquer la simplification des problèmes plans dans le plan
:
;



.
.
et vaut
.