Groupe (mathématiques)/Lois de composition internes, monoïdes
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| Chapitre 1 | |||
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Sommaire |
[modifier] Loi de composition interne
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Définition |
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Une loi de composition interne |
Exemples : 1) dans l'ensemble des parties d'un ensemble X, la loi de composition qui au couple (A, B) fait correspondre l'intersection de A et B; 2) dans l'ensemble des parties d'un ensemble X, la loi de composition qui au couple (A, B) fait correspondre l'union de A et B; 3) dans l'ensemble des parties d'un ensemble X, la loi de composition qui au couple (A, B) fait correspondre la différence (ensembliste) A - B (ensemble des éléments de A qui n'appartiennent pas à B); 4). la somme dans l'ensemble des entiers naturels; 5) le produit dans l'ensemble des entiers naturels.
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Définition |
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Une loi de composition interne |
Exemples : l'intersection de deux parties d'un ensemble, la réunion de deux parties d'un ensemble, l'addition et la multiplication dans l'ensemble des entiers naturels sont des lois commutatives. Si X est un ensemble non vide, la loi de composition dans l'ensemble des parties de X qui applique (A, B) sur la différence A - B n'est pas commutative (faire par exemple A = X et B = ∅).
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Définition |
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Une loi de composition interne |
On voit que si une loi est associative, les parenthèses peuvent être omises sans ambiguïté : on écrit
plutôt que
ou 
Une loi associative est souvent notée multiplicativement, c'est-à-dire qu'on écrit
au lieu de
. On peut aussi la noter additivement, c'est-à-dire écrire
au lieu de
, mais on préfère en général réserver la notation additive aux lois associatives et commutatives.
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Définition |
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Soit |
Un élément neutre pour une loi notée multiplicativement est généralement noté 1. Un élément neutre pour une loi notée additivement est généralement noté 0.
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Théorème |
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Une loi de composition interne admet au plus un élément neutre. |
Démonstration. Soient e1 et e2 des éléments neutres pour une même loi de composition interne
. Puisque e1 est neutre,
; puisque e2 est neutre,
Ainsi, e1 et e2 sont tous deux égaux à
et sont donc égaux entre eux.
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Définition |
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Soit |
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Théorème |
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Soit |
Démonstration. Soit x un élément de E; prouvons que x admet au plus un symétrique. Soient y et z des symétriques de x; il s'agit de prouver que y = z. Puisque la loi
est supposée associative, nous avons
Puisque y et z sont des symétriques de x, nous puvons remplacer
et
par e, d'où
, autrement dit z = y, comme annoncé.
On dit donc « le » symétrique de x. Il est clair que le symétrique du symétrique de x est x lui-même. En notation multiplicative :
- (x − 1) − 1 = x.
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Définition |
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Soit |
[modifier] Monoïdes
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Définition |
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Un monoïde |
Remarque : l'existence de l'élément neutre entraîne en particulier que M n'est pas vide.
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Définition |
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Une partie S d'un monoïde M est appelée un sous-monoïde de M si elle comprend l'élément neutre de M et que le composé de deux éléments de S appartient toujours à S. |
La loi de composition de M induit alors sur S une loi de composition qui fait de S un monoïde.
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Théorème |
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Tout élément inversible d'un monoïde est simplifiable. |
Démonstration. Soient M un monoïde, noté multiplicativement, et a un élément inversible de M. Prouvons que a est simplifiable à gauche. Soient x et y des éléments de M tels que a x = a y. Il s'agit de prouver que x = y. L'hypothèse a x = a y entraîne a-1(ax) = a-1(a y), ce qui, d'après l'associativité, peut s'écrire (a-1a) x = (a-1 a) y. Puisque a-1a est égal à l'élément neutre, nous avons donc x = y, comme annoncé, ce qui prouve que a est simplfiable à gauche. On prouvera de même que a est simplfiable à droite, donc a est simplifiable.
[modifier] Composé d'une séquence (finie) d'éléments d'un monoïde
Soit E un monoïde. Notons sa loi de composition sous forme multiplicative, c'est-à-dire que nous écrirons xy pour désigner le composé noté plus haut
. L'élément neutre est alors désigné par 1.
Nous nous proposons de définir le composé (« produit » dans notre notation) d'un n-uplet
d'éléments de E, quel que soit le nombre naturel
.
Étant donné un tel n-uplet, nous pouvons construire par récurrence sur i un (n+1)-uplet
d'éléments de E en posant :
- p0 = 1
et
.
Nous définissons alors le composé du n-uplet
comme étant pn. On note ce composé
ou encore
.
On montre facilement par récurrence sur i que si (x1,...,xn + 1) est un (n+1)-uplet d'éléments de E, les n+1 « produits partiels » pi associés comme ci-dessus au n-uplet (plus petit) (x1,...,xn) sont les n+1 premiers des n+2 produits partiels associés au (n+1)-uplet (x1,...,xn + 1), d'où la formule
qu'on peut encore écrire
.
Cette formule, ou la formule
est couramment présentée comme définition de
par récurrence sur n. Du fait de l'associativité, ces deux formules fournissent la même définition. En effet, avec la définition que nous avons choisie, on prouve par récurrence sur s que, pour tous nombres naturels r et s, pour tout r-uplet (x1,...,xr) et tout s-uplet (y1,...,ys) d'éléments de E,
,
ce qui permet de prouver l'équivalence des deux définitions par récurrence sur le nombre de facteurs.
On notera que, d'après nos définitions, le produit de la famille vide (ou 0-uplet) est égal à 1.
On appelle séquence d'éléments de E une famille d'éléments de E indexée par un ensemble fini totalement ordonné. On associe de façon évidente à une telle séquence un n-uplet
d'éléments de E, ce qui permet d'étendre de façon évidente la définition du composé d'un n-uplet d'éléments de E à toute séquence d'éléments de E. Deux séquences
sont dites équivalentes s'il existe un isomorphisme σ d'ensembles ordonnés de I sur J tel que, pour tout élément i de I,
- yσ(i) = xi.
Cela équivaut à ce que les n-uplets correspondant à ces deux séquences soient identiques, donc deux séquences équivalentes ont le même composé.
La considération des séquences permet de formuler comme suit le théorème d'associativité[1] :
Soit E un monoïde, noté multiplicativement, soit A un ensemble fini totalement ordonné, soit
une famille finie de parties deux à deux disjointes de A dont la réunion est A tout entier. (On n'exclut pas que certains des ensembles considérés soient vides.) On suppose que si i et j sont deux éléments de I tels que i < j, alors a < b pour tout élément a de Ai et tout élément b de Aj. Pour toute séquence
d'éléments de E indexée par A, on a
Si le monoïde E est commutatif, on peut définir le composé d'une famille finie d'éléments de E sans préciser un ordre sur l'index de cette famille, car on prouve que le composé, tel que défini ci-dessus, est alors indépendant de l'ordre choisi. Plus généralement, si E est un monoïde non forcément commutatif, si
est une famille d'éléments de E dont tous les éléments commutent l'un avec l'autre, le produit des éléments de cette famille ne dépend pas de l'ordre choisi. C'est le « théorème de commutativité »[2]. Ce théorème revient à dire que si
est une famille finie d'éléments d'un monoïde qui commutent tous l'un avec l'autre, si
est une permutation de l'ensemble
,
Plus généralement, si
est une famille finie d'éléments d'un monoïde qui commutent tous l'un avec l'autre, si
est une bijection d'un ensemble
sur
,
Le lemme suivant nous servira au chapitre des produits de groupes :
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Lemme |
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Soient M un monoïde et x1, ... , xn, y1, ... , yn des éléments de M. Si, pour tous indices distincts i, j, xi commute avec yj, alors
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Démonstration. Preuve par récurrence sur n. Si n = 0, les deux membres de la thèse sont égaux à 1, donc la thèse est vraie dans ce cas. Supposons que n soit un nombre naturel > 0 et que la thèse soit vraie pour n - 1 au lieu de n, et prouvons que la thèse est vraie pour n.
Puisque xn commute avec chacun des éléments y1, ... , yn-1, nous pouvons remplacer, dans le premier membre de la thèse, xn y1 ... yn-1 par y1 ... yn-1 xn, donc
- x1 ... xn y1 ... yn = x1 ... xn-1 y1 ... yn-1 xn yn.
Par hypothèse de récurrence, nous pouvons remplacer dans la second membre x1 ... xn-1 y1 ... yn-1 par x1 y1 ... xn-1 yn-1, d'où la thèse.
Remarque. C'est vrai a fortiori dans l'hypothèse plus forte où tous les éléments x1, ... , xn, y1, ... , yn commutent deux à deux. Dans ce cas, l'énoncé est un cas particulier du théorème de commutativité.
. Au lieu d'utiliser une notation fonctionnelle
on utilise une notation en loi : 


Pour une loi notée multiplicativement, on dit plutôt inverses, et pour une loi notée additivement, on dit plutôt opposés.
est un ensemble M muni d'une loi de composition interne associative 




