Groupe (mathématiques)/Groupes symétriques finis/Transpositions
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| Chapitre 4 | |||
| Leçon : Groupes symétriques finis | |||
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| Chap. préc. : | Cycles | ||
| Chap. suiv. : | Groupe alterné | ||
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Groupes symétriques finis : Transpositions
Groupe (mathématiques)/Groupes symétriques finis/Transpositions », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.
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Définition |
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Une permutation d'un ensemble E est dite transposition si c'est un cycle de longueur 2. Autrement dit, une permutation |
La transposition
est donc l'unique transposition
qui échange a et b.
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Lemme |
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Tout cycle de longueur r est le produit de r - 1 transpositions. |
Démonstration. On vérifie facilement que le cycle
est égal à
.
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Théorème |
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Toute permutation d'un ensemble fini est un produit de transpositions. |
Démonstration. Nous avons vu qu'une telle permutation est un produit de cycles et nous venons de voir qu'un cycle est un produit de transpositions.
Remarque. Voici une démonstration qui n'utilise pas la décomposition en cycles. Soit
une permutation d'un ensemble fini E; nous allons prouver que
est décomposable en transpositions, en raisonnant par récurrence sur le cardinal du support de
. Si ce cardinal est nul,
est la permutation identique et est donc le produit de la famille vide de transpositions. Sinon, le support de
n'est pas vide. Choisissons un élément
de ce support et posons
. Comme déjà noté,
appartient aussi au support de
. Tout point fixe de
est distinct de
et de
, donc est point fixe de
; de plus, il est clair que
est également point fixe de
. Donc
a strictement plus de points fixes que
, autrement dit, le support de
a strictement moins d'éléments que celui de
. Par hypothèse de récurrence,
est décomposable en produit de permutations, donc
, qui peut s'écrire
, l'est aussi. (On aurait aussi pu raisonner par récurrence sur le cardinal de E.)
Notons maintenant que la multiplication dans Z induit sur la partie
de Z une loi de composition interne qui en fait un groupe cyclique d'ordre 2 dont -1 est générateur; pour tout entier rationnel u, la condition
équivaut à ce que u soit pair; pour tous entiers rationnels u et v, la condition
équivaut à ce que u et v aient la même parité (c'est-à-dire soient ou bien tous deux pairs ou bien tous deux impairs).
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Théorème |
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Soit E un ensemble fini. Il existe un et un seul homomorphisme du groupe SE dans le groupe |
Supposons d'abord
pour un certain nombre naturel n. Pour toute permutation
de
, nous dirons qu'une paire d'éléments de
est une inversion de
si, i désignant le plus petit élément de cette paire et j le plus grand,
. Soient
et
deux permutations de
et
une paire d'éléments de
. Il est clair que
est une inversion de
si et seulement si une des deux conditions suivantes est satisfaite :
- 1°
est une inversion de
et
n'est pas une inversion de
; - 2°
n'est pas une inversion de
et
est une inversion de
.
Nous allons définir un homomorphisme de
dans le groupe
.
Pour toute permutation
de E et toute paire P d'éléments de E, définissons
comme égal à - 1 si P est une inversion de
et à 1 dans le cas contraire. D'après ce qui précède, nous avons toujours
,
où
désigne la paire formée par les images par
des deux éléments de P.
En prenant le produit sur l'ensemble
des paires d'éléments de P, nous trouvons
.
L'application
est une permutation de l'index
, donc le produit
peut s'écrire
, d'où
.
Ceci montre que l'application
est un homomorphisme de
dans
.
Il est clair que cet homomorphisme peut s'écrire
,
où
désigne le nombre d'inversions de
. Montrons maintenant que cet homomorphisme applique toute transposition sur -1. Il s'agit de prouver que le nombre d'inversions d'une transposition est toujours impair. Soit (a b) une transposition, avec a < b. Les inversions de cette permutation sont la paire {a, b}, les paires
avec
, et les paires
, avec
. Le nombre des inversions de (a b) est donc
, qui est bien impair.
Nous avons donc prouvé qu'il existe un homomorphisme de
dans
qui applique toute transposition sur -1. Un tel homomorphisme est unique, puisque les transpositions engendrent
. Pour toute permutation
, désignons par
l'image de
par cet homomorphisme.
Passons maintenant au cas général d'un ensemble fini E. Soit n le cardinal de E. Choisissons une bijection f de E sur
. Nous avons vu que l'application
est un isomorphisme de groupes qui applique tout cycle sur un cycle de même longueur et, en particulier, applique donc toute transposition sur une transposition. Le composé
est donc un homomorphisme de
dans
qui applique toute transposition sur - 1. Ici encore, puisque les transpositions engendrent
, un tel homomorphisme est unique. Nous désignerons encore par
l'image de
par cet homomorphisme.
Si une permutation
de E peut s'écrire
et
,
les
et les
étant des transpositions, le passage aux valeurs par
donne
, donc r et s ont même parité.
Remarque. L'essentiel de la démonstration revient à dire que si
et
sont des permutations de
, le nombre d'inversions de
est congru modulo 2 à la somme du nombre d'inversion de
et du nombre d'inversion de
. On trouvera dans les exercices une relation plus explicite entre ces trois nombres d'inversions.
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Définitions |
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Pour toute permutation |
Un cycle est une permutation paire si et seulement si sa longueur est impaire; en effet, nous avons vu qu'un cycle de longueur r est le produit de r - 1 transpositions.
Si σ est un élément d'ordre impair du groupe
, c'est une permutation paire; en effet, puisque
définit un homomorphisme de
dans
, l'ordre de
divise celui de σ et est donc impair; or le seul élément d'ordre impair dans
est 1, donc
, donc σ est une permutation paire.
La converse n'est pas vraie : un élément d'ordre pair du groupe
n'est pas forcément une permutation impaire. Par exemple, si E comprend aux moins quatre éléments différents a, b, c, d, la permutation
de E a pour ordre le ppcm des ordres de
et de
, autrement dit est d'ordre 2 et donc pair, et pourtant c'est une permutation paire.
Ce qui précède montre que pour calculer
, il n'est pas nécessaire de faire un long relevé d'inversions. Tout d'abord, si on connaît une décomposition de
en produit de transpositions,
est égal à 1 ou à - 1 selon que le nombre de facteurs est pair ou impair.
Il suffit même de trouver la décomposition de
en produit de cycles à supports disjoints : la signature de
est le produit des signatures de ces cycles, et, d'après un résultat précédent, la signature d'un cycle
est
, où
désigne la longueur de
. Il est clair qu'on peut même se contenter de connaître les cardinaux des
-orbites. Enfin, si
désigne l'ensemble des
-orbites non ponctuelles,
=
,
où
désigne l'ensemble de toutes les orbites, y compris les orbites ponctuelles; le second membre est égal à n - t, où n = Card(E) et où t est le nombre des
-orbites, y compris les
-orbites ponctuelles. On a donc
.
(Ceci fournit d'ailleurs une définition alternative de la signature d'une permutation.)
La notion de signature d'une permutation intervient en algèbre linéaire, dans l'étude des déterminants.
et que 

