Groupe (mathématiques)/Exercice/Théorèmes de Sylow
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| Exercice 10 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
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| Chapitre du cours : | Théorèmes de Sylow | ||
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Cet exercice est de niveau 13. |
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Sommaire |
[modifier] Problème 1 (facile)
Soient G un groupe fini et p un nombre premier. Prouver que les trois conditions suivantes sont équivalentes :
a) tout p-sous-groupe de Sylow de G est distingué dans G;
b) il existe un p-sous-groupe de Sylow de G qui est distingué dans G;
c) G n'a qu'un p-sous-groupe de Sylow.
Si la condition a) est satisfaite, la condition b) l'est, car G admet au moins un p-sous-groupe de Sylow.
Supposons la condition b) satisfaite et prouvons c). Il existe donc un p-sous-groupe de Sylow P de G qui est distingué dans G. D'après la théorie, tout p-sous-groupe de Sylow de G est conjugué de P. Puisque P est distingué, il est son seul conjugué, donc il est le seul p-sous-groupe de Sylow de G, donc la condition c) est satisfaite.
Supposons enfin la condition c) satisfaite et prouvons a). soit P l'unique p-sous-groupe de Sylow de G. Tout conjugué de P est un p-sous-groupe de Sylow de G, donc, vu l'hypothèse c), est égal à P. Donc P est distingué. Puisque, par hypothèse, c'est le seul p-sous-groupe de Sylow de G, la condition a) est satisfaite.
[modifier] Problème 2. (Assez difficile.)
Soient G un groupe fini, p un diviseur premier de l'ordre de G et P un p-sous-groupe de Sylow de G. Soient U et W des sous-groupes distingués de P. Prouver que U et W sont conjugués dans G si et seulement s'ils sont conjugués dans le normalisateur NG(P). (Burnside[1])
Solution. Supposons que U et W sont conjugués dans G et prouvons qu'ils le sont dans NG(P), ce qui est évidemment l'essentiel. Il existe un élément g de G tel que gUg-1 = W. Puisque U est normal dans P, il en résulte que W est sous-groupe normal de gPg-1. (Un isomorphisme d'un groupe sur un autre transforme les sous-groupes normaux de premier en les sous-groupes normaux du second. Appliquer cela à l'isomorphisme
de P sur gPg-1.) Ainsi, W est normal dans P et dans gPg-1, donc dans le sous-groupe de G qu'ils engendrent, soit H. Il est clair que P et gPg-1 sont des sous-groupes de Sylow de H, donc ils sont conjugués dans H, autrement dit il existe un élément h de H tel que hgPg-1h-1 = P. Alors
et hgUg-1h-1 = hWh-1 = W (cette dernière relation provenant de ce que W est normal dans H). Ainsi, W est conjugué de U par l'élément hg de NG(P).
[modifier] Problème 3
a) Soient G un groupe fini, p un diviseur premier de l'ordre de G et P un p-sous-groupe de Sylow de G. Montrer que si un élément x de G dont l'ordre est une puissance de p normalise P, x appartient à P.
Le sous-groupe <x> de G engendré par x normalise P, donc le sous-groupe de G engendré par P et par x est l'ensemble <x> P. Le cardinal de cet ensemble divise
(voir la formule du produit démontrée dans le chapitre Produit de groupes) et est donc une puissance de p. Par maximalité des p-sous-groupes de Sylow de G comme sous-groupes de G dont l'ordre est une puissance de p, <x> P est donc égal à P, donc x appartient à P.
On aurait pu dire aussi que <x> est un p-sous-groupe de NG(P) et est donc contenu dans un p-sous-groupe de Sylow de NG(P). Or P est évidemment un sous-groupe de Sylow de NG(P) et c'est le seul, puisqu'il est sous-groupe distingué de NG(P). Donc x appartient à P.
b) Soient G un groupe fini, p un diviseur premier de l'ordre de G et P un p-sous-groupe de Sylow de G. Désignons par Syl(p, G) l'ensemble des p-sous-groupes de Sylow de G et faisons opérer P sur Syl(p, G) par conjugaison. Prouver que pour tout élément Q de Syl(P, G), le stabilisateur de Q est P ⋂ Q.
Soit Q un élément de Syl(P, G). Il est clair que tout élément de P ⋂ Q stabilise Q pour l'opération considérée. Réciproquement, soit x un élément de P qui stabilise Q, prouvons que x appartient à Q (et donc à P ⋂ Q). Dire que x stabilise Q signifie que xQx-1 = Q, autrement dit que x normalise Q. Comme x a pour ordre une puissance de p (parce qu'il appartient à P), il appartient à Q d'après le point a).
c) Soient G un groupe fini, p un diviseur premier de l'ordre de G et m le plus grand entier naturel tel que pm divise l'ordre de G. (Donc pm est l'ordre des p-sous-groupes de Sylow de G.) On suppose que, pour un certain entier naturel i ≤ m, l'intersection de deux p-sous-groupes de Sylow de G distincts est toujours d'ordre ≤ pm-i. Prouver que le nombre des p-sous-groupes de Sylow de G est congru à 1 modulo pi. (Indication : utiliser le point b) et l'équation aux classes.)
Soit r le nombre des p-sous-groupes de Sylow de G. Il s'agit de prouver que r est congru à 1 modulo pi. Comme au point b), faisons opérer P sur Syl(p, G) par conjugaison. Si Q est un point fixe pour cette opération, son stabilisateur est P tout entier, donc, d'après le point b), P ⋂ Q = P, d'où P ⊆ Q. Comme P et Q ont le même ordre fini pm, Q est donc égal à P. Ceci montre que P est le seul point fixe pour l'opération considérée. (On a d'ailleurs prouvé ce fait dans la théorie.)
Posons Q1 = P et choisissons un système Q2, ... , Qs de représentants des orbites non ponctuelles. D'après l'équation aux classes,
- r = 1 + [P:Stab(Q2)] + ... + [P:Stab(Qs)].
D'après le point b), cela peut s'écrire
- (1) r = 1 + [P : P ⋂ Q2)] + ... + [P : P ⋂ Qs)].
Puisque Q2, ... , Qs sont tous distincts de P, il résulte des hypothèses de l'énoncé que, pour tout i ≥ 2, l'ordre de P ⋂ Qi divise pm-i, donc [P : P ⋂ Qi], égal à
, est multiple de pi. La relation (1) montre donc que r est congru à 1 modulo pi, ce qui démontre l'énoncé.
d) Soient G un groupe fini, p un diviseur premier de l'ordre de G et m le plus grand entier naturel tel que pm divise l'ordre de G. (Donc pm est l'ordre des p-sous-groupes de Sylow de G.) On suppose que les p-sous-groupes de Sylow de G se coupent trivialement deux à deux, c'est-à-dire que l'intersection de deux p-sous-groupes de Sylow de G distincts est toujours réduite à l'élément neutre. Prouver que le nombre des p-sous-groupes de Sylow de G est congru à 1 modulo pm.
Faire i = m dans l'énoncé du point c).
[modifier] Références
- ↑ D. Gorenstein, Finite Groups, 2e éd., 1980, p. 240.