Groupe (mathématiques)/Exercice/Produit de groupes
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| Exercice 9 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
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| Chapitre du cours : | Produit de groupes | ||
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Cet exercice est de niveau 13. |
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Sommaire |
[modifier] Problème 1 (très facile)
Soient G et H deux groupes. Quel est le centre du groupe
? Justifier.
Prouvons que le centre de
est le produit
des centres de G et de H. Prouvons tout d'abord que
est contenu dans le centre de
. Il s'agit de prouver que si x appartient au centre de G et y au centre de H, (x,y) commute avec tout élément (g,h) de
. Nous avons (x,y) (g,h) = (xg, yh). Puisque x appartient au centre de G, xg peut être remplacé par gx; de même, puisque y appartient au centre de H, yh peut être remplacé par hyx. nous avons donc (x,y) (g,h) = (gx, hy), ce qui peut s'écrire (x,y) (g,h) = (g,h) (x,y), ce qui montre bien que (x,y) commute avec tout élément (g,h) de
. Nous avons donc prouvé que
est contenu dans le centre de
. Prouvons l'inclusion réciproque. Il s'agit de prouver que si un élément (x, y) de
commute avec tout élément de
, alors x commute avec tout élément de G et y avec tout élément de H. Soit g un élément de G. Par hypothèse, (x, y) commute avec (g, 1), donc x commute avec g. De même, si h est un élément de H, (x, y) commute avec (1, h), donc y commute avec h.
[modifier] Problème 2
Soient G un groupe et
une famille de sous-groupes distingués de G telle que
= 1. Prouver que G est isomorphe à un sous-groupe du produit
. (Voir [1].)
À tout élément g de G, faisons correspondre la famille
; il est clair que nous définissons ainsi un homomorphisme de G dans
. Si un élément g de G appartient au noyau de cet homomorphisme, gGi est l'élément neutre de G/Gi pour tout i, autrement dit, g appartient à chaque Gi. Par hypothèse, ceci entraîne g = 1, donc notre homomorphisme est injectif, donc G est isomorphe à l'image de cet homomorphisme.
[modifier] Problème 3
Soit
une famille finie de groupes. Pour chaque i, soit
une partie génératrice de
. On suppose que pour chaque i,
comprend l'élément neutre de
.
a) Prouver que
est une partie génératrice de
.
Pour chaque élément j de I, désignons par fj la j-ième injection canonique de
dans
. D'après la théorie, les
engendrent
. Pour chaque j,
engendre
, donc les
engendrent
. D'autre part, puisque, pour chaque j,
comprend l'élément neutre de
, il est clair que
est contenu dans
, qui est donc une partie génératrice de
.
b) Prouver par un exemple que l'énoncé a) n'est pas forcément vrai si on cesse de supposer que chaque
comprend l'élément neutre de
.
Prendre tous les
égaux à un même groupe monogène non trivial G, choisir un générateur g de G et prendre toutes les parties
égales à
. Le sous-groupe de
engendré par
est la diagonale de
(c'est-à-dire l'ensemble des éléments de
dont toutes les composantes sont égales) et n'est donc pas
tout entier (si I compte au moins deux éléments).
[modifier] Problème 4
Soit G un groupe fini tel que x2 = 1 pour tout élément x de G. Prouver que G est un produit direct de groupes d'ordre 2.
G admet au moins un sous-groupe qui est produit direct d'une famille de groupes d'ordre 2, à savoir le sous-groupe 1 (qui est produit direct de la famille vide de sous-groupes de G). Parmi les sous-groupes de G qui sont produits directs de sous-groupes d'ordre 2, choisissons-en un, soit H, dont l'ordre est maximal. Il s'agit de prouver que H = G. Supposons que, par absurde, H ne soit pas G tout entier. Choisissons un élément x de G qui n'appartient pas à H. Par hypothèse, x2 = 1, donc le sous-groupe <x> de G engendré par x est {1, x}, donc <x> ⋂ H = 1. D'autre part, les hypothèses de l'énoncé entraînent que G est commutatif (exercice sur le premier chapitre), donc, d'après ce qui précède, <x> H est produit direct de <x> et de H. Comme H est produit direct de sous-groupes d'ordre 2, il en résulte (« associativité » de la somme restreinte interne) que <x> H est lui aussi produit direct de sous-groupes d'ordre 2, ce qui contredit l'hypothèse de maximalité sur l'ordre de H. La contradiction prouve que H = G, ce qui, comme nous l'avons vu, prouve l'énoncé.
Remarque. Nous avons vu que dans les hypothèses de l'énoncé, G est commutatif. Dès lors, puisque, par hypothèse, x2 = 1 pour tout élément x de G, G se munit naturellement d'une structure d'espace vectoriel sur le corps à deux éléments. Comme tout espace vectoriel admet une base, on en tire facilement l'énoncé, et même que G, si on ne le suppose pas fini, est somme restreinte d'une famille de groupes d'ordre 2.
[modifier] Références
- ↑ N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 4, exerc. 6; Paris, 1970, p. 124.