Groupe (mathématiques)/Exercice/Groupes nilpotents
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| Exercice 17 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
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| Chapitre du cours : | Groupes nilpotents | ||
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Cet exercice est de niveau 13. |
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Sommaire |
[modifier] Problème 1 (facile)
Soit G un groupe (non forcément nilpotent).
a) Prouver que pour tout nombre naturel n ≥ 1, G/Cn(G) est nilpotent de classe ≤ n – 1.
Désignons par φ l'homomorphisme canonique de G sur G/Cn. Nous avons Cn(G/Cn(G)) = Cn(φ(G)) = φ(Cn(G)) et le dernier membre est réduit à l'élément neutre de G/Cn(G), d'où l'énoncé.
b) Sous les hypothèses du point a), on suppose que, pour tout i tel que 1 ≤ i < n, Ci(G) est distinct de Cn(G). Prouver que G/Cn(G) est nilpotent de classe n – 1.
Il s'agit de prouver que pour tout i ≥ 1 tel que Ci(G/Cn(G)) soit réduit à l'élément neutre, i ≥ n. Comme au point a), désignons par φ l'homomorphisme canonique de G sur G/Cn. L'hypothèse Ci(G/Cn(G)) = 1 peut s'écrire Ci(φ(G)) = 1, ou encore φ(Ci(G)) = 1, autrement dit Ci(G) ⊆ Cn(G). Par hypothèse, Cj(G) ⊋ Cn(G) pour tout j < n, donc i ≥ n.
c) Soit G un groupe nilpotent de classe n ≥ 1. Prouver que G/Cn(G) est nilpotent de classe n – 1.
Les hypothèses du point b) sont satisfaites.
[modifier] Problème 2 (facile)
Soit
une famille finie de groupes. Prouver que pour tout nombre naturel n ≥ 1,
Preuve par récurrence sur n. C'est banalement vrai pour n = 1. Supposons que ce soit vrai pour un nombre naturel n et prouvons que c'est vrai pour n + 1. Par hypothèse de récurrence, nous avons
d'où, en appliquant
aux deux membres,
Nous avons vu dans les exercices sur le chapitre Commutateurs, groupe dérivé que si
est une famille finie de groupes,
et
deux familles telles que pour tout i, Ai et Bi soient des sous-groupes de Gi, alors
Notre relation (1) peut donc s'écrire
autrement dit
ce qui démontre la thèse par récurrence sur n.
[modifier] Problème 3 (facile)
Soit
une famille finie de groupes. On suppose que, pour chaque i, Gi est nilpotent de classe ci. Prouver que le produit direct des Gi est nilpotent de classe c, où c désigne le plus grand des ci.
Soit n un nombre naturel ≥ 0. D'après le problème précédent, la relation
équivaut à la relation
,
qui équivaut à ce que, pour tout i, n soit ≥ ci. La relation
a donc lieu si et seulement si n ≥ c, ce qui prouve l'énoncé.
Remarque. Voir une démonstration différente dans le cours en ligne de K. Igusa, Math 101a (Algebra I), théor. 7.9, p. 21.
[modifier] Problème 4. Suite centrale ascendante.
Soient G un groupe et H un sous-groupe distingué de G. Posons K = φ-1(Z(G/H)), où φ désigne l'homomorphisme canonique de G sur G/H. Il est clair que :
1) K est un sous-groupe de G qui contient H et peut être caractérisé comme le seul sous-groupe K de G contenant H tel que K/H = Z(G/H);
2)K est formé par l'ensemble des éléments x de G tels que, pour tout élément y de G, le commutateur (x, y) appartienne à H; cette caractérisation de K permet de montrer facilement que si H est caractéristique dans G, K est lui aussi caractéristique dans G.
3) K est le plus grand sous-groupe de G tel que (G, K) ⊆ H.
Ces remarques légitiment la définition suivante :
Soit G un groupe. On appelle suite centrale ascendante de G la suite croissante (ζi(G))i ≥ 0 de sous-groupes caractéristiques de G définie par récurrence sur i par :
ζ0(G) = 1;
pour tout i, ζi+ 1(G) est l'ensemble des éléménts x de G tels que, pour tout élément y de G, le commutateur (x, y) appartienne à ζi(G).
Prouver que G est nilpotent si et seulement s'il existe un nombre naturel r tel que ζr (G) = G et que, dans ce cas, le plus petit nombre naturel r possédant cette propriété est égal à la classe de nilpotence de G.
Supposons d'abord qu'il existe un nombre naturel r tel que ζr(G) = G. Prouvons par récurrence sur i que pour tout i tel que 1 ≤ i ≤ r + 1, Ci(G) ⊆ ζr+1-i(G). Pour i = 1, cela résulte de l'hypothèse ζr(G) = G. Supposons que ce soit vrai pour un i ≤ r et prouvons que c'est vrai pour i + 1.
Par hypothèse de récurrence, Ci(G) ⊆ ζr+1-i(G), donc (G,Ci(G)) ⊆ (G,ζr+1-i(G)), c'est-à-dire Ci+1(G) ⊆ (G,ζr+1-i(G)). D'après la remarque 3) ci-dessus (selon laquelle (G, K) ⊆ H), le second membre est contenu dans ζr-i(G). Donc Ci+1(G) ⊆ ζr-i(G), de sorte que nous sommes bien passés de i à i + 1. Nous avons donc prouvé par récurrence sur i que pour tout i tel que 1 ≤ i ≤ r + 1, Ci(G) ⊆ ζr+1-i(G). En faisant i = r + 1, nous trouvons Cr+1(G) ⊆ ζ0(G) = 1, d'où Cr+1(G) = 1, ce qui montre que G est nilpotent et que si n désigne sa classe de nilpotence, alors n ≤ r.
Réciproquement, supposons que G soit nilpotent de classe n. Nous avons donc Cn+1(G) = ζ0(G). Prouvons par récurrence sur i que, pour tout i tel que 0 ≤ i ≤ n, Cn+1-i(G) ⊆ ζi(G). Supposons que ce soit vrai pour un nombre i ≤ n - 1 et prouvons que c'est vrai avec i + 1 au lieu de i. L'hypothèse de récurrence Cn+1-i(G) ⊆ ζi(G) peut s'écrire (G, Cn-i(G))⊆ ζi(G). D'après la remarque 3) ci-dessus (maximalité de K), nous avons donc Cn-i(G) ⊆ ζi+1(G), de sorte que nous sommes bien passés de i à i + 1. Nous avons donc prouvé par récurrence sur i que, pour tout i tel que 0 ≤ i ≤ n, Cn+1-i(G) ⊆ ζi(G). En faisant i = n, nous trouvons G ⊆ ζn(G), autrement dit ζn(G) = G, donc il existe bien un r ≥ 0 tel que ζr+1(G) = G et le plus petit de ces nombres r est ≤ n, où n désigne la classe de nilpotence de G.
Nos deux résultats combinés fournissent l'énoncé.
[modifier] Problème 5
a) Soient G un groupe et X une partie génératrice de G. Considérons la suite (Xn)n ≥ 1, définie par récurrence sur n, telle que X1 = X et que, pour tout n ≥ 1, Xn+1 soit l'ensemble des commutateurs de la forme (x, y) avec x dans X et y dans Xn. Prouver que, pour tout n ≥ 1, Cn(G) est le sous-groupe distingué de G engendré par Xn. (Énoncé dans N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 6, exerc. 15, b), Paris, 1970, p. 137.)
C'est banal pour n = 1. Supposons (hypothèse de récurrence) que ce soit vrai pour un nombre naturel n et prouvons que c'est vrai pour n + 1. Par hypothèse de récurrence, Cn(G) est le sous-groupe distingué de G engendré par Xn. Nous avons vu dans les exercices de la série Commutateurs, groupe dérivé que si X est une partie génératrice de G et Y une partie quelconque de G, si Dist(Y) désigne le sous-groupe distingué de G engendré par Y, alors (G, Dist(Y)) est le sous-groupe distingué de G engendré par les commutateurs (x, y), où x parcourt X et y parcourt Y. En faisant Y = Xn, nous trouvons que (G, Dist(Xn)) est le sous-groupe distingué de G engendré par les commutateurs (x, y), où x parcourt X et où y parcourt Xn. Par hypothèse de récurrence, Dist(Xn = Cn(G). D'autre part, l'ensemble des commutateurs (x, y), où x parcourt X et où y parcourt Xn est Xn+1. Nous avons donc prouvé que (G, Cn(G)), autrement dit Cn+1(G), est le sous-groupe distingué de G engendré par Xn+1, ce qui démontre l'énoncé par récurrence sur n.
b) Soient G un groupe et X une partie génératrice de G. Dans les notations du point a), montrer que, pour tout nombre naturel n ≥ 1, l'image canonique de Xn dans Cn(G)/Cn+1(G) est une partie génératrice du groupe Cn(G)/Cn+1(G). (Énoncé dans N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 6, exerc. 15, b), Paris, 1970, p. 137.)
Désignons par φ l'homomorphisme canonique de G sur G/Cn+1(G). D'après le point a) et un théorème qui a été démontré dans un exercice de la série Sous-groupe distingué, groupe quotient,
- (1) le sous-groupe distingué de G/Cn+1(G) engendré par φ(Xn) est φ(Cn(G)) = Cn(G)/Cn+1(G).
Mais le groupe Cn(G)/Cn+1(G) est contenu dans le centre de G/Cn+1(G) (voir théorie, chapitre Groupes nilpotents), donc le sous-groupe <φ(Xn)> de G/Cn+1(G) engendré par φ(Xn) est contenu dans ce centre, donc est un sous-groupe distingué de G/Cn+1(G), donc est égal au sous-groupe distingué de G/Cn+1(G) engendré par Xn. Notre résultat (1) signifie donc que <φ(Xn)> = Cn(G)/Cn+1(G), ce qui démontre l'énoncé.
c) Soit G un groupe nilpotent de classe n. Montrer que Xn est une partie génératrice de Cn(G).
Puisque G est nilpotent de classe n, Cn+1(G) = {1}. Soit φ l'homomorphisme canonique de G sur G/Cn+1(G) = G/{1}. D'après le point b), φ(Xn) est une partie génératrice de φ(Cn(G)) = Cn(G)/{1}. Comme, dans le présent cas, l'homomorphisme φ est un isomorphisme de G sur G/{1}, il en résulte que Xn est une partie génératrice de Cn(G).
d) Dans le notations et hypothèses du point a); montrer que Xn+1 = 1 si et seulement si G est nilpotent de classe ≤ n. (Énoncé dans N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 6, exerc. 15, a), Paris, 1970, p. 137.)
Dire que G est nilpotent de classe ≤ n revient à dire que Cn+1(G) = 1. Il s'agit donc de prouver que Xn+1 = 1 si et seulement si Cn+1(G) = 1.
Supposons d'abord Cn+1(G) = 1. Puisque (par exemple d'après le point a)) Xn+1 est contenu dans Cn+1(G) = 1, on a alors Xn+1 = 1.
Réciproquement, supposons Xn+1 = 1. D'après le point a), Cn+1(G) = 1 est le sous-groupe distingué de G engendré par Xn+1 = 1, donc Cn+1(G) = 1.
[modifier] Problème 6
a) Soient G un groupe et c un élément de ζ2(G) (où (ζn(G))n est la suite centrale ascendante de G, définie dans un précédent problème). Prouver que pour tous éléments a, b de G, (ab, c) = (a, c) . (b, c).(Énoncé dans J. Delcourt, Théorie des groupes, 2e éd., Paris, 2007, p. 141.)
Par définition des commutateurs, (ab, c) = b-1 a-1 c-1 abc = b-1 (a, c) b (b, c).
Puisque c appartient à ζ2(G), (a, c) et (b, c) appartiennent au centre de G, donc on peut permuter les facteurs (a, c) et b-1, d'où l'énoncé.
b) Soient G un groupe nilpotent de classe n ≥ 2 et c un élément de Cn-1(G). Prouver que pour tous éléments a, b de G, (ab, c) = (a, c) . (b, c).
D'après un précédent problème, Cn-1(G) est contenu dans ζ2(G). Il suffit donc d'appliquer le point a).
[modifier] Problème 7
a) Soient G un groupe nilpotent de classe ≤ n, X une partie génératrice de G et r un nombre naturel tel que, pour tout élément x de X, xr = 1. Prouver que, pour tout élément y de Cn(G), yr = 1.
Il est clair qu'il suffit de le prouver dans le cas où G est nilpotent de classe n. Si n = 0, G est réduit à l'élément neutre et l'énoncé est banalement vrai. Si G = 1, G est commutatif et on montre facilement que, pour tout élément y de G, yr = 1, d'où la thèse dans ce cas. Reste le cas où n ≥ 2. Puisque G est nilpotent de classe n, Cn(G) est contenu dans le centre de G, donc est commutatif. De plus, d'après le problème 5, c), Cn(G) est engendré par Xn (où les Xn sont définis à partir de X comme au problème 5, a) ). Il suffit donc de prouver que yr = 1 pour tout élément y de Xn. Or tout élément y de Xn est de la forme y = (a, c) avec a dans X et b dans Xn-1. Puisque Xn-1 est contenu dans Cn-1(G), nous avons, d'après le problème 6, b), yr = (ar, c) = (1, c) = 1. Comme nous l'avons vu, cela prouve l'énoncé.
b) Soient G un groupe nilpotent de classe ≤ n, X une partie de G et r un nombre naturel tel que, pour tout élément x de X, xr = 1. Prouver que pour tout élément y du sous-groupe <X> de G engendré par X,
où, conformément aux conventions en usage,
désigne
.
(Voir J. C. Lennox and D. J. S. Robinson The theory of infinite soluble groups, 1.2.14 (OUP 2004).)
Puisque G est nilpotent de classe ≤ n, son sous-groupe <X> engendré par X est nilpotent de classe ≤ n. Donc, quitte à remplacer G par X, nous pouvons supposer que X est une partie génératrice de X. (La thèse porte alors sur tout élément y de G.)
Soit n un nombre naturel. Supposons (hypothèse de récurrence) que l'énoncé soit vrai pour tout nombre naturel < n et prouvons-le pour n.
Soit c la classe de nilpotence de G; donc c ≤ n. Si c < n, alors, par hypothèse de récurrence,
d'où, par élévation à la puissance rn-c,
ce qui prouve l'énoncé dans le cas où c < n.
Soit maintenant c = n. Autrement dit, G est nilpotent de classe n exactement.
Si n = 0, le groupe G est réduit à l'élément neutre et l'énoncé est banalement vrai.
Supposons maintenant n ≥ 1. Nous pouvons considérer Cn(G). D'après le problème 1, C/Cn(G) est nilpotent de classe n – 1. Désignons par φ l'homomorphisme canonique de G sur G/Cn(G). Pour tout élément x de X, nous avons φ(x)r = φ(xr) = φ(1) = 1, autrement dit la r-ième puissance de tout élément de φ(X) égale l'élément neutre de G/Cn(G). Puisque X est une partie génératrice de G, φ(X) est une partie génératrice de φ(G) = G/Cn(G). Donc, par hypothèse de récurrence, la puissance (rn-1)-ième de tout élément de G/Cn(G) est égale à l'élément neutre de G/Cn(G). Cela revient à dire que, pour tout élément y de G,
D'après le point a), nous avons donc
pour tout élément y de G, autrement dit
pour tout élément y de G, ce qui achève de prouver l'énoncé par récurrence sur n.
c) Soient G un groupe nilpotent et H l'ensemble des éléments de G d'ordre fini. Prouver que H est un sous-groupe de G. (Énoncé dans N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 6, exerc. 12, a), Paris, 1970, p. 137.)
Il est clair que l'invers d'un élément d'ordre fini de G est un élément d'ordre fini, donc tout se ramène à prouver que le produit ab de deux éléments a et b d'ordres finis de G est d'ordre fini. Si r désigne le plus petit commun multiple des ordres de a et b, si X désigne l'ensemble {a, b}, alors xr = 1 pour tout élément x de X, avec r > 0. Il résulte donc du point c) que tout élément du sous-groupe <X> de G engendré par X est d'ordre fini. C'est vrai en particulier pour l'élément ab de X, ce qui démontre notre argument.
d) Soient G un groupe nilpotent et H l'ensemble des éléments de G d'ordre fini. Montrer que toute partie finie de H engendre un sous-groupe fini. (Énoncé dans N. Bourbaki, Algèbre, ch. I, § 6, exerc. 12, b), Paris, 1970, p. 137.)
Soit X une partie finie de H. Il s'agit de prouver que le sous-groupe <X> de G engendré par X est fini. Puisque X est finie, nous pouvons considérer le plus petit commun multiple r des ordres des éléments de X. Nous avons alors xr = 1 pour tout élément x de X, avec r > 0, donc, d'après le point b), tout élément de <X> est d'ordre fini. D'autre part, puisque X est finie, <X> est de type fini. Nous avons vu dans les exercices sur les groupes résolubles que tout groupe résoluble de type fini dont tous les éléments sont d'ordre fini est fini, donc <X> est fini, comme annoncé.











