Groupe (mathématiques)/Exercice/Groupes, premières notions
Une page de Wikiversité.
| Exercice 2 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
|---|---|---|---|
|
Cet exercice est de niveau 13. |
|||
Sommaire |
[modifier] Problème 1 (très facile)
Montrer que
et
ne sont pas des groupes.
Montrons que le seul élément inversible de
est 1. Soit a un élément inversible de
. Il s'agit de prouver que a = 1. Puisque a est inversible, il existe un entier naturel b tel que a b = 1. Il est clair que a est différent de 0 (sans quoi a b serait égal à 0 et non à 1). Donc si, par absurde, a est distinct de 1, alors a ≥ 2. D'autre part, la relation a b = 1 entraîne aussi
d'où b ≥ 1. De a ≥ 2 et b ≥ 1, on tire ab ≥ 2 (car deux inégalités au sens large de même sens entre cardinaux peuvent se multiplier membre à membre), ce qui contredit l'hypothèse a b = 1. La contradiction obtenue prouve que le seul élément inversible de
est 1, donc
n'est pas un groupe.
Montrons maintenant que 1 et -1 sont les seuls éléments inversibles de
. Soit a un élément inversible de
. Il existe donc un élément b de
tel que a b = 1, d'où
. Nous avons montré que 1 est le seul élément inversible de
, donc
donc a est égal à 1 ou à -1.
[modifier] Problème 2 (très facile)
On définit une loi
sur
:
forme t-il un groupe?
Cette loi n'est pas associative, car par exemple a - (0 - b) est égal à a + b et (a - 0) - b est égal à a - b, et que a + b et a - b sont distincts si b n'est pas nul.
[modifier] Problème 3
(Ce problème suppose la connaissance des propriétés de corps ordonné de l'ensemble des nombres réels.)
Soit S l'intervalle réelS = ] − 1,1[. On définit une loi
sur S :
![\star : \begin{array}[t]{lcl} S \times S &\rightarrow & S \\
(x, y) & \mapsto & \frac {x+y} {1+xy}
\end{array}](http://upload.wikimedia.org/math/0/c/a/0cae9ca0502f11c8cb3003e874ce1fc2.png)
- Montrer que
est un groupe
Prouvons d'abord que cette loi est correctement définie, c'est-à-dire que si x et y appartiennent à S, alors 1 + xy n'est pas nul. Dans le cas contraire, nous aurions xy = -1, d'où
donc un au moins des nombres
et
serait ≥ 1, ce qui est impossible, puisque x et y appartiennent tous deux à S et que S est l'ensemble des nombres réels dont la valeur absolue est < 1. La contradiction obtenue prouve que la loi
est correctement définie.
Prouvons maintenant que cette loi est bien une loi de composition interne. L'ensemble S étant l'ensemble des nombres réels x tels que
, il s'agit de prouver que si x, y sont deux nombres réels tels que
et
, alors
ce qui équivaut à
ou encore à
Puisque les deux membres de cette inéglité sont positifs, elle équivaut à l'inégalité obtenue en élevant les deux membres au carré, donc notre thèse (1) revient à
- x2 + 2xy + y2 < 1 + 2 xy + :x2y2,
ce qui équivaut à
- y2(1 - x2) < 1 - x2.
Cette dernière relation est vraie, car l'inégalité stricte y2 < 1 (qui provient de ce que y appartient à S) peut être multipliée par le nombre strictement positif 1 - x2 (ce nombre est strictement positif parce que x appartient à S). Nous avons donc prouvé que la loi
est une loi de composition interne.
Elle est associative, car le calcul montre que si x, y et z sont trois éléments de S,
sont tous deux égaux à
Il est clair que 0 est neutre pour la loi
et que tout élément x de S admet -x pour symétrique selon cett loi, qui est donc bien une loi de groupe (évidemment commutatif).
[modifier] Problème 4 (Sous-groupe réunion de deux sous-groupes ?)
On a vu dans la théorie que la réunion de deux sous-groupes d'un groupe G n'est pas forcément un sous-groupe de G. Prouver que si G est un groupe, si H et K sont deux sous-groupes de G, alors
est un sous-groupe de G si et seulement si
ou
. (H. Kurzweil et B. Stellmacher, The Theory of Finite Groups, New York, 2004, 1.1, exerc. 4, p. 9.)
Soient H et K deux sous-groupes de G tels que H ∪ K soit un sous-groupe de G. Nous devons prouver qu'un des deux sous-groupes H, K est contenu dans l'autre. Supposons que H ne soit pas contenu dans K et prouvons que K est contenu dans H. Soit k un élément de K. Il s'agit de prouver que k appartient à H.
Puisque H n'est pas contenu dans K, il existe h ∈ H tel que h ∉ K. Puisque H ∪ K est un sous-groupe de G, nous avons
.
D'autre part, puisque h ∉ K et k ∈ K, nous avons hk ∉ K, donc, d'après (1), hk ∈ H, d'où k ∈ H. Comme nous l'avons vu, ceci prouve l'énoncé.
[modifier] Problème 5 (Quand tous les carrés sont égaux à 1.)
Soit G un groupe, noté multiplicativement, tel que, pour tout élément x de G, x2 = 1. Prouver que G est commutatif.
Soient x et y des éléments de G. Il s'agit de prouver que x y = y x. Par hypothèse, (x y)2 = 1, autrement dit x y x y = 1. En multipliant à gauche par x et à droite par y, nous trouvons x2y x y2 = x y. Par hypothèse, x2 et y2 peuvent être remplacés par 1, d'où y x = x y.
[modifier] Problème 6 (Passage à l'inverse et homomorphisme)
a) Soit G un groupe. Prouver que la permutation x ↦ x-1 de G est un endomorphisme (et donc un automorphisme) de G si et seulement si G est commutatif.
La permutation x ↦ x-1 de G est un endomorphisme de G si et seulement si (xy)-1 = x-1y-1 pour tous éléments x, y de G. Cette condition s'écrit encore y-1x-1 = x-1y-1 pour tous éléments x, y de G. Comme les inverses d'éléments de G sont exactement les éléments de G, cette condition revient à ce que G soit commutatif.
b) En déduire une nouvelle preuve du fait que si x2 = 1 pour tout élément x de G, G est commutatif.
Si x2 = 1 pour tout élément x de G, tout élément de G est son propre inverse, donc la permutation x ↦ x-1 de G est la permutation identique et est donc un endomorphisme. D'après le point a), il en résulte que G est commutatif.
[modifier] Problème 7. Monoïdes réguliers finis.
a) Appelons monoïde régulier un monoïde dont tout élément est régulier (simplifiable). Prouver que tout monoïde régulier fini est un groupe. (Indication : pour un élément x d'un monoïde régulier fini M, considérer l'application
de M dans lui-même.)
Soient M un monoïde régulier fini et x un élément de M. Il s'agit de prouver que x est inversible. Par hypothèse, x est simplifiable, et en particulier simplifiable à gauche, donc l'application
de M dans lui-même est injective. Une application injective d'un ensemble fini dans lui-même est surjective, donc
est surjective. En particulier, il existe un élément y de M tel que fx(y) = 1, où 1 désigne l'élément neutre de M. Autrement dit, il existe un élément y de M tel que xy = 1, donc x admet un inverse à droite. Ceci étant vrai pour tout élément x de M, x-1 admet un inverse à droite, d'où on tire facilement que x admet un inverse à gauche. (On pourrait aussi considérer l'application
de M dans lui-même.) Ainsi, tout élément x de M admet un inverse à droite et un inverse à gauche. D'après la partie théorique, x admet donc un inverse, donc M est un groupe.
b) Soit S un sous-monoïde fini d'un groupe G. Prouver que S est un groupe.
Puisque le monoïde S est sous-monoïde d'un groupe et que tout groupe est un monoïde régulier, S est régulier. Puisque, de plus, S est fini par hypothèse, c'est un monoïde régulier fini, donc, d'après le point a), c'est un groupe.
![\star : \begin{array}[t]{lcl} {\mathbb Z} \times {\mathbb Z} &\rightarrow & {\mathbb Z} \\
(x, y) & \mapsto & x-y
\end{array}](http://upload.wikimedia.org/math/f/e/1/fe1348057574207ade3276782760c758.png)



