Groupe (mathématiques)/Exercice/Conjugaison, centralisateur, normalisateur
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| Exercice 7 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
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| Chapitre du cours : | Conjugaison, centralisateur, normalisateur | ||
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Cet exercice est de niveau 13. |
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Sommaire |
[modifier] Problème 1
Soient A et B deux sous-groupes conjugués d'un même groupe G. Si AB = G, alors A et B sont égaux à G.[1]
Puisque A et B sont conjugués, il existe un élément g de G tel que B = gAg − 1. Puisque G = AB, tout élément x de G peut donc s'écrire x = a1ga2g − 1 avec a1 et a2 dans A. C'est vrai en particulier pour x = g − 1, donc il existe a1,a2 dans A tels que g − 1 = a1ga2g − 1. En simplifiant à droite par g − 1, nous trouvons 1 = a1ga2. En multipliant à gauche par
et à droite par
, nous obtenons
, donc g appartient à A, donc B est le conjugué de A par un élément de A, donc B est égal à A, donc A = B = AB, d'où, puisque AB est supposé égal à G, A = B = G.
[modifier] Problème 2
Soient G un groupe fini et A un sous-groupe de G. Pour tout élément g de G, désignons par Ag le conjugué g − 1Ag de A, de sorte que (Ag)h = Agh. Supposons que
et que
pour tout
. Alors
.[2]
Soient g et h des éléments de G tels que
.
En passant aux images par la bijection
, nous trouvons
,
d'où, d'après nos hypothèses,
, ce qui revient à dire que g et h appartiennent à la même classe à droite suivant A.
Nous avons donc montré que si g et h sont deux éléments de G qui n'appartiennent pas à la même classe à droite suivant A, alors
.
Soit r l'indice de A dans G; choisissons une transversale de A dans G, c'est-à-dire un système g1,...gr d'éléments de G tel que pour toute classe à droite de G suivant A, il existe un et un seul i pour lequel gi appartienne à cette classe.
D'après ce qui précède, les r parties de G
sont deux à deux disjointes, donc
compte au moins
éléments, donc
compte au moins
éléments.
Puisque
, cela revient à dire que
compte au moins
éléments.
Par hypothèse,
, donc
, d'où l'énoncé.
[modifier] Problème 3
Soient G un groupe fini et A un sous-groupe de G. Pour tout élément g de G, désignons par Ag le conjugué g − 1Ag de A, de sorte que (Ag)h = Agh. Prouver que si
, alors
,
autrement dit G n'est pas la réunion des conjugués de A.[3]
Si g et h sont deux éléments de G appartenant à une même classe à droite suivant A, c'est-à-dire s'il existe
tel que h = ag, alors
- Ah = A(ag)
- Ah = (Aa)g
d'où, puisque Aa = A,
- Ah = Ag.
Nous avons donc montré que si g et h sont deux éléments de G appartenant à une même classe à droite suivant A, alors Ah = Ag. (On l'a déjà noté dans la solution de l'exercice précédent.)
Soit
; choisissons une transversale de A dans G, c'est-à-dire un système g1,...gr d'éléments de G tel que pour toute classe à droite de G suivant A, il existe un et un seul i pour lequel gi appartienne à cette classe.
D'après ce qui précède,
,
d'où
,
d'où

.
Comme
, ceci peut s'écrire
.
Puisque A est supposé distinct de G, r est > 1, donc
,
d'où l'énoncé.
[modifier] Problème 4 (facile)
Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. Soit K l'intersection des conjugués de H dans G (y compris H). Prouver que K est un sous-groupe distingué de G.
Soient x un élément de K et g un élément de G. Il s'agit de prouver que gxg-1 appartient à K, autrement dit appartient à tout conjugué de H. Soit L un conjugué de H; il s'agit de prouver que gxg-1 appartient à L, autrement dit que x appartient à g-1Lg. Or, puisque L est un conjugué de H, g-1Lg en est un aussi (transitivité de la relation de conjugaison), donc x, qui est supposé appartenir à K, autrement dit appartenir à tout conjugué de H, appartient bien à g-1Lg comme annoncé.
Remarque. Désignons par Conj(H) l'ensemble des conjugués de H dans G. L'énoncé revient à dire que, pour tout élément g de G,
,
ce qui s'écrit encore
Ceci résulte immédiatement du fait que
définit une permutation de l'ensemble Conj(H).
Remarque. Comme nous le verrons plus loin, K est le noyau d'un homomorphisme de G dans le groupe des permutations de l'ensemble des classes à gauche modulo H, ce qui fournit une autre démonstration.
[modifier] Problème 5 (Facile)
Soient G un groupe et X une partie de G. Prouver que le sous-groupe distingué de G engendré par X est le sous-groupe de G engendré par les conjugués des éléments de X.
Désignons par Conj(X) l'ensemble des conjugués des éléments de X et par <Conj(X)> le sous-groupe de G engendré par Conj(X). Il s'agit de prouver que <Conj(X)> est le sous-groupe distingué de G engendré par X.
Prouvons tout d'abord que <Conj(X)> est un sous-groupe distingué de G. Soit f un automorphisme intérieur de G; il s'agit de prouver que f(<Conj(X)>) = <Conj(X)>. Or f(<Conj(X)>) = <f(Conj(X))> et, puisque f est un automorphisme intérieur, il est clair que f(Conj(X)) = Conj(X), d'où notre argument.
Donc <Conj(X)> est un sous-groupe distingué de G contenant X. Il reste à prouver que c'est le plus petit. Soit H un sous-groupe distingué de G contenant X. Il s'agit de prouver que <Conj(X)> est contenu dans H. Puisque H contient X et est distingué dans G, il contient Conj(X). Puisque H est un sous-groupe de G, il contient donc <Conj(X)>, ce qui achève la démonstration.
(Le lecteur qui préférerait une démonstration plus « concrète » peut utiliser la « description constructive » du sous-groupe de G engendré par U.)
[modifier] Problème 6 (facile)
Soient G un groupe fini et H un sous-groupe distingué d'ordre 2 de G. Prouver que H est contenu dans le centre de G.
Nous avons H = {1, a} pour un certain élément a de G-{1}. Puisque H est distingué dans G, nous avons
pour tout élément g de G. Donc, pour tout élément g de G, gag-1 est égal à 1 ou à a. Puisque a n'est pas lui-même égal à 1, il est clair que gag-1 n'est pas égal à 1, donc gag-1 = a, donc a commute avec g. Ceci étant vrai pour tout g dans G, a appartient au centre de G, donc H est bien contenu dans le centre de G.
[modifier] Problème 7 (facile)[4]
Soient a1, ... , an des éléments d'un groupe G qui commutent entre eux. Prouver que le sous-groupe de G engendré par a1, ... , an est l'ensemble des éléments de la forme
où r1, ... , rn parcourent les entiers rationnels.
Prouvons que les éléments de la forme
forment un sous-groupe de G.
Prouvons d'abord que le produit de deux éléments de cette forme est lui-même de cette forme. Plus précisément, prouvons que si r1, ... , rn, s1, ... , sn sont des entiers rationnels,
On le prouve facilement par récurrence sur n. Voici une preuve qui se rattache plus directement au théorème de commutativité.
Soient i, j deux indices. Puisque ai commute avec aj, chaque élément de <ai> commute avec chaque élément de <aj> (voir théorie), donc
commute avec
. Il nous suffit donc de prouver que si b1, ... , bn, c1, ... , cn sont des éléments de G qui commutent entre eux, alors
Le premier membre est le produit de la famille
,
où
si 1 ≤ i ≤ n
et
si n + 1 ≤ i ≤ 2n.
Le second membre de notre thèse (1) est le produit de la famille
,
où
si i est pair
et
si 1 ≤ i ≤ n.
Il s'agit de prouver que
- (2)

Soit σ la permutation de {1, 2, ... , 2n} définie par
si i est impair,
si i est pair.
Alors
, donc notre thèse (2) est vraie d'après le théorème de commutativité.
Il est clair que l'élément neutre est de la forme
avec r1 = ... = rn = 0.
Enfin, on prouvera facilement, par récurrence sur n ou en considérant la permutation i ↦ n + 1 - i de l'ensemble {1, 2, ... n} des indices, que l'inverse
de
est égal à
.
Donc l'ensemble des éléments de G de la forme
avec r1, ... , rn entiers rationnels, est un sous-groupe de G. Il est clair que ce sous-groupe comprend les éléments a1, ... , an et est contenu dans tout groupe qui les comprend, donc c'est le sous-groupe de G engendré par ces éléments.
[modifier] Problème 8 (facile)
Soient G un groupe (non forcément commutatif) et X une partie de G. Les deux conditions suivantes sont-elles équivalentes :
1° il existe un sous-groupe de G tel que X soit une classe à gauche modulo ce sous-groupe;
2° il existe un sous-groupe de G tel que X soit une classe à droite modulo ce sous-groupe.
Ces deux conditions sont équivalentes. Prouvons par exemple que 1° entraîne 2°. Si 1° est satisfaite, il existe un sous-groupe H de G et un élément a de G tel que X = aH. Alors X = Ka, où K est le sous-groupe aHa-1 de G.
[modifier] Problème 9
Soient G un groupe fini et A un sous-groupe de G. Soient
les conjugués de A dans G. Alors
.[5]
Lemme. Si
est un sous-groupe de
, si
est un élément de
, si
désigne le conjugué
de
, si un élément
de
appartient à
, il existe un élément
de
(pouvant dépendre de
) tel que
.
Démonstration. Nous avons
avec
,
d'où

,
d'où notre thèse (1), avec
.
Dans nos hypothèses sur les
, nous avons donc le
Résultat préliminaire 1 : si un élément x de G appartient à
, avec
, il existe
tel que
.
Résultat préliminaire 2 : si un élément x de G est de la forme
avec
et
pour tout i (deux xi pouvant appartenir au même
), si j est un indice (
) tel qu'un
au moins appartienne à
, alors x peut se mettre sous la forme
avec
et
.
Démonstration. (Cela résulte clairement du résultat préliminaire 1 : on peut « amener Aj en première position » en le faisant passer autant de fois que nécessaire à la position précédente. Ce qui suit est une mise en forme de cette justification.) Nous allons raisonner par récurrence sur s. Si s = 0, il n'y a rien à démontrer et si s = 1, la thèse est banale. Supposons
. Si
, notre thèse est vraie. Dans le cas contraire, un des éléments
appartient à Mj. Par hypothèse de récurrence,
est de la forme
avec
.
Alors
. Puisque
, notre premier résultat partiel montre que x1y2 peut s'écrire x'1x'2 avec
et
.
Notre résultat partiel 2 est donc démontré (avec
. (Remarque : nous aurions pu aussi raisonner par récurrence sur l'indice i supposé tel que
.)
Notons maintenant que tout élément x du sous-groupe
engendré par
est de la forme
avec
et
. Pour tout élément x de
, convenons d'appeler longueur de x le plus petit nombre naturel tel s qu'il existe une décomposition de x du type (2).
Résultat préliminaire 3. Si un élément x du sous-groupe
de G engendré par
est de longueur l, il existe
dans
tels que x puisse se mettre sous la forme
avec
pour tout i.
Démonstration. On va raisonner par récurrence sur la longueur
de
. Soit
le plus petit des nombres
possédant la propriété suivante : il existe une relation du type (2) avec
où un au moins des
appartient à
. D'après le résultat préliminaire 2, nous pouvons mettre
sous la forme
,
avec
et
.
Il est clair que
est de longueur
(il est de longueur
par définition de la longueur et, s'il était de longueur
,
serait de longueur
, contradiction). Donc, par hypothèse de récurrence sur
, il existe
dans
tels que
,
avec
.
Alors
.
Par minimalité de
, nous avons
. Si
était égal à
, nous aurions
, d'où
, avec
,
ce qui contredit la définition de
comme longueur de
. Donc
et (3) démontre le résultat préliminaire 3. Il est clair que l'énoncé du problème en résulte.
[modifier] Références
- ↑ (H. Kurzweil et B. Stellmacher, The Theory of Finite Groups, New York, 2004, 1.1, exerc. 5, p. 9.)
- ↑ (H. Kurzweil et B. Stellmacher, The Theory of Finite Groups, New York, 2004, 1.1, exerc. 11, p. 10.)
- ↑ (H. Kurzweil et B. Stellmacher, The Theory of Finite Groups, New York, 2004, 1.1, exerc. 12, p. 10.)
- ↑ Énoncé dans J. Calais, Éléments de théorie des groupes, Paris, 1984, p. 127.
- ↑ (H. Kurzweil et B. Stellmacher, The Theory of Finite Groups, New York, 2004, 1.1, exerc. 13, p. 10.)











