Groupe (mathématiques)/Exercice/Commutateurs, groupe dérivé
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| Exercice 15 | |||
| Leçon : Groupe (mathématiques) | |||
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| Chapitre du cours : | Commutateurs, groupe dérivé | ||
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Cet exercice est de niveau 13. |
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Sommaire |
[modifier] Problème 1
a) Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. Prouver que tout conjugué de H dans G est contenu dans HD(G).
Soit g un élément de G. Il s'agit de prouver que gHg-1 est contenu dans HD(G). Soit h un élément de H. Il s'agit de prouver que ghg-1 appartient à HD(G). Or ghg-1 = h(h-1ghg-1), où le facteur h-1ghg-1 appartient à D(G), d'où l'énoncé.
b) En déduire que tout sous-groupe de G qui contient D(G) est distingué dans G.
Soit H un sous-groupe de G contenant D(G). D'après le point a), tout conjugué de H dans G est contenu dans HD(G). Puisque H est supposé contenir D(G), HD(G) = H, donc tout conjugué de H est contenu dans H, donc H est distingué.
[modifier] Problème 2
a) Soient
une famille finie de groupes,
et
deux familles telles que pour tout i, Ai et Bi soient des sous-groupes de Gi. Prouver que
En particulier, soient G1 et G2 deux groupes, A1 et B1 deux sous-groupes de G1, A2 et B2 deux sous-groupes de G2; alors (A1 × A2, B1 × B2) = (A1, B1) × (A2, B2).
Le premier membre est le sous-groupe de
engendré par les commutateurs
avec ai dans Ai et bi dans Bi pour tout i. Ces commutateurs sont les familles
avec ai dans Ai et bi dans Bi pour tout i et forment donc le produit cartésien
où Commut(Ai, Bi) désigne l'ensemble des commutateurs a-1b-1ab avec a dans Ai et b dans Bi. Donc le premier membre de l'énoncé admet le produit cartésien
comme partie génératrice.
D'autre part, chaque sous-groupe (Ai, Bi) admet Commut(Ai, Bi) pour partie génératrice. Il est clair que, pour chaque i, Commut(Ai, Bi) comprend l'élément neutre de Gi, autrement dit l'élément neutre du groupe (Ai, Bi), donc, d'après un exercice sur le chapitre des produits de groupes, le groupe produit
admet le produit cartésien
comme partie génératrice.
Ainsi, les deux membres de l'énoncé admettent une même partie génératrice, donc sont égaux.
b) Soit
une famille finie de groupes. Prouver que
En particulier, si G1 et G2 sont deux groupes, D(G1 × G2) = D(G1) × D(G2).
Dans la partie a), faire Ai = Bi = Gi pour chaque i.
[modifier] Problème 3
Dans le chapitre Sous-groupes distingués des groupes alternés, on a considéré le sous-groupe V de A4 formé par l'élément neutre et les trois éléments (1 2) (3 4), (1 3) (2 4), (1 4) (2 3). Prouver que V est le dérivé de A4.
Nous avons vu que V est un sous-groupe distingué de A4. Le quotient A4 / V est d'ordre 3, donc commutatif, donc (théorie) le dérivé de A4 est contenu dans V. Ce dérivé n'est pas réduit à l'élément neutre, car A4 n'est pas commutatif. Nous avons vu que les seuls sous-groupes distingués de A4 sont 1, V et A4, donc le dérivé (qui est distingué dans A4) ne peut être que V.
[modifier] Problème 4
Le but de cet exercice [1]est de prouver que tout élément du groupe alterné An est un commutateur d'éléments de Sn.
a) Montrer qu'un élément de Sn est un commutateur d'éléments de Sn si et seulement si c'est le produit de deux permutations ayant la même structure cyclique.
De façon générale, si G est un groupe, un élément de G est un commutateur si et seulement s'il est le produit de deux éléments de G dont l'un est conjugué de l'inverse de l'autre. Dans e cas où G est le groupe Sn, un élément est toujours conjugué de son inverse (puisqu'ils ont la même structure cyclique). Donc un élément de Sn est un commutateur d'éléments de Sn si et seulement s'il est le produit de deux éléments conjugués, autrement dit de deux permutations ayant la même structure cyclique.
b) Soit
un cycle d'ordre impair. Prouver que
est le carré d'une permutation de même support que
.
Nous avons vu dans un exercice sur le chapitre Groupes monogènes, ordre d'un élément que si a et b sont des entiers rationnels premiers entre eux, si un élément x d'un groupe G est tel que
, alors x est la puissance b-ième d'un élément de <x>. En prenant pour G le groupe
, pour x le cycle
, pour a l'ordre de
et en faisant b = 2, nous trouvons que
est de la forme
, où
est une puissance de
. (On peut évidemment dire plus directement que
est le carré de
, où a désigne l'ordre de
.) On sait que le support d'une puissance d'une permutation est contenu dans le support de cette permutation. Puisque les permutations
et
sont puissances l'une de l'autre, elles ont donc le même support.
c) Soient
et
deux cycles d'ordre pair à supports disjoints. Montrer que
est le produit de deux cycles d'ordre r + s + 1 à supports contenus dans la réunion des supports de
et de
. (Indication : regarder la solution.)
On a
d) Montrer que toute permutation paire
peut s'écrire
, où pour chaque i, λi et μi sont des cycles de même longueur et où, pour tous i et j distincts,
et
sont disjoints. (Rappel : supp désigne le support.)
Puisque la permutation σ est paire, sa décomposition canonique en cycles comprend un nombre pair de cycles d'ordre pair. Donc σ peut s'écrire comme un produit
, où chaque facteur est soit un cycle d'ordre impair, soit le produit de deux cycles d'ordre pair à supports disjoints, les supports des
étant deux à deux disjoints. D'après les points b) et c), les
peuvent s'écrire sous forme des
de l'énoncé.
e) Montrer que toute permutation paire
est un commutateur d'éléments de Sn.
D'après le point a), il revient au même de prouver que σ est le produit de deux permutations ayant la même structure cyclique. Mettons
sous la forme
les conditions du point d) étant satisfaites. Le support de
est disjoint de celui de tous les facteurs qui e trouvent à sa droite, donc
commute avec chacun de ces facteurs, donc nous pouvons amener
en dernière position. Nous pouvons ensuite amener
en dernière position, etc. Nous trouvons ainsi
.
Comme les supports de
sont deux à deux disjoints, et qu'il en est de même des supports de
, et que pour chaque i, λi et μi sont deux cycles de même longueur, les deux permutations
et
ont la même structure cyclique, donc
est bien le produit de deux permutations ayant la même structure cyclique, comme annoncé.
[modifier] Problème 5
a) Soit G un groupe. Pour deux éléments x, y de G, posons xy = y-1xy (conjugué de x par y-1). Prouver que, pour tous éléments x, y, z de G :
- (x, yz) = (x, z) . (x,y)z
et
- (xy, z) = (x,z)y . (y, z).
Nous avons (x, yz) = x-1z-1y-1xyz = (x, z) z-1 x-1 y-1xyz = (x, z) . (x,y)z, ce qui prouve la première des deux assertions de l'énoncé.
La seconde peut se démontrer de façon analogue. On peut aussi passer de la première à la seconde en utilisant la relation (b, a) = (a, b)-1. La première relation donne (z, xy) = (z, y) . (z, x)y, d'où la seconde relation par passage aux inverses.
b) Déduire de a) que si A et B sont deux sous-groupes de G, A normalise (A, B).
Soient a, a' des éléments de A et b un élément de B. D'après la seconde assertion du point a), nous avons
- (a, b)a' = (aa', b) . (a', b)-1,
ce qui montre que la conjugaison par un élément de A applique tout commutateur (a, b), avec a dans A et b dans B, sur un élément de (A, B). Il en résulte que A normalise B. (Soit fa la conjugaison par un élément a de A, soit X l'ensemble des commutateurs (x, y) avec x dans A et y dans B. Nous venons de montrer que fa(X) ⊆ (A, B), d'où <fa(X)> ⊆ (A, B), autrement dit fa(<X>) ⊆ (A, B). Comme <X> = (A, B), ceci montre bien que A normalise (A, B).)
c) Soit A un sous-groupe d'un groupe G. Prouver que (G, A) est un sous-groupe distingué de G.
D'après le point b), G normalise (G, A), ce qui revient à dire que (G, A) est un sous-groupe distingué de G.
[modifier] Problème 6. (Assez difficile)
Soient G un groupe, X une partie génératrice de G et Y une partie quelconque de G. Désignons par Commut(X, Y) l'ensemble des commutateurs (x, y), avec x dans X et y dans Y. Désignons par Dist(Y) le sous-groupe distingué de G engendré par Y. On va prouver que (G, <Y>) et (G, Dist(Y)) sont tous deux égaux au sous-groupe distingué H de G engendré par Commut(X, Y) (et sont donc égaux entre eux).
a) Prouver que H ⊆ (G, <Y>).
D'après un problème précédent (G, <Y>) est un sous-groupe distingué de G. Il est clair que ce sous-groupe contient Commut(X, Y), donc, par minimalité de H, H est contenu dans (G, <Y>).
b) Désignons par φ l'homomorphisme canonique de G sur G/H. Prouver que φ(Y) est contenu dans le centre de G/H.
Soient x un élément de X et y un élément de Y. Le commutateur (x, y) = x-1 y-1xy appartient à Commut(X, Y) et donc à H, donc φ(x) commute avec φ(y). D'après un théorème démontré au chapitre Conjugaison, centralisateur, normalisateur, il en résulte que tout élément de <φ(G)> = G/H commute avec φ(y), autrement dit φ(y) appartient au centre de G/H, ce qui prouve l'énoncé.
c) En déduire que le sous-groupe distingué de G/H engendré par φ(Y) est contenu dans le centre de G/H. (Indication : on a vu au chapitre Sous-groupe distingué et groupe quotient que tout sous-groupe du centre d'un groupe est un sous-groupe distingué de ce groupe.)
D'après le point b), φ(Y) est contenu dans le centre de G/H, donc
- (1) <φ(Y)> est contenu dans le centre de G/H.
D'après le théorème rappelé dans l'indication, <φ(Y)> est donc un sous-groupe distingué de G/H. Il est donc clair que <φ(Y)> est le sous-groupe distingué de G/H engendré par φ(Y). La relation (1) signifie donc que le sous-groupe distingué de G/H engendré par φ(Y) est contenu dans le centre de G/H, ce qui est l'énoncé.
d) Prouver que (G, Dist(Y)) est contenu dans H.
D'après un exercice de la série Sous-groupe distingué, groupe quotient, le sous-groupe distingué de G/H engendré par φ(Y) est φ(Dist(Y)), donc l'énoncé c) signifie que φ(Dist(Y)) est contenu dans le centre de G/H. Donc, pour tout élément g de G et pour tout élément z de Dist(Y), le commutateur (φ(g), φ(z)) est égal à l'élément neutre de G/H, donc le commutateur (g, z) appartient à H, donc (G, Dist(Y)) est contenu dans H.
e) Prouver que, comme annoncé au début du problème, (G, <Y>) et (G, Dist(Y)) sont tous deux égaux au sous-groupe distingué H de G engendré par Commut(X, Y) (et sont donc égaux entre eux).
D'après les points a), et e), (G, Dist(Y)) ⊆ H ⊆ (G, <Y>). Comme le trosième membre est contenu dans le premier, les trois membres sont égaux.
Remarque. Nous utiliserons l'énoncé de ce problème dans un exercice sur les groupes nilpotents.
[modifier] Notes et références
- ↑ Jean Fresnel, Groupes, exerc. 8.29, Paris, Hermann, 2001, p. 92.









